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lundi 11 juin 2018

Les 3 Ballons, à la planche dans la Planche...



4ème édition des 3 Ballons me concernant, après deux mediofondos en 2013 et 2015 (ce dernier avec mon papa), et un granfondo en 2014, mais sous le signe des nouveautés : en effet, le parcours a changé l'année dernière, avec le retour d'une arrivée à la Planche des Belles Filles, jolie grimpette popularisée par le Tour de France (6 km à 9%, tout en irrégularité, et un mur final à plus de 20%).


Donc l'envie d'y remettre les roues monte en moi, avec une juste une petite réserve : arrivée et départ sont maintenant distants d'un 50aine de kilomètres, et le système de navettes mis en place ne m'enchante pas. J'opte donc un mediofondo enrichi, les 125km du petit parcours se transformant en 175km et 3200D+ avec le retour à la voiture.

Autre nouveauté : l'organisation ayant changé en même temps que le parcours, il ne m'est plus possible de bénéficier du bon plan "hébergement rustique à l'abbaye de Luxeuil", et même si je m'occupe des réservations en octobre, je ne trouve aucune disponibilité d'hôtel plus proche que Plombières, à 30 min de route. Il faut dire qu'avec 4000 cyclistes et leurs accompagnant rassemblés sur le WE, Luxeuil et ses alentours sont vite complets. Je dormirai donc à la Fontaine Stanislas, sans regret : accueil chaleureux, super dîner, et maillot dédicacé de Freddy Maertens au mur pour nous mettre dans l'ambiance !



A 7h45, nous sommes lâchés, 30 min après les concurrents du Granfondo, avec lesquels on partage les 75 1ers kilomètres, ce qui nous amènera à en rattraper énormément, même avant Servance.


Comme toujours, ça part assez vite : 37 et quelques de moyenne sur les 20 1ers kilomètres sans difficulté réelle. Le peloton explose progressivement en petits groupes dans les ascensions de la Mer et de Fresse. C'est là que mon Garmin me joue un mauvais tour, avec un freeze qui nécessite un reboot et me fait perdre le contact avec mes collègues du moment.

J'arrive au pied du ballon de Servance, après 1h30 de course. Une dizaine de kilomètres autour de 7%, et la pluie fait son apparition (comme chaque année, du moins pour moi !). C'est un simple crachin, mais qui rend la descente un peu désagréable. D'autant plus dommage que j'ai l'impression que le revêtement a été refait, on rate l'occasion d'en profiter pleinement !



Notre route nous mène ensuite à St Maurice, pour la grimpée du ballon d'Alsace par son versant régulier : 7% sur toute la longueur, avec quelques lacets qui permettent de casser la monotonie. Les nuages sont moins présents, la température monte, il commence à faire lourd et moite...



Un rapide ravito au sommet (j'avais oublié de checker les emplacements sur le roadbook...), et une dernière boucle nous dépose au pied de la Planche des Belles Filles. La 1ère rampe est terrible et met dans l'ambiance, le rythme étant difficile à trouver : chaque km est annoncé autour de 10%, mais l'irrégularité est importante, et on passe de replats à 5 à de petits coups de cul à 15. Et lorsqu'on pense être arrivé, traversant le parking de la station, se dresse le mur final à plus de 20%. Celui qui laisse apparaître d'abord la tête, puis le buste, puis les jambes du futur vainqueur sur les images d'arrivée du Tour de France, tant la pente est raide.

Bref, un chouette passage qu'on ne peut pas passer à l'économie, à l'instar du Col des Chevrères présent dans les éditions précédentes. Même si j'arrive plutôt en début de classement qu'en fin, il y a déjà nombre de cyclistes qui montent en lacets dans la pente.



Quelques applaudissement, remise de la médaille : je finis 194ème au scratch sur 700, 43ème dans ma catégorie. Une photo finish, la mini pasta party, et il me faut déjà repartir : on annonce des orages dans l'après-midi, ce serait bête de prendre la douche voire de se faire griller dans la campagne haut-saônoise...


Finalement, pas une goutte, pas un éclair : j'aurai juste droit à une cinquantaine de km vent de face à 32 degrés en guise de décrassage, les 5 derniers avec deux sympathiques belges ayant eu la même inspiration que moi.

Quelques + et - pour conclure :
😊 l'organisation est toujours aussi rodée (retrait des dossards, ravitos, signaleurs, etc.),
😊 la fin de parcours à la Planche est vraiment chouette pour cette cyclo de montagne : la beauté du parcours précédent était quand même bien gâchée par son final en plaine,
😊 le ratio dénivelé distance est intéressant, y compris sur le petit parcours.
😒 j'ai du mal à adhérer au système de navettes, un départ plus proche de la Planche simplifierait les choses. Mais l'épreuve étant renommée "3 Ballons, Luxeuil - La Planche", ce n'est pas pour demain. A tester l'année prochaine sur le grand en fonction des retours ?
😒 le sac coureur, c'est un tee-shirt (assez réussi, certes), et une plaque de cadre nominative... Quand on voit ce que propose l'Alsacienne en terme de prestation, pour rester sur des épreuves de la région, c'est assez pauvre, même si on ne vient pas pour ça...
Le site de l'organisation (Grand Trophée France) : http://grandtrophee.fr/epreuve.php?C=22
La trace : https://www.strava.com/activities/1627109382/


Si tout va bien, la prochaine cyclo sera mythique et alpestre : la célèbre Marmotte...

mercredi 8 novembre 2017

Les cyclosportives du Grand Est





MàJ du 8/11/2017, avec les dates 2018 des épreuves et de nouveaux comptes-rendus ajoutés.

***

Merci aux Vosges, la Région Est accueille de nombreuses cyclosportives. En voici donc une liste presque exhaustive, par ordre d'apparition dans le calendrier, et quelques commentaires (forcément très subjectifs !) pour celles que j'ai courues ces dernières années. Attention, les dates sont sujettes à modification, à contrôler auprès des organisateurs !

Les parcours des cyclos vosgiennes (route verte en noir, ballons
vosgiens en rouge, alsacienne en vert, et 3 ballons en bleu)


La Route Thermale
Contrexeville, le 1er mai
90km (800D+) – 130km (1000D+)


Épreuve récente dans le calendrier, avec une troisième édition en 2017. Peu de retour ou comptes-rendus encore sur le Web, mais de bons échos via la presse et quelques traces remontées dans Strava...

Les circuits sont différents chaque année, et complémentaires à ceux de la Route Verte (plaine versus moyenne montagne).






La Route Verte
Bouzey (proche Epinal), le 8 mai
110km (1600D+) – 160km (1500D+)


Roulée 4 fois (en 2014, 20152016 et 2017 sur le grand parcours) ces dernières années. Pour ne pas faire concurrence à la Route Thermale sur le créneau des cyclos de plaine, elle s’est repositionnée moyenne montagne en 2016. Très belle organisation, parcours sécurisés, renouvelés chaque année, toujours le 8 mai, une bonne épreuve de début de saison pour tester sa forme (sur le petit), ou faire une première grosse sortie vosgienne (sur le grand).
Attention : le lieu de départ / arrivée est modifié pour 2018 : il s'agira du site de la retenue d'eau de Bouzey, à une 10aine de kilomètres d'Epinal.

Les + : parcours renouvelés chaque année, facilité de parking, nombreux motards, plateau repas de bonne qualité, photos gratuites. Les - : ravitaillements pas exceptionnels, chronométrage sans puce, traversée neutralisée d'Epinal un peu pénible.


Le Granfondo Vosges
La Bresse, le 20 mai
120km (2500D+) – 150km (3500D+)


Peu d'information encore sur cette nouvelle organisation créée par Golazo, mais on peut gager que le parcours sera complémentaire de celui des 3 ballons du même organisateur.

Le dossier de presse indique simplement que "Côté parcours, l’épreuve se situe judicieusement entre les sprints rapides et peu vallonnés de début de saison, et les grands défis montagnards. Alternant vallons et vallées, cols et collines, Le parcours s'annoncent à la hauteur des défis Cycling Classics France".

A suivre donc !


Les Marcaires
Gunsbach, le 27 mai
115km (2900D+)


Organisation récente,, par le Sprinter Club de Munster, dont ce sera la 3ème édition en 2018. Le parcours est ramassé et sportif, à tester sur les prochaines ? Un compte-rendu ici : 
http://blog.nicolasraybaud.me/

Les 3 ballons
Luxeuil, le 9 juin
125km (2500D+) – 215km (4000D+)


Roulée 3 fois (en 20132014 et 2015) ces dernières années, avec d'excellents souvenirs sur le grand parcours 2014. C'est une véritable institution dans les Vosges de Haute Saône, courue par près de 4000 cyclistes chaque année. On comprend pourquoi : les 2 parcours sont magnifiques, notamment sur leur traversée de la Petite Finlande et du Plateau des 1000 lacs (randos intéressantes à trouver via un peu de google dans ces charmants endroits), et s'attaquent aux cols et ballons les plus cotés. Depuis 2016, le parcours a été modifié pour s'achever en côte en haut de la célèbre Planche des Belles Filles (attention donc, le départ et l'arrivée sont distants d'une 40aine de km, un service payant de navette étant proposé par l'organisation). A faire au moins une fois !!

Les + : hébergement possible tout proche de la ligne de départ, paysages magnifiques, une distance  et un D+ comme on n'en fait finalement plus beaucoup, une arrivée spectaculaire... Les - : la logistique pas simple à gérer, la météo (il pleut tous les ans !!), mais c'est sans doute aussi une marque de fabrique.


L'Alsacienne
Cernay, le 24 juin
102km (2700D+) – 137km (3800D+) – 179km (4500D+)



1ère édition roulée en 2016 sur le parcours intermédiaire (voir ici), 2nde roulée en 2017 sur le grand, et toujours une belle réussite : au-delà du joli web marketing et de la présence sur les réseaux sociaux, l'organisation a retenu tout ce qui se fait de bon ailleurs pour son épreuve. Pas de fausse note, malgré une fréquentation déjà importante, du plus petit détail (l’autocollant profil du parcours à coller sur son tube de cadre) au plus important (les ravitos !), en passant par le sac cadeau coureur réussi.
Et du côté des parcours, on est copieusement servi en fonction de sa forme, entre 100 et 180 km, et jusqu'à 4500m de D+. Des paysages et de la difficulté donc, avec le bel enchaînement Petit Ballon - Platzerwasel qui ne dénoterait pas dans les Alpes ! Un léger lifting des parcours en 2018 démontre la volonté de continuer à améliorer le peu qui peut l'être.

Les + : paysages magnifiques, parours costauds, organisation sans faille, arrivée en côte... Les - : je cherche toujours ;-).


Les Ballons Vosgiens
Gerardmer, fin août, les années impairs, donc pas en 2018 !
90km (1600D+) - 155km (3700D+)


Roulés en 2013, sur le petit parcours. L'épreuve se tenait en alternance avec feue La Vosgienne, pour explorer les environs de Gerardmer et de la route des Crêtes, des côtés Lorrain (principalement) et également Alsacien (sur le grand parcours).
L'occasion de se fixer un dernier objectif avant l'arrivée du redoutable hivers du nord est.

Les plus : la place dans le calendrier, le parcours, la localisation (facile de trouver un hébergement à Gérardmer). Les - : je me souviens d'une pasta party bien embouteillée sur le site d'arrivée, mais c'était il y a déjà 2 éditions !


Le Grand Huit Vosgien
Froideconche, le 8 juillet
135km (3000D+) – 200km (4200D+)


La première édition avait été annulée en 2016, et s'est finalement tenue cette année, repositionnée à début juillet. Un parcours très similaire à celui des 3 ballons, empruntant également la Petite Finlande, les 1000 lacs, les Chevrères, etc. Seule originalité, la montée de la Planche des Belles filles, en impasse, pour accéder à l'un des ravitos.
La forte ressemblance entre ces deux épreuves peut laisser dubitatif, l'avenir dira si le Grand Huit trouve sa place dans le calendrier...











La Charly Gaul
Echternach (Luxembourg), le 3 septembre en 2017, date 2018 inconnue
100km (1400D+) - 155km (2200D+)



Je n'ai (encore) jamais roulé cette cyclosportive hommage à l'ange de la montagne, vainqueur du tour en 1958 (cf. wikipedia), mais sa réputation est excellente : deux parcours exigeants, dessinés sur les superbes revêtements luxembourgeois, attirent un gros millier de coureurs tous les ans.
A tester donc !

Plus d'info sur le site officiel, et un double CR sur l'excellent cyclosportivement :
L'épreuve... ...et son débrief.


mardi 16 juin 2015

Le père, le fils, et les 3 ballons


Rappelons rapidement le contexte : mon père, le célèbre Dany Boy, s'étant laissé convaincre de courir l'Etape du Tour (Saint Jean De Maurienne - La Toussuire) en binôme avec moi, il nous fallait définir quelques points de synchronisation pour valider ensemble l'avancement de notre préparation. Nous avons donc retenu :
  • une randonnée organisée de proximité, les Côtes de Toul (110 km et 1000 D+) pour la mise en jambes,
  • une sortie commune montagneuse de dernière minute à définir et à programmer fin juin,
  • et donc la cyclosportive des 3 ballons, parcours Medium (110km et 2200 D+).
Elle s'imposait assez naturellement (et je m'aperçois que je repars encore une fois dans des énumérations -presque- sans fin, c'est agaçant mais tellement pratique...) :
  • idéalement programmée mi juin, à J - 1 gros mois,
  • déjà bien connue de moi-même (parcours medium couru en 2013, et le grand couru l'an dernier),
  • dotée de belles difficultés, un cran au dessus de ce qu'on peut trouver ailleurs dans les Vosges en pourcentages,
  • logistiquement pratique, avec un bon plan hébergement déjà éprouvé à l'Abbaye de St Colomban, à 2km du départ.
L'occasion pour Dany Boy de se refrotter à la course en peloton, et de se rassurer sur la gestion des fortes pentes dans la durée. Et pour moi de me tester en endurance, l'arrivée du plus beau bébé du monde ne me permettant plus vraiment d'enchaîner les sorties longues...
Les forces en présence...
Bref, nous arrivons sur place assez motivés, malgré une météo incertaine. L'abbaye de Luxeuil et son personnel sont toujours aussi accueillant, le dîner au Bougnat toujours aussi orienté pâtes, on ne change pas une équipe qui gagne (mais on l'optimise, double dessert cette année ;-)...
Le camp de base
On est donc fin prêts le jour J, avec 45 minutes d'avance sur la ligne de départ. L'objectif est de boucler le parcours sans forcer, en s'arrêtant aux ravitos, dans un rythme similaire à celui que nous adopterons pour l'EDT, et de rallier l'arrivée frais et rassurés sur la forme du moment.
Les toilettes sont déjà prises
Ready to go !
Couvert mais sec, ça ne durera pas !!
On attaque donc tranquillement dans la plaine, moins rapidement que les années précédentes (33km/h sur les 17 1ers km vs 36 en 2014, merci strava pour les statistiques), jusqu'à la première vraie côte au dessus de Faucogney. 3,5km à 5% qui permettent de mieux répartir les groupes par niveau.
La météo est finalement correcte, il fait déjà bon (pas loin de 20°C déjà à 8h) et le Col des Chevrères arrive déjà. 

Pour rappel, cette charmante petite grimpette, c'est 5 km bucoliques et charmants à 5%, puis 4 km moins bucoliques et moins charmants, à 10% de moyenne, avec des pics à plus de 20% (et un km plein à 14,9). La montée se passe bien, même si il est difficile de rouler au train, et que l'on doit zig-zaguer entre les collègues qui ont mis trop gros et restent plantés, les marcheurs (déjà !), les trous et gravillons (malgré le passage du Tour, la route est restée assez rustique), et même les chutes ! C'est assez particulier, ce sentiment d'être sur un replat quand le %age retombe à 10...

Arrivé au sommet, quelques gouttes, et l'occasion de se ravitailler. On s'arrête quelques minutes pour remettre les coupe-vent, remplir les gourdes, et procéder pour certain à une rapide vidange...
Le gros nounours annonciateur de la montée du Ballon de Servance (ou de la Planche des Belles Filles si on prend à droite)
Une rapide descente et un nouvel arrêt pour ôter les coupe-vent, et on attaque la deuxième difficulté du jour, le Ballon de Servance, 10km de montée à 7%. Pas si facile car pas franchement régulier, et surtout, à mi-ascension, c'est le déluge (arrêt coupe-vent donc, youpi). La pluie ne nous lâchera qu'après la descente. Une descente déjà pas bien rigolote par temps sec (particulièrement bosselée), et vraiment fraîche et pénible sous la pluie. Nous sommes même contraints de nous arrêter pour éponger les lunettes.
17%...
Arrivés à Servance, on est heureusement réchauffés. Dany se laisse prendre par le petit raidillon d'avant ravitaillement. En train de déguster sa petite barre énergétique, il n'arrive pas à rétrograder à temps et doit poser pied dans la pente. C'est l'occasion d'un 4ème arrêt coupe-vent impromptu, certes, mais peut-être perd-il sans le savoir à cet instant le podium dans sa catégorie (si, si, ça se jouera à quelques minutes ! ;-)).
Dany le descendeur...
Il reste encore à passer quelques joyeusetés, dont la côte des Evaudois, 2km à 10% avec là encore un pic à 17%. On fera ensuite l'effort à deux sur le plateau puis dans la descente (d'ailleurs le Dany, il attaque de plus en plus en descente !) vers Faucogney pour rattraper un petit groupe de bons rouleurs qui nous permettra de rejoindre ensuite Raddon à près de 38 à l'heure sur les 20 derniers km.
La côte des Evaudois
Une curiosité : le paradis du nain de jardin à Faucogney (capture googlemap)
A l'arrivée, sentiment de satisfaction :
  • on en a encore sous le coude (et dans les jambes),
  • sans pour autant avoir trop traîné en route, puisque nous finissons à la 250ème place sur 800 et quelques inscrits et un peu moins de 700 classés,
  • en ayant accéléré progressivement (plus lents au début que le moi de 2013, plus rapide dans Servance et Beulotte, et en doublant beaucoup plus qu'en étant dépassés à partir des Chevrères).
Et comme je l'ai laissé entendre juste avant, Dany manque de peu de nous faire rester pour le podium, en finissant 6ème des 67+. Au 1/4 d'heure près que nous avons passé en arrêts divers pas toujours nécessaires. La classe. D'ailleurs le Dany, il n'en a pas eu assez : je viens de voir qu'il a remis 70km de plus dans la bannette le lendemain, le filou !
Frais comme des gardons !
Un mot pour conclure de la cyclo elle-même :
  • une bonne organisation dans l'ensemble (ravitos très corrects, beaucoup de bénévoles, de nombreuses motos - y compris dans le fossé ;-)) mais un manque parfois de signaleur dans des zones dangereuses)
  • un parcours vraiment varié (autant sur le court que sur le long), à faire pour ceux qui ne le connaissent pas (et à refaire pour ceux qui sous la pluie n'auront pas tout vu cette année !)
  • une bonne pasta party, et un lieu approprié pour gérer l'arrivée.


lundi 16 juin 2014

Et 1, et 2, et 3 ballons !



Allez les chacals, un peu de gomme sur le goudron, on part s’amuser aux 3 ballons.
Petite note préliminaire, les 3 ballons, c’est pas un de rouge, un de blanc et un de rosé. Non, non. C'est du gros, du solide, du bien copieux qui coupe la faim. Surtout en version master. Et après avoir couru la version senior l'an dernier (cf. ce post), j'ai été pris d'une irrépressible envie de m'y frotter.



J'avais à la fois de très bonnes raisons...
  • C'est une bonne préparation pour l’étape du tour du 20 juillet,
  • C'est un super moyen d'oublier la route verte de la méga loose et la non-inscription aux Crapauds,
  • C’est sympa de partir vers une forme d’inconnu, surtout quand on est en forme ;-)
  • L’enchaînement Ballon d’Alsace et Grand Ballon à l’automne dernier m'a laissé un super souvenir.
...et quelques tout petits sujets d'inquiétude...
  • Je n'avais jamais dépassé 170 km et 3000m de D+,
  • Je n'étais pas complètement familiarisé avec ma nouvelle selle, et sur des sorties de 8h et plus c'est important d'être postérieurement en confiance,
  • J'avais un séminaire un peu sportif la veille,
  • Et j'ai une sorte de scoumoune de l'espace qui m'accompagne sur le vélo depuis le début de l'année (depuis le dernier post, encore une crevaison et une casse de patte de dérailleur en pleine forêt, heureusement en présence de l'auto-proclamé président des chacals, et accessoirement bouclard ambulant en chef)...
Mais heureusement les bonnes raisons l'emporte toujours, pour la bonne raison qu'elles sont bonnes.

Bref, le parcours master c’est :
  • Un plateau relevé, et une énorme participation (3369 inscrits), qui permet de voir que la France n’est que le 4ème pays des épreuves marathon, après la Belgique, la Hollande, et l'Allemagne,
  • 213 km et 4300m D+ officiels (la 6ème cyclosportive nationale en terme de D+),
  • Un parcours qui a inspiré les routes du tour de France par ses difficultés (avec la planche des belles filles jusqu’en 2012, et le col des chevrères depuis 2013),
  • 3 ballons  (Belfahy, le Ballon d’Alsace, le Grand Ballon) et 7 cols (les Chevrères, la Chevestraye, le Hundsruck, Amic, Oderen, le Ménil, les Croix) au programme,
  • Et quelques autres joyeusetés non répertoriées, comme cette sympathique montée à plus de 10% sur 2 km au 200ème km.
  •  
J’arrive la veille dans mon camp de base, l’abbaye de Saint Colomban, à 2 km du départ. Entraînement bien supérieur à l’année dernière (8000 km sur les 12 derniers mois, presque 4000 en 2014), équipement complet (cartouches CO2, chambres à air, pneus indestructibles), toutes les chances sont de mon côté.

Ma chambre de nonne
L’organisation est bien meilleure que l’année dernière : accueil parfait, sas de départ bien indiqués, pas de bousculade, à 7h25 on est déjà sur le vélo.

Plus de 3000 partants sur le master
Le golden chacal brille déjà ;-)
La journée va être longue, je pars donc sans euphorie : l’objectif est de finir en bon état, dans un mode « rando » qui permette de profiter de cette belle journée. Et donc de progresser de ravito en ravito, étape par étape.

  • Du départ au sommet du col des Chevrères (40km, 1000D+)
J’attaque l’œil sur le cardio, mais 36km/h sur les 17 1ers km en léger faux plat montant, 146 pulsations / min, c’est là qu’on constate les progrès ;-). La 1ère côte arrive vite, un peu plus de 3 km à 4% pour se chauffer, et on est déjà dans le col des Chevrères. Il reste définitivement terrible avec ses 4 derniers km à 10% et des passages à plus de 20%. Pas possible de le grimper à l’économie, faut envoyer. Déjà des concurrents marchent à côté de leurs vélos, ça se présente vraiment mal pour eux ! Le 1er ravito donne le ton de la journée : sandwich au fromage, au saucisson, bananes, pâtes de fruits, vraiment top. Et on ne manquera jamais de rien par la suite.
Un SMS au Momo et c’est reparti, direction le ballon d’Alsace.

  • Du col des Chevrères au sommet du Ballon d’Alsace (départ +75km, 1700D+)
Je chope un bon groupe (ce sera le cas toute la journée) dans la plaine, et j’atteins le sommet et le second ravito vers 10h30, nettement en avance sur mes estimations. La montée est régulière et modérée (entre 5 et 7%), tout va étonnamment bien, c’en est presque étrange. Ne nous enflammons pas !


  • Du Ballon d’Alsace au sommet du Grand Ballon (départ +130km, 3000D+)
C’est le gros morceau de la journée, avec les col du Hundsruck, et la montée du Grand Ballon par la « voie royale » du col Amic. 1300m de D+ sur 30 km et 6 derniers km entre 8 et 9%. Après 120km de course, ça pique. Mais surtout il fait froid. Le ciel s’est complètement couvert, la pluie n’est pas loin, ça promet pour la longue descente à suivre. J’alterne entre selle et danseuse pour préserver mon moelleux séant. Tout va toujours bien et au sommet, j’ai grosso modo cumulé la distance et la dénivelée de l’étape du tour Pau Hautacam, c’est plutôt satisfaisant.

Sommet du Grand Ballon
  • Du Grand Ballon à Servance (départ +180km, 3700D+)
La longue descente du Ballon est frigorifiante. Finalement, si, j'ai encore oublié un truc utile : le coupe-vent. Je trouve à nouveau un bon groupe pour les traversées de vallée et les montées des 3 derniers cols, qui sont vraiment roulants.


L'été, c'est par où ?
Les jambes sont à la limite de la crampe, à chaque redémarrage, faut bien mouliner dans les descentes… Mais en souplesse et avec une bonne réhydratation, ça passe bien. Je m’arrête encore au dernier ravito, car je sais que la fin est tout sauf paisible avec les « murs belges » de la « petite Finlande ». Je perds même beaucoup de temps à essayer de rebooter le téléphone pour envoyer péniblement mon dernier SMS d’info.

  • De Servance à l’arrivée (départ +213km, 4300D+)

Dans les raidards de la petite Finlande (avec un tout petit cycliste entre mes jambes)
La route de la mort, très vallonnée, des passages à 10, 15% sur plusieurs centaines de mètres, mais tel le cheval qui sent l’odeur de l’écurie, ou le hobbit retrouvant la comté, je lâche tout.


Les 20 derniers km sont même avalés à 38km/h à trois. Bonheur d’arriver finalement facilement, et sentiment d’avoir encore de la réserve. Heureusement d'ailleurs puisqu'il faut encore retourner à la voiture à 8km, ça fera office de mini décrassage.


Le bilan en vrac :
  • Au compteur, 218km vs les 213 annoncés, et « seulement » 4050D+
  • Brevet d’or par surprise, et un classement dans le 1er gros tiers. Comme quoi le mode rando, quand tu appuis un peu entre les arrêts… ;-)
  • Pas de secret, quand tu te connais et que tu respectes tes limites, tu peux rouler vraiment très loin et très haut. Je finis nettement moins marqué que l’an dernier sur le petit parcours (la météo a sans doute aussi bien aidé !),
  • Et donc une super cyclo avec un très bon état d'esprit, orga, bénévoles et peloton.

Prêt maintenant pour l’EDT !




lundi 10 juin 2013

Les 3 ballons ou l'amour du goudron...

Le chacalisme (ou la chacalitude ?) n’est pas que singles boueux, non, non, il est parfois aussi bitume. Par nécessité pour atteindre les p...s et autres b……s des alentours de Volmerange, mais aussi par choix.
Et donc étant tombé dans le goudron aux deux tiers depuis presque 2 ans, je me suis donné pour objectifs de boucler cette année 2 cyclosportives « de montagne », les 3 ballons dans la Haute Saône et les ballons vosgiens au départ de Gérardmer.
Bon, au départ, j’en avais même prévu 4, mais pour la première il faisait trop moche, et pour la seconde on s’est improvisé un WE prolongé à Rome avec Madame. Ce qui est bon doit rester rare…

Et donc les 3 ballons, c’était hier (enfin avant-hier le temps d'avoir les droits de poster sur le blog, le modo étant un sacré pitbull).
Une des plus grosses épreuves du genre, avec plus de 5000 inscrits, et 2 parcours : le classique « senior », 110 km et 2800D+ pour les gentils amateurs, et pour les extrémistes de la pédale, les rasés de la gambette, une version « master » de 200 km et 4500D+. Inutile de dire qu'ayant la jambe poilue, je me suis engagé sur le senior.

Photo
Le profil
Avec Stéphane, mon pote routier de www.strava.com (vous avez un compteur GPS, un smartphone, inscrivez-vous !), nous sommes arrivés la veille, hébergés à l’abbaye de St Colomban à 2 km du départ.
Photo
Hébergement tout confort

Réveil matinal vers 5h45, petit déjeuner, warm up sur le chemin du départ et on y est : organisation impressionnante, 400 m linéaires de cyclistes sur une piste d’athlétisme, et des départs successifs par vagues de 1000 qui font que lorsque les derniers décollent enfin, les 1ers sont déjà bien en route...
Ça fait du monde...

...beaucoup de monde !!
Pas grave, le seul objectif que nous avons Stéphane et moi porte sur le chrono (moins de 5h11 pour ramener l’or dans ma catégorie, moins de 5h27 pour lui qui a le privilège de l'âge ;-)), et comme on est pucés, c’est le temps réel (tapis de départ / tapis d’arrivée) qui est retenu.
Pour le scratch c’est peut-être enquiquinant mais on ne joue pas la gagne.

Stéphane...
...et le chacal
J’ai reconnu le parcours 1 fois ½ (arrêté par la neige dans le ballon de Servance la 1ère fois en mai !), je sais donc ce qui nous attend, mais les repères vont vite sauter : départ rapide, volonté de remonter le plus vite possible avant d’attaquer les 1ères difficultés, bref, on arrive à Faucogney à 35 de moyenne, avec quelques grosses accélérations. A défaut d’avoir trouvé le bon groupe de notre niveau, on passe  la 1ère côte (3,5 km à 5%) à plus de 20km/h.
Autant dire qu’avant d’attaquer les choses sérieuses, on est déjà (trop) chaud.

Ajoutons que le Garmin me prévient alors qu’il n’a presque plus de batterie (impossible de couper le rétroéclairage), et que je vais donc rouler « en aveugle » dans les cols (plus de vitesse, de cadence, de cardio), ça se présente plus tendu que prévu.
Et il fait de plus en plus chaud (ça montera jusqu’à 27°C).

Malgré tout, les difficultés s’enchaînent correctement :
  • Le Col des Chevrères , qui aurait sans doute été baptisé autrement s'il avait surplombé Volmerange. C’est la 3ème fois que je le grimpe, avec mon arme secrète, un minuscule 34x30, je suis serein. Il faut malgré tout s’accrocher, parce qu’après 5 km « tranquilles » à 5%, ça se redresse sérieusement avec une moyenne de 10% sur les 4 derniers km, et même 500m à plus de 20% (la roue avant décolle régulièrement). On passe à moins de 10km/h au milieu d’un vrai champ de bataille, entre ceux qui scotchent dans les gravillons et tombent par manque de vitesse (véridique), ceux qui poussent le vélo sur le bas-côté, et ceux qui renoncent carrément et redescendent sur Miellin. Hallucinant soit dit en passant de voir autant de cyclistes venus de loin, voire très loin (beaucoup de hollandais et de belges) qui bâchent au bout de 30 ou 40 km : d’après mon forum de vélo préféré, un millier d’abandons sur l’épreuve…
  • Le Ballon de Servance, pas hyper costaud mais long et monotone. 10km de montée à 7%, ça va. Dans les bois, et en bordure de ruisseau, c’est joli. Mais avec juste 2 malheureux virages, c’est bien ch..nt !! Et là, il fait franchement chaud, j’en ai la chair de poule, ce qui n’est pas très bon signe. Heureusement un beau déraillement pas loin du sommet redonne du peps, et permet de bien se graisser les mains en prévision de la descente, aux cris d’« allez le chacal ! » (bien sympa le maillot, ça permet instantanément d’avoir des supporters !).
J’ai choisi de zapper les 2 ravitos, pour ne pas casser le rythme (et gagner un peu de temps ;-)), ce qui permet à Stéphane de démarrer dans les cols, en costaud qu’il est (au total il me prendra presque 20 min en temps de roulage), et de m’y attendre.
Une organisation finalement bien rôdée de notre binôme pour une première.

Arrivée en bas de la descente du Ballon de Servance, il reste encore une quarantaine de kilomètres, et ça se joue au courage, avec encore une horrible montée sur Beulotte (2 km à 10%). Mon compagnon d’infortune du moment crie « oh putain » après chaque virage en voyant que ça n’en finit pas, la route étant très vallonnée et casse-pattes dans la petite Finlande. Ça me fait toujours un bien fou de sentir les autres souffrir, merci à lui !
Objectivement, les paysages magnifiques, mais à ce stade…

Finalement, la route redescend du plateau, et dans les dernières lignes droites à plat qui mènent à l’arrivée, on arrive à reconstituer un petit groupe à 4 pour boucler les 20 km restant à 35 de moyenne… …jusqu’à l’arrivée des crampes qui achève de nous séparer et me coûte une dizaine de place… C’est vicieux la crampe. Pour la passer, faut bien étirer la jambe, pour bien étirer la jambe, faut déclipser la pédale, pour déclipser la pédale, faut pas avoir de crampe.

Ce bougre de chacal arrive encore à sortir son portable à 50m de l'arrivée...
A l’arrivée, un bon chrono, 4h47 et presque 23km de moyenne, soit 25 min de marge sur l’objectif. Stéphane sans m’attendre aurait même tapé les 4h30 et une place dans le top 200. Bravo à lui !
On boucle finalement aux 321ème et 329ème places, cerise inattendue sur la gâteau (merci au col des Chevrères et à la chaleur qui ont bien entamé le peloton des « finishers »).

 

Récupération des diplômes et médailles pour la cheminée, réhydratation, pasta party (mais pas faim, insolation ?), et c’est déjà reparti : il reste 12km de décrassage pour revenir au départ et reprendre la voiture.

En espérant que les ballons vosgiens seront du même niveau en septembre !


PS : et si, les routiers sont sympas, bonne ambiance, du sourire, de la solidarité dans les groupes ! ;-)

PS2 : si certains ont réussi à lire ce récit pourri de compétition à deux balles jusqu’au bout, c’est peut-être qu’ils ont un attrait pour ce genre d’épreuve. Alors à quand les Chacals aux Crapauds ???? ;-)