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dimanche 5 novembre 2017

Direction 2018 !

Les inscriptions aux quelques épreuves que je vise en 2018 vont ouvrir, il est donc temps de se fendre du petit bilan 2017...


Pour la 1ère fois, j'atteins la barre symbolique des 10 000 km et 100 000 m de D+, dans une année ressemblant pour le reste beaucoup à 2016 :
  • 17 sorties de plus de 100 km "seulement"
  • beaucoup de sorties groupe (26 sorties avec Picot’n co, et 17 en duo)
  • quelques jolis cols ajoutés à ma collection (cf. club des cent cols ;-), j'arrive maintenant à 120 dont 9 à 2000m et +) : Iseran, Cormet de Roselend, et de petites trouvailles vosgiennes...
Et surtout, depuis une étude posturale effectuée chez Cyclostory Metz, plus de bobo sur le vélo !!

En revanche, je n'ai pas été très rigoureux dans la tenue du programme imaginé il y a un an. Si j'ai bien participé à la Marbichonne VTT, à la Route Verte, à une 2nde Guy Cividin avec les copains, et au grand parcours de l'Alsacienne, j'ai séché les 3 ballons, la cyclosportive de la Madeleine pendant les vacances alpestres, et les randos VTT de la fin août (Pompéenne notamment).

Alors que prévoir pour 2017-2018 ? Voici ce que j’imagine, si d’aventure certains voudraient se joindre :
  • la Marbichonne début avril, et un retour à la Pompéenne fin août à domicile en VTT,
  • une 3ème participation à la Guy Cividin fin mai, pour engranger des kilomètres avant les joyeusetés des mois de juin / juillet, d'autant que les vacances de printemps ne seront pas très orientées vélo,
  • Et 2 cyclosportives :
    • les 3 ballons, en version mediofondo (la localisation de mon hébergement transformera le 125 km en un bon 160km / 3000D+), début juin,
    • et la mythique Marmotte début juillet !



Rendez-vous dans un an pour faire le point, bon vélo à tous !



mardi 16 juin 2015

Le père, le fils, et les 3 ballons


Rappelons rapidement le contexte : mon père, le célèbre Dany Boy, s'étant laissé convaincre de courir l'Etape du Tour (Saint Jean De Maurienne - La Toussuire) en binôme avec moi, il nous fallait définir quelques points de synchronisation pour valider ensemble l'avancement de notre préparation. Nous avons donc retenu :
  • une randonnée organisée de proximité, les Côtes de Toul (110 km et 1000 D+) pour la mise en jambes,
  • une sortie commune montagneuse de dernière minute à définir et à programmer fin juin,
  • et donc la cyclosportive des 3 ballons, parcours Medium (110km et 2200 D+).
Elle s'imposait assez naturellement (et je m'aperçois que je repars encore une fois dans des énumérations -presque- sans fin, c'est agaçant mais tellement pratique...) :
  • idéalement programmée mi juin, à J - 1 gros mois,
  • déjà bien connue de moi-même (parcours medium couru en 2013, et le grand couru l'an dernier),
  • dotée de belles difficultés, un cran au dessus de ce qu'on peut trouver ailleurs dans les Vosges en pourcentages,
  • logistiquement pratique, avec un bon plan hébergement déjà éprouvé à l'Abbaye de St Colomban, à 2km du départ.
L'occasion pour Dany Boy de se refrotter à la course en peloton, et de se rassurer sur la gestion des fortes pentes dans la durée. Et pour moi de me tester en endurance, l'arrivée du plus beau bébé du monde ne me permettant plus vraiment d'enchaîner les sorties longues...
Les forces en présence...
Bref, nous arrivons sur place assez motivés, malgré une météo incertaine. L'abbaye de Luxeuil et son personnel sont toujours aussi accueillant, le dîner au Bougnat toujours aussi orienté pâtes, on ne change pas une équipe qui gagne (mais on l'optimise, double dessert cette année ;-)...
Le camp de base
On est donc fin prêts le jour J, avec 45 minutes d'avance sur la ligne de départ. L'objectif est de boucler le parcours sans forcer, en s'arrêtant aux ravitos, dans un rythme similaire à celui que nous adopterons pour l'EDT, et de rallier l'arrivée frais et rassurés sur la forme du moment.
Les toilettes sont déjà prises
Ready to go !
Couvert mais sec, ça ne durera pas !!
On attaque donc tranquillement dans la plaine, moins rapidement que les années précédentes (33km/h sur les 17 1ers km vs 36 en 2014, merci strava pour les statistiques), jusqu'à la première vraie côte au dessus de Faucogney. 3,5km à 5% qui permettent de mieux répartir les groupes par niveau.
La météo est finalement correcte, il fait déjà bon (pas loin de 20°C déjà à 8h) et le Col des Chevrères arrive déjà. 

Pour rappel, cette charmante petite grimpette, c'est 5 km bucoliques et charmants à 5%, puis 4 km moins bucoliques et moins charmants, à 10% de moyenne, avec des pics à plus de 20% (et un km plein à 14,9). La montée se passe bien, même si il est difficile de rouler au train, et que l'on doit zig-zaguer entre les collègues qui ont mis trop gros et restent plantés, les marcheurs (déjà !), les trous et gravillons (malgré le passage du Tour, la route est restée assez rustique), et même les chutes ! C'est assez particulier, ce sentiment d'être sur un replat quand le %age retombe à 10...

Arrivé au sommet, quelques gouttes, et l'occasion de se ravitailler. On s'arrête quelques minutes pour remettre les coupe-vent, remplir les gourdes, et procéder pour certain à une rapide vidange...
Le gros nounours annonciateur de la montée du Ballon de Servance (ou de la Planche des Belles Filles si on prend à droite)
Une rapide descente et un nouvel arrêt pour ôter les coupe-vent, et on attaque la deuxième difficulté du jour, le Ballon de Servance, 10km de montée à 7%. Pas si facile car pas franchement régulier, et surtout, à mi-ascension, c'est le déluge (arrêt coupe-vent donc, youpi). La pluie ne nous lâchera qu'après la descente. Une descente déjà pas bien rigolote par temps sec (particulièrement bosselée), et vraiment fraîche et pénible sous la pluie. Nous sommes même contraints de nous arrêter pour éponger les lunettes.
17%...
Arrivés à Servance, on est heureusement réchauffés. Dany se laisse prendre par le petit raidillon d'avant ravitaillement. En train de déguster sa petite barre énergétique, il n'arrive pas à rétrograder à temps et doit poser pied dans la pente. C'est l'occasion d'un 4ème arrêt coupe-vent impromptu, certes, mais peut-être perd-il sans le savoir à cet instant le podium dans sa catégorie (si, si, ça se jouera à quelques minutes ! ;-)).
Dany le descendeur...
Il reste encore à passer quelques joyeusetés, dont la côte des Evaudois, 2km à 10% avec là encore un pic à 17%. On fera ensuite l'effort à deux sur le plateau puis dans la descente (d'ailleurs le Dany, il attaque de plus en plus en descente !) vers Faucogney pour rattraper un petit groupe de bons rouleurs qui nous permettra de rejoindre ensuite Raddon à près de 38 à l'heure sur les 20 derniers km.
La côte des Evaudois
Une curiosité : le paradis du nain de jardin à Faucogney (capture googlemap)
A l'arrivée, sentiment de satisfaction :
  • on en a encore sous le coude (et dans les jambes),
  • sans pour autant avoir trop traîné en route, puisque nous finissons à la 250ème place sur 800 et quelques inscrits et un peu moins de 700 classés,
  • en ayant accéléré progressivement (plus lents au début que le moi de 2013, plus rapide dans Servance et Beulotte, et en doublant beaucoup plus qu'en étant dépassés à partir des Chevrères).
Et comme je l'ai laissé entendre juste avant, Dany manque de peu de nous faire rester pour le podium, en finissant 6ème des 67+. Au 1/4 d'heure près que nous avons passé en arrêts divers pas toujours nécessaires. La classe. D'ailleurs le Dany, il n'en a pas eu assez : je viens de voir qu'il a remis 70km de plus dans la bannette le lendemain, le filou !
Frais comme des gardons !
Un mot pour conclure de la cyclo elle-même :
  • une bonne organisation dans l'ensemble (ravitos très corrects, beaucoup de bénévoles, de nombreuses motos - y compris dans le fossé ;-)) mais un manque parfois de signaleur dans des zones dangereuses)
  • un parcours vraiment varié (autant sur le court que sur le long), à faire pour ceux qui ne le connaissent pas (et à refaire pour ceux qui sous la pluie n'auront pas tout vu cette année !)
  • une bonne pasta party, et un lieu approprié pour gérer l'arrivée.


lundi 16 juin 2014

Et 1, et 2, et 3 ballons !



Allez les chacals, un peu de gomme sur le goudron, on part s’amuser aux 3 ballons.
Petite note préliminaire, les 3 ballons, c’est pas un de rouge, un de blanc et un de rosé. Non, non. C'est du gros, du solide, du bien copieux qui coupe la faim. Surtout en version master. Et après avoir couru la version senior l'an dernier (cf. ce post), j'ai été pris d'une irrépressible envie de m'y frotter.



J'avais à la fois de très bonnes raisons...
  • C'est une bonne préparation pour l’étape du tour du 20 juillet,
  • C'est un super moyen d'oublier la route verte de la méga loose et la non-inscription aux Crapauds,
  • C’est sympa de partir vers une forme d’inconnu, surtout quand on est en forme ;-)
  • L’enchaînement Ballon d’Alsace et Grand Ballon à l’automne dernier m'a laissé un super souvenir.
...et quelques tout petits sujets d'inquiétude...
  • Je n'avais jamais dépassé 170 km et 3000m de D+,
  • Je n'étais pas complètement familiarisé avec ma nouvelle selle, et sur des sorties de 8h et plus c'est important d'être postérieurement en confiance,
  • J'avais un séminaire un peu sportif la veille,
  • Et j'ai une sorte de scoumoune de l'espace qui m'accompagne sur le vélo depuis le début de l'année (depuis le dernier post, encore une crevaison et une casse de patte de dérailleur en pleine forêt, heureusement en présence de l'auto-proclamé président des chacals, et accessoirement bouclard ambulant en chef)...
Mais heureusement les bonnes raisons l'emporte toujours, pour la bonne raison qu'elles sont bonnes.

Bref, le parcours master c’est :
  • Un plateau relevé, et une énorme participation (3369 inscrits), qui permet de voir que la France n’est que le 4ème pays des épreuves marathon, après la Belgique, la Hollande, et l'Allemagne,
  • 213 km et 4300m D+ officiels (la 6ème cyclosportive nationale en terme de D+),
  • Un parcours qui a inspiré les routes du tour de France par ses difficultés (avec la planche des belles filles jusqu’en 2012, et le col des chevrères depuis 2013),
  • 3 ballons  (Belfahy, le Ballon d’Alsace, le Grand Ballon) et 7 cols (les Chevrères, la Chevestraye, le Hundsruck, Amic, Oderen, le Ménil, les Croix) au programme,
  • Et quelques autres joyeusetés non répertoriées, comme cette sympathique montée à plus de 10% sur 2 km au 200ème km.
  •  
J’arrive la veille dans mon camp de base, l’abbaye de Saint Colomban, à 2 km du départ. Entraînement bien supérieur à l’année dernière (8000 km sur les 12 derniers mois, presque 4000 en 2014), équipement complet (cartouches CO2, chambres à air, pneus indestructibles), toutes les chances sont de mon côté.

Ma chambre de nonne
L’organisation est bien meilleure que l’année dernière : accueil parfait, sas de départ bien indiqués, pas de bousculade, à 7h25 on est déjà sur le vélo.

Plus de 3000 partants sur le master
Le golden chacal brille déjà ;-)
La journée va être longue, je pars donc sans euphorie : l’objectif est de finir en bon état, dans un mode « rando » qui permette de profiter de cette belle journée. Et donc de progresser de ravito en ravito, étape par étape.

  • Du départ au sommet du col des Chevrères (40km, 1000D+)
J’attaque l’œil sur le cardio, mais 36km/h sur les 17 1ers km en léger faux plat montant, 146 pulsations / min, c’est là qu’on constate les progrès ;-). La 1ère côte arrive vite, un peu plus de 3 km à 4% pour se chauffer, et on est déjà dans le col des Chevrères. Il reste définitivement terrible avec ses 4 derniers km à 10% et des passages à plus de 20%. Pas possible de le grimper à l’économie, faut envoyer. Déjà des concurrents marchent à côté de leurs vélos, ça se présente vraiment mal pour eux ! Le 1er ravito donne le ton de la journée : sandwich au fromage, au saucisson, bananes, pâtes de fruits, vraiment top. Et on ne manquera jamais de rien par la suite.
Un SMS au Momo et c’est reparti, direction le ballon d’Alsace.

  • Du col des Chevrères au sommet du Ballon d’Alsace (départ +75km, 1700D+)
Je chope un bon groupe (ce sera le cas toute la journée) dans la plaine, et j’atteins le sommet et le second ravito vers 10h30, nettement en avance sur mes estimations. La montée est régulière et modérée (entre 5 et 7%), tout va étonnamment bien, c’en est presque étrange. Ne nous enflammons pas !


  • Du Ballon d’Alsace au sommet du Grand Ballon (départ +130km, 3000D+)
C’est le gros morceau de la journée, avec les col du Hundsruck, et la montée du Grand Ballon par la « voie royale » du col Amic. 1300m de D+ sur 30 km et 6 derniers km entre 8 et 9%. Après 120km de course, ça pique. Mais surtout il fait froid. Le ciel s’est complètement couvert, la pluie n’est pas loin, ça promet pour la longue descente à suivre. J’alterne entre selle et danseuse pour préserver mon moelleux séant. Tout va toujours bien et au sommet, j’ai grosso modo cumulé la distance et la dénivelée de l’étape du tour Pau Hautacam, c’est plutôt satisfaisant.

Sommet du Grand Ballon
  • Du Grand Ballon à Servance (départ +180km, 3700D+)
La longue descente du Ballon est frigorifiante. Finalement, si, j'ai encore oublié un truc utile : le coupe-vent. Je trouve à nouveau un bon groupe pour les traversées de vallée et les montées des 3 derniers cols, qui sont vraiment roulants.


L'été, c'est par où ?
Les jambes sont à la limite de la crampe, à chaque redémarrage, faut bien mouliner dans les descentes… Mais en souplesse et avec une bonne réhydratation, ça passe bien. Je m’arrête encore au dernier ravito, car je sais que la fin est tout sauf paisible avec les « murs belges » de la « petite Finlande ». Je perds même beaucoup de temps à essayer de rebooter le téléphone pour envoyer péniblement mon dernier SMS d’info.

  • De Servance à l’arrivée (départ +213km, 4300D+)

Dans les raidards de la petite Finlande (avec un tout petit cycliste entre mes jambes)
La route de la mort, très vallonnée, des passages à 10, 15% sur plusieurs centaines de mètres, mais tel le cheval qui sent l’odeur de l’écurie, ou le hobbit retrouvant la comté, je lâche tout.


Les 20 derniers km sont même avalés à 38km/h à trois. Bonheur d’arriver finalement facilement, et sentiment d’avoir encore de la réserve. Heureusement d'ailleurs puisqu'il faut encore retourner à la voiture à 8km, ça fera office de mini décrassage.


Le bilan en vrac :
  • Au compteur, 218km vs les 213 annoncés, et « seulement » 4050D+
  • Brevet d’or par surprise, et un classement dans le 1er gros tiers. Comme quoi le mode rando, quand tu appuis un peu entre les arrêts… ;-)
  • Pas de secret, quand tu te connais et que tu respectes tes limites, tu peux rouler vraiment très loin et très haut. Je finis nettement moins marqué que l’an dernier sur le petit parcours (la météo a sans doute aussi bien aidé !),
  • Et donc une super cyclo avec un très bon état d'esprit, orga, bénévoles et peloton.

Prêt maintenant pour l’EDT !




lundi 10 juin 2013

Les 3 ballons ou l'amour du goudron...

Le chacalisme (ou la chacalitude ?) n’est pas que singles boueux, non, non, il est parfois aussi bitume. Par nécessité pour atteindre les p...s et autres b……s des alentours de Volmerange, mais aussi par choix.
Et donc étant tombé dans le goudron aux deux tiers depuis presque 2 ans, je me suis donné pour objectifs de boucler cette année 2 cyclosportives « de montagne », les 3 ballons dans la Haute Saône et les ballons vosgiens au départ de Gérardmer.
Bon, au départ, j’en avais même prévu 4, mais pour la première il faisait trop moche, et pour la seconde on s’est improvisé un WE prolongé à Rome avec Madame. Ce qui est bon doit rester rare…

Et donc les 3 ballons, c’était hier (enfin avant-hier le temps d'avoir les droits de poster sur le blog, le modo étant un sacré pitbull).
Une des plus grosses épreuves du genre, avec plus de 5000 inscrits, et 2 parcours : le classique « senior », 110 km et 2800D+ pour les gentils amateurs, et pour les extrémistes de la pédale, les rasés de la gambette, une version « master » de 200 km et 4500D+. Inutile de dire qu'ayant la jambe poilue, je me suis engagé sur le senior.

Photo
Le profil
Avec Stéphane, mon pote routier de www.strava.com (vous avez un compteur GPS, un smartphone, inscrivez-vous !), nous sommes arrivés la veille, hébergés à l’abbaye de St Colomban à 2 km du départ.
Photo
Hébergement tout confort

Réveil matinal vers 5h45, petit déjeuner, warm up sur le chemin du départ et on y est : organisation impressionnante, 400 m linéaires de cyclistes sur une piste d’athlétisme, et des départs successifs par vagues de 1000 qui font que lorsque les derniers décollent enfin, les 1ers sont déjà bien en route...
Ça fait du monde...

...beaucoup de monde !!
Pas grave, le seul objectif que nous avons Stéphane et moi porte sur le chrono (moins de 5h11 pour ramener l’or dans ma catégorie, moins de 5h27 pour lui qui a le privilège de l'âge ;-)), et comme on est pucés, c’est le temps réel (tapis de départ / tapis d’arrivée) qui est retenu.
Pour le scratch c’est peut-être enquiquinant mais on ne joue pas la gagne.

Stéphane...
...et le chacal
J’ai reconnu le parcours 1 fois ½ (arrêté par la neige dans le ballon de Servance la 1ère fois en mai !), je sais donc ce qui nous attend, mais les repères vont vite sauter : départ rapide, volonté de remonter le plus vite possible avant d’attaquer les 1ères difficultés, bref, on arrive à Faucogney à 35 de moyenne, avec quelques grosses accélérations. A défaut d’avoir trouvé le bon groupe de notre niveau, on passe  la 1ère côte (3,5 km à 5%) à plus de 20km/h.
Autant dire qu’avant d’attaquer les choses sérieuses, on est déjà (trop) chaud.

Ajoutons que le Garmin me prévient alors qu’il n’a presque plus de batterie (impossible de couper le rétroéclairage), et que je vais donc rouler « en aveugle » dans les cols (plus de vitesse, de cadence, de cardio), ça se présente plus tendu que prévu.
Et il fait de plus en plus chaud (ça montera jusqu’à 27°C).

Malgré tout, les difficultés s’enchaînent correctement :
  • Le Col des Chevrères , qui aurait sans doute été baptisé autrement s'il avait surplombé Volmerange. C’est la 3ème fois que je le grimpe, avec mon arme secrète, un minuscule 34x30, je suis serein. Il faut malgré tout s’accrocher, parce qu’après 5 km « tranquilles » à 5%, ça se redresse sérieusement avec une moyenne de 10% sur les 4 derniers km, et même 500m à plus de 20% (la roue avant décolle régulièrement). On passe à moins de 10km/h au milieu d’un vrai champ de bataille, entre ceux qui scotchent dans les gravillons et tombent par manque de vitesse (véridique), ceux qui poussent le vélo sur le bas-côté, et ceux qui renoncent carrément et redescendent sur Miellin. Hallucinant soit dit en passant de voir autant de cyclistes venus de loin, voire très loin (beaucoup de hollandais et de belges) qui bâchent au bout de 30 ou 40 km : d’après mon forum de vélo préféré, un millier d’abandons sur l’épreuve…
  • Le Ballon de Servance, pas hyper costaud mais long et monotone. 10km de montée à 7%, ça va. Dans les bois, et en bordure de ruisseau, c’est joli. Mais avec juste 2 malheureux virages, c’est bien ch..nt !! Et là, il fait franchement chaud, j’en ai la chair de poule, ce qui n’est pas très bon signe. Heureusement un beau déraillement pas loin du sommet redonne du peps, et permet de bien se graisser les mains en prévision de la descente, aux cris d’« allez le chacal ! » (bien sympa le maillot, ça permet instantanément d’avoir des supporters !).
J’ai choisi de zapper les 2 ravitos, pour ne pas casser le rythme (et gagner un peu de temps ;-)), ce qui permet à Stéphane de démarrer dans les cols, en costaud qu’il est (au total il me prendra presque 20 min en temps de roulage), et de m’y attendre.
Une organisation finalement bien rôdée de notre binôme pour une première.

Arrivée en bas de la descente du Ballon de Servance, il reste encore une quarantaine de kilomètres, et ça se joue au courage, avec encore une horrible montée sur Beulotte (2 km à 10%). Mon compagnon d’infortune du moment crie « oh putain » après chaque virage en voyant que ça n’en finit pas, la route étant très vallonnée et casse-pattes dans la petite Finlande. Ça me fait toujours un bien fou de sentir les autres souffrir, merci à lui !
Objectivement, les paysages magnifiques, mais à ce stade…

Finalement, la route redescend du plateau, et dans les dernières lignes droites à plat qui mènent à l’arrivée, on arrive à reconstituer un petit groupe à 4 pour boucler les 20 km restant à 35 de moyenne… …jusqu’à l’arrivée des crampes qui achève de nous séparer et me coûte une dizaine de place… C’est vicieux la crampe. Pour la passer, faut bien étirer la jambe, pour bien étirer la jambe, faut déclipser la pédale, pour déclipser la pédale, faut pas avoir de crampe.

Ce bougre de chacal arrive encore à sortir son portable à 50m de l'arrivée...
A l’arrivée, un bon chrono, 4h47 et presque 23km de moyenne, soit 25 min de marge sur l’objectif. Stéphane sans m’attendre aurait même tapé les 4h30 et une place dans le top 200. Bravo à lui !
On boucle finalement aux 321ème et 329ème places, cerise inattendue sur la gâteau (merci au col des Chevrères et à la chaleur qui ont bien entamé le peloton des « finishers »).

 

Récupération des diplômes et médailles pour la cheminée, réhydratation, pasta party (mais pas faim, insolation ?), et c’est déjà reparti : il reste 12km de décrassage pour revenir au départ et reprendre la voiture.

En espérant que les ballons vosgiens seront du même niveau en septembre !


PS : et si, les routiers sont sympas, bonne ambiance, du sourire, de la solidarité dans les groupes ! ;-)

PS2 : si certains ont réussi à lire ce récit pourri de compétition à deux balles jusqu’au bout, c’est peut-être qu’ils ont un attrait pour ce genre d’épreuve. Alors à quand les Chacals aux Crapauds ???? ;-)