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jeudi 14 juillet 2016

L'Etape du Tour 2016 en famille : chacals pas dans Joux-Plane (ouf !) ^^




Au-delà du jeu de mots particulièrement mauvais cette année, et pour ceux qui ne seraient pas des lecteurs assidus de ce merveilleux blog de vélo (honte à eux), commençons par un rappel du concept : l'Etape du Tour est une cyclosportive organisée par ASO (oui, oui, le ASO du TDF) qui permet à 15000 amateurs de courir l'étape reine du Tour de France quelques jours avant le peloton pro. 

Après Pau - Hautacam via le Tourmalet en 2014, et Saint Jean de Maurienne - La Toussuire via le Chaussy, le Glandon et la Croix de Fer en 2015, nous avons décidé de remettre le couvert avec mon Dany Boy de père pour le Megève - Morzine de cette année : 140 km empruntant les cols des Aravis(2ème cat.), de la Colombière (1ère cat.), de la Ramaz (1ère cat.), et la terrible montée de Joux-Plane (HC). L'idée étant comme l'année dernière de partir ensemble, de rouler ensemble, et d'arriver ensemble : pas de chacun pour soi en famille !!


La forme est là (testée communément dans les Vosges, et individuellement à l'Alsacienne) et la météo s'annonce clémente lorsque nous apprenons quelques jours avant le D-day que l'épreuve sera amputée du Col de la Ramaz, la route étant menacée d'éboulement (concernant les pros, la décision est reportée à 48h avant leur passage). Ce qui allège significativement le programme, à notre (ma ?) petite déception. L'organisation propose en compensation de se faire le plaisir d'une montée sur Avoriaz après l'arrivée à Morzine, ce qui ne déchaîne pas notre enthousiasme (d'ailleurs sur place, nous constaterons qu'aucune indication ne permet de poursuivre son parcours facilement, passée la ligne d'arrivée, peu de coureurs ont dû y mettre les roues !).

Après mûre réflexion, nous décidons qu'il est raisonnable d'enrichir l'étape du tronçon col de Châtillon - montée sur Megève la veille, et de la montée sur les Gets le jour même, ce qui permet de laisser une voiture à Taninges pour rentrer facilement après l'épreuve. Et nous amène à 170km et 3500D+ sur les 48h, et même à plus de 200km et 4200D+ pour le doyen des Chacals qui a ajouté à son programme le col des Saisies la journée précédente. Un bon WE montagneux en perspective !

"notre" Etape du Tour

Etant logés sur Megève même avec supportrices et enfant, il est particulièrement facile d'être à l'heure dans notre sas situé à 2 minutes à vélo de l'appartement. Les 12000 collègues présents ne nous gênent en rien !

Photo de Stéph Regnaluob.

Tiens, un collègue de l'Alsacienne !

8h02, sous le soleil et dans une chaleur bien agréable (je n'aborderai pas ici l'épineux sujet de la température, ni en intérieur, ni dans Joux-Plane, pour éviter toute polémique familiale), nous passons la ligne de départ en direction des Aravis.


Chacals inside...

L'organisation est peut-être meilleure que l'année dernière, la configuration des lieux plus propice, toujours est-il que les pelotons s'étirent rapidement : peu d'embouteillage et une bonne fluidité du trafic dès les 1ères difficultés, on est loin de la catastrophique EDT 2016, de ses 2 neutralisations, et de son quart d'heure de marche en montagne...

Après une première petite bosse (et les 1ers déraillements de concurrents !), le col des Aravis (6,7 km à 7%) se monte facilement. La route est d'abord ombragée avant de rejoindre les alpages, en proposant de jolis points de vue sur le Mont Blanc. Partis avec 2 gourdes et ce qu'il faut de barres énergétiques, nous poursuivons notre route sans nous arrêter aux ravitaillements, décidés à ne marquer l'arrêt qu'à Samoëns au pied de Joux-Plane. La descente se fait à petit rythme, les collègues autour de nous étant particulièrement prudents (ce sera étrangement le cas tout au long de l'épreuve).

Début du roman photo, je mitraille au portable !
Tranquille Mimile !

Le col de la Colombière, plus long, n'est guère plus difficile... Les 11km et quelques à 6% sont assez roulants, la route se redressant un peu plus sur la fin. On est plutôt d'accord sur le constat : sans aller jusqu'à parler de formalité, ça passe vraiment bien, et devoir enchaîner par la Ramaz ne nous aurait pas vraiment inquiété. Sur ces distances et surtout ces pourcentages, où seuls quelques kilomètres flirtent avec les 8-9%, on peut se caler à son rythme de croisière et gérer tranquillement. J'en profite pour prendre bon nombre de photos, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même !

 

 

Les traversées de villages s'enchaînent, les points de vue sont toujours nombreux et magnifiques, et ce qui ne gâche rien, les nombreux spectateurs nous encouragent. On en accélérerait presque !




Mais il faut rester concentré : Joux-Plane nous attend après une grosse 40aine de kilomètres de plaine. Et il y a moyen de perdre de l'énergie dans ce long faux plat, au milieu de groupes totalement désorganisés (comme toujours sur l'EDT ?). D'ailleurs Dany m'alerte sur un début de crampe, et un rythme cardiaque supérieur à celui qu'il avait dans les grimpées des 2 1ers cols (impossible que cela vienne de la chaleur, et de toute façon nous ne disposons d'aucune information fiable sur la météo, mais n'entrons définitivement pas dans ce débat !).

Nous nous arrêtons comme prévu à Samoëns, occasion de confirmer la bonne impression sur l'organisation. Là où l'année dernière il fallait se battre pour accéder aux ravitaillements, c'est bien mieux : il y a de quoi garer son vélo, rien n'empiète sur la chaussée pour ceux qui poursuivent leur route, la quantité et la qualité sont là avec des produits régionaux, etc.
Quelques nouvelles envoyées aux supportrices, un peu de suivi live Facebook, et c'est parti pour le gros morceau du jour.

Et là, comme dit Dany, on n'a plus envie de chanter. 11km à 9% de moyenne, les 5 derniers toujours au dessus de 9,5, avec une belle irrégularité pour bien empêcher chacun de trouver son rythme, c'est du bonheur. Avec, à 12h30, une superbe exposition plein sud, un jour d'été de grand soleil. Magnifique.

Dès les 1ères rampes il faut se frayer un chemin entre les marcheurs et les rouleurs en perdition dans un silence de cathédrale (qui m'amènera à crier "c'est bien silencieux par ici" ;-)), et les kilomètres défilent lentement.


On va le faire !

A mi-montée, je propose à Dany de faire une petite pause pour faire redescendre prudemment son cardio, ce qu'il accepte bien volontiers.

On prend l'intérieur pour photographier Dany sur fond de Mont Blanc !

Arrivée au Col

Une deuxième suivra pour assurer le coup à 2 km du sommet. En haut, la vue est magnifique, et pensant que le chronométrage s'y arrête, nous prenons du temps pour boire, prendre quelques photos, et admirer le paysage. 
Je constaterai après coup que contrairement aux infos de mon velo101 préféré, relayées sur les réseaux sociaux, la descente n'a pas été neutralisée et fait partie de la course. Décidément, la communication n'est pas le fort d'ASO...


Reste donc à dévaler sur Morzine, où nous arrivons après 5h55 d'effort (27ème / 173 dans sa catégorie, le Dany, pause superflue incluse ! ;-)), la main dans la main. Là encore, l'organisation me semble en nette amélioration, avec des parkings à vélos bien situés, et une pasta party complète et bien gérée (sympa et bien plus pratique qu'un plateau, la besace !).

On peut profiter d'un vrai repas avant de décrasser tranquillement en remontant sur les Gets. Bref, une bien belle journée, en binôme, et au-delà dans une ambiance internationale conviviale, et avec la rencontre surprise de Pierre Villemin, de Cyclosportivement ;-).

Photo de Olivier Boulanger.

La suite ? 2 petites semaines à Valmorel qui devraient permettre de monter la Madeleine avec le 3ème Chacals routardovttiste, le retour du VTT justement fin août pour deux belles randos à domicile.
Et dès novembre, il faudra réfléchir au périple alpin 2017. L'EDT se tiendra sans doute dans les Pyrénées, mais les possibilités restent nombreuses : une marmotte (sur 1 ou 2 jours) ? Un BRA ? Une Arvan Villards ? Suspens !

La trace : EDT 2016 - Megève - Morzine
Le petit complément, montée sur Megève et retour sur les Gets
Le Relive, en attendant la vidéo officielle by Dany Boy : https://www.relive.cc/view/636254838

lundi 3 août 2015

L'Etape du Tour 2015 en famille : la vidéo by Dany Boy !

Tout est dans le titre, c'est ici et sur YouTube :


Et au cas où ça ne fonctionnerait pas, http://youtu.be/bbEodRBLwvM ;-)
Merci et bravo encore à Dany !

mercredi 22 juillet 2015

L'Etape du Tour 2015 en famille : Glandon pas trop, pasqu'il fait chaud !

Chapitre 1 - Le bien avant
Après une belle 1ère dans les Pyrénées malgré des conditions difficiles en 2014 (2900ème et quelques sur 14000, très bon pour mon petit niveau, voir >>ici<<) s'est posée en novembre dernier la question d'une nouvelle participation.
Et mes lecteurs fidèles et compagnons de route le savent déjà, je n'aime pas courir à nouveau à une épreuve m'ayant laissé un bon souvenir (cf. les 220km des 3 ballons 2014, mon meilleur moment de vélo). Sauf à y trouver un nouvel intérêt. J'étais donc particulièrement indécis, d'autant plus qu'un heureux événement étant prévu pour le mois de mai à venir, je me doutais bien que j'allais faire du fractionné en 2015, mais plus sur les heures de sommeil que sur le vélo !
Bref. Je me suis tourné vers Dany Boy (mon papa, pour ceux qui l'ignore), 68 ans, ancien alpiniste émérite (le redoutable "Vieux Bouquetin des Cimes") et pédaleur devant l'éternel. L'objectif : passer la ligne d'arrivée ensemble, père et fils. Il a dit "oui". Puis "pas sûr". Puis "peut-être". Puis "Oui" à nouveau. Et il n'a - presque - plus varié...
C'est pas tentant, ça ?
Il faut dire que le programme était attractif : 140 km entre St Jean de Maurienne et la Toussuire, 1 col de 2ème catégorie, 2 cols de 1ère catégorie, et 1 hors catégorie (le Glandon), pour 4600m de dénivelé cumulé annoncé (pour situer 4600m de dénivelé, c'est 43 Bitchy, ou un Mont Blanc depuis Chamonix + 3 tours Eiffel, ou une très longue côte de 92km à 5%). 
Nous nous sommes ensuite entraînés chacun de notre côté : lui multipliant les sorties (pas loin de 7000km en 7 mois avant l'EDT), moi limitant la casse au mieux entre deux biberons (kilométrage seulement 10% inférieur à l'année dernière, mais seulement 6 sorties de 100km+ en 6 mois).
Avec quelques sorties communes pour contrôler l'état de forme (une rando organisée, une cyclosportive réussie - classés dans le 1er tiers en roulant en dedans, et 2 escapades vosgiennes), nous sommes arrivés au jour J avec de mon côté le sentiment que ça passerait tranquillement en mode rando / ravito / plaisir à gogo. Et qu'il faudrait freiner le Dany pour qu'il ne nous brûle pas les ailes... 

Chapitre 2 - Le juste avant
A J-2, 6h45, dans la foulée du biberon du matin, je roule en direction les Alpes. Dany et Lulu sont déjà au camp de base au sommet du Col du Mollard. Il reste à retirer les dossards et à tenter de faire une nuit complète de sommeil, une vraie belle grosse nuit, au réveil naturel, ce serait la 1ère depuis... ...looooongtemps... D'autant qu'à J tout court, le réveil sonnera à 5h45...


En tout cas, jusqu'ici, tout va bien !

Il n'est pas classe, Dany, en kilt ? ;-)
Quant à la très bonne nuit, on oubliera : mais comme le dit Lulu la marmotte, ce n'est de toute façon pas en 1 nuit que tu rattrapes 3 mois de manque de sommeil.
Chapitre 3 - Le début du pendant
Frais comme des gardons
A force d'avoir souhaité du beau temps (ras la casquette des cyclos sous la pluie), il fait chaud le jour J. Au moment du départ, un peu avant 8h, c'est très agréable. On attaque donc dans la bonne humeur, résolu à avancer à rythme modéré et à faire méthodiquement l'ensemble des ravitos.


On est tellement résolu que je n'ai pris qu'une gourde. Ben oui. Je la re-remplirai aux ravitos. Malin. 

Chapitre 4 - Les incidents
Le col de Chaussy se monte assez facilement, quand un cycliste arrêté sur le bord de la route tente de se réinsérer dans le flux juste devant Dany. Qui l'évite. Qui pose pied. Qui tente de redémarrer en côte. Qui loupe la pédale. Bref, qui choit au ralenti.
Plus de peur que de mal, mais un genou abîmé dès le 15ème kilomètre, une selle tordue à re-régler, et un redémarrage poussif...
Et ce n'est pas fini, puisque nous sommes ensuite coincés dans la descente du col du Chaussy pendant de longues minutes par un crash survenu un peu plus bas. Quand ça redémarre enfin, c'est à pieds sur quelques centaines de mètres.


Puis erreur d'appréciation, nous zappons accidentellement le ravito solide du retour en plaine (que nous croyons être un ravito liquide), et nous choisissons de rouler très cool sur les kilomètres à peine vallonés qui mènent au Glandon. Mal nous en prend, en allant à peine plus vite nous aurions évité le 2ème arrêt forcé (même cause que le précédent, avec arrivée d'hélico), qui nous bloque 20 bonnes minutes.


Bref, à cet instant :

  • tous les participants des sas partis après nous nous ont rejoint au point de neutralisation pour s'agglutiner en un énorme peloton, ce qui ne va pas fluidifier le trafic dans le Glandon,
  • nous commençons à avoir faim,
  • mon unique gourde n'a pas fait de petits. Ca sent bon !

Chapitre 5 - la Croix de Fer chauffée à blanc
Car dans le Glandon, il fait chaud. 35 degrés d'après le Garmin, malgré l'altitude. On l'attaque à la cool, puisque l'idée initiale était d'en garder jusqu'au Mollard et - éventuellement ;-) - d'accélérer dans l'ascension finale sur la Toussuire (si on en a sous la pédale, dixit le père).
Eh bien je le finirai à la cool également, car à quelques kilomètres du sommet, les symptômes ne trompent pas : chair de poule, légères nausées, c'est un début d'insolation et de déshydratation...

Les lacets du Glandon...
...Avant le passage de l'étape
Dany Boy, lui, est dans ses températures de confort. Il fait même plus frais que quand il s'entraîne à Maussane : la canicule ne passera pas par lui, il continue à grimper allègrement !
Moi je gère au mieux pour ne pas rester dans le rouge, ce qui oblige à un rythme assez modéré...

La chochotte de la chaleur en inaction :-)
Arrivé au sommet, heureusement, on pique sur Saint Jean D'Arves par une longue descente qui permet sinon de se rafraîchir, du moins de stabiliser la situation.


Col de la Croix de Fer, paysages magnifiques !
(bon, on a chaud, mais comme on est en mode rando, on prend le temps de filmer de l'intérieur avec l'iPhone ;-)

Et ça va donc bien mieux dans le Mollard qu'on monte plus gaillardement, même si Dany est victime d'une petite crampe. Arrivés au sommet, on cumule déjà 3500 mètres de dénivelés.

Le ravito du Mollard, on ne crache pas dessus !!


Un coucou à Lulu venue nous soutenir, une douche intégrale au jet d'eau, et c'est la descente dans la vallée. Il ne reste plus que la montée finale, encore 1100m de D+ à ajouter à ce gros gâteau montagneux.


Le coupe-vent va durer quelques centaines de mètres avant que Dany ne demande un arrêt pour sortir de l'étuve !

Chapitre 6 - le coup de très chaud
Relativement rafraîchi, on attaque suffisamment bien cette dernière ascension pour que Dany me demande de ralentir à deux reprises. Ca ne durera pas : il fait 37 degrés, et après quelques kilomètres, j'alterne entre les côtés droit et gauche de la route pour chercher l'ombre, qui finit par disparaître avec les sapins. Je n'ai même plus soif, ce qui n'est pas en soi un excellent signe...
La fin sera donc particulièrement jouissive, entre tête dans les fontaines, monogourde alternativement bue et transformée en douche de fortune, crampes, et kilomètres interminables. Heureusement, mon chameau de père semble grimper sans souffrir, je l'ai en ligne de mire, certain qu'on ira au bout.

Epilogue - 107 ans de Boulanger à l'arrivée
Et effectivement, après 8h45 de selle, c'est donc un excellent moment que cette arrivée père fils : les 2 générations de Boulanger sont finishers. Dany Boy est plus que content, il sourit à pleines dents. Moi aussi. :-)



Grillés comme des sardines
Dany's personal guinness book

Le contrat est donc pleinement rempli : des paysages magnifiques, de belles difficultés, ce qu'il faut de souffrance pour se forger des souvenirs, et l'envie commune d'y retourner l'année prochaine. Nous aurons 109 ans certes, mais les enfants auront grandi - un peu, et la forme n'en sera que meilleure ! ;-)
Quelques annexes...
Un des reportages de France 3 : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie/savoie-l-etape-du-tour-une-aventure-humaine-inoubliable-773243.html
Dany Boy dans Strava : https://www.strava.com/athletes/8725594
Le site de l'EDT : http://www.letapedutour.com



jeudi 25 décembre 2014

A l'année prochaine !



L’année 2014 s’achève, l’occasion de revenir sur une belle saison de vélo :


  • 8000 km et 88 000 m de D+ (18 Monts Blancs dans l'unité de mesure du Hobbit ;-))
  •  4 belles cyclosportives :
    • L’Etape du Tour, 150 km, 3600 D+, en 7h05min, avec une belle place à l’arrivée pour mon petit niveau,
    • Les 3 Ballons Master, 218 km, 4300 D+, en 9h15min, l’épreuve où j’aurais pris le plus de plaisir sur le vélo,
    • La Vosgienne 160, 160km, 3250 D+, en 7h01min, la course de trop en septembre ;-)
    • La Petite Route Verte, 106 km, 1250 D+ en 3h49min, avec 3 crevaisons en début de saison.
  • Une super semaine de montagne avec le Hobbit :
    • Enduro « soft » dans des décors enchanteurs
    • Et l’ascension en duo du col du Petit Saint Bernard (qui d’ailleurs m’amène à 63 cols gravis dont 3 > 2000 m alt.)
  • Le parcours en intégralité de la Route des Crêtes dans les Vosges du Sud au Nord avec Dany
  • L’aventuredu rePoc, 120 km de VTT de Frouard à Volmerange via le GR5, avec une organisation et des copains chacals au top !

Reste maintenant à construire le programme 2015, autour du Périple (Volmerange – Dabo en VTT par les Chacals), de l’Etape du Tour Saint Jean de Maurienne – La Toussuire, et de la Charly Gaul au Luxembourg, en fin de saison (jamais faite et d’excellente réputation).

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !!

mercredi 23 juillet 2014

Riders on the storm, ou l'étape du Tour Pau - Hautacam en videos



Et pour jouer à me retrouver (faut m'avoir vu en photo dans l'article précédent pour avoir une chance) :
Regarder Olivier Boulanger - Etape du Tour 2014

Les séquences videos sont prises un peu large avant et après mon passage, mais celles du Tourmalet permettent bien de découvrir les conditions météo !!

Riders on the storm, ou l'étape du Tour Pau - Hautacam



Mais qu'est-ce donc que l'Etape du Tour, me direz-vous ? Eh bien comme l'explique son propre site, http://www.letapedutour.com, « c'est une épreuve créée en 1993 pour proposer aux cyclistes amateurs de se tester sur le parcours d’une des étapes de montagne au programme du Tour de France ». L’organisateur est d’ailleurs celui du Tour, en l’occurrence ASO.
Cette course est rapidement devenue la référence en matière de cyclosportive, plus de 12000 participants, et 80 nationalités représentées. Et moi j’ai été tenté dès que j’ai eu connaissance du concept ;-).

Cette année, le parcours retenu est celui de la 18ème étape, Pau - Hautacam, avec en vedettes les ascensions du Tourmalet et d'Hautacam.



148 km et 3600m de dénivelée, c'est dense mais pas très difficile sur le papier, moins en tout cas que les 3 ballons courus en juin (218km et 4000m de dénivelée), mais au–delà du dépassement de soi, c’est l’occasion :
  •  de se mesurer à des cyclos du monde entier, sur routes intégralement privatisées,
  • de dépasser les 2000m d’altitude sur le vélo,
  • d’enchaîner 2 cols hors catégorie et de prendre 1500m de dénivelée d’un bloc dans le Tourmalet,
  • de pédaler dans des paysages grandioses de haute montagne (la suite montrera que ce n’est que pure théorie),
  • d’avoir un prétexte en or pour passer de super vacances dans les Pyrénées et le Pays Cathare (principal argument retenu par mon Momo).

Arrivé sur place la veille, je ne suis pas vraiment rassuré. En effet, la route a été longue (11h en 2 étapes dans les bouchons, vive les vacances en France !), mais surtout l’organisation a envoyé à tous un mail à l’objet peu ambigu, « météo warning ». Et c’est vrai que les orages violents et les fortes pluies sont constamment annoncés depuis quelques jours… Pile pour le dimanche. C’est moche…
Silence maintenant, faut que le vélo se repose !!
Je suis néanmoins présent dans mon sas le D-Day, prêt à partir dans les temps, mon Momo m’ayant déposé à 2 km du départ et même rejoint sur la ligne. J’ai fait le choix – après moultes hésitations – de partir en veste thermique et gants en néoprène, et je suis visiblement le seul, sous un soleil finalement assez présent à 7h du mat’. Le doute m’assaille, mais plus de possibilité de faire machine arrière.
C'est qui le gros malin qui a pris sa tenue d'hiver ?
10000 participants, c'est beaucoup...
Les départs sont donnés vague par vague, toutes les 12 minutes, par sas de 1000 participants. Je n’ai que le dossard 6746 – ma bonne perf. des 3 ballons n’ayant pas été prise en compte – mais ça n’a que peu d’importance puisque le classement est établi par puce électronique sur le temps réel. Et l’organisation est vraiment impressionnante, c’est dans le respect du timing à la minute prêt que mon sas se vide.
Le départ au goutte à goutte...
Le début de course est assez surprenant : ça part lentement, les pelotons mettent du temps à se former, et une certaine impression de flou domine sur les 70 premiers kilomètres, 2 côtes de 3ème catégorie permettant tout de même de s’échauffer. Voire même de chauffer car contrairement aux prévisions, il fait bon, très bon, et je tente péniblement de survivre en ouvrant grand ma veste, gants dans les poches… Mais ça ne suffit pas vraiment, je transpire toute mon eau, et en 50 km j’ai déjà pratiquement vidé mes deux gourdes. Bref, je commence à regretter sérieusement mon choix de tenue, mais la suite me rassurera bientôt !
Fait chaud !!!

En effet, dès Bagnères de Bigorre, les 1ères gouttes de la journée tombent. Et à mon grand plaisir – du moins dans un 1er temps, après, comme pour toutes les bonnes choses, on se lasse – ça ne fera qu’empirer. Les 1ères rampes du Tourmalet se fondent sous un léger crachin, mais dès que la route se relève à Sainte Marie de Campan, le ciel nous tombe sur la tête. Des trombes d’eau qui ne nous quitteront plus jusqu’au pied d’Hautacam.

Sur un plan purement sportif, qu’en dire ? Que le Tourmalet c’est un col hors catégorie, long et assez pentu (17 km à 7,3%), avec une première partie plutôt tranquille, et 8 deniers kilomètres au-dessus de 9%.

Mais la pente ayant le bon goût d’être régulière, ça passe vraiment bien en rythme, au milieu de rangées interrompues de camping-cars attendant déjà les pros avec 5 jours d’avance (ne jugeons pas, ils ont la gentillesse malgré le froid de nous encourager assez bruyamment !) !
Fait plus chaud du tout...
L'alimentation, c'est important, par tous les temps... ;-)

On prend quelques secondes pour le selfie tout pourri au sommet...

J’arrive donc au sommet avec quelques minutes d’avance sur mes prévisions malgré les aléas météo, un petit selfie avec le géant derrière, et c’est partie pour la descente. Eh bien celle-là, elle ne fera pas monter la moyenne : 6°C, des bourrasques, de la flotte à n’en plus finir, une visibilité parfois limite, bref, c’est du 25, 30, 35 km/h max pendant… …longtemps… Merci aux bénévoles hyper-nombreux qui veillent partout où il y a danger, frigorifiés eux aussi. Et que dire des pauvres concurrents qui ont prévu un simple micro coupe-vent (et qui gelaient déjà sous les paravalanches dans la fin de l’ascension !)… Quant aux paysages grandioses, on n’en voit absolument rien. Le sport à l’état brut ;-).

Bref, c’est relativement décimés que nous arrivons dans la vallée et au pied de la dernière grosse difficulté. Le soleil est de retour, il fait chaud à nouveau, et la foule est vraiment dense et bruyante dès le virage à droite qui lance l’ascension. C’est presque grisant. Mais pas autant que d’être surpris d’entendre son Momo crier « allez Doudou » dans la 1ère rampe. Me voilà boosté pour attaquer les 14 derniers km à presque 8% de moyenne.
L'entame d'Hautacam, seul moment de répit météorologique...
Hautacam, c’est tout en ruptures de pente. Impossible de trouver un rythme, on alterne entre pourcentages plus doux et véritables murs. Impossible d’en garder, il faut y aller « à l’arrache ». Et au moment où je commence à surchauffer à nouveau (si vous avez suivi, on a retrouvé le soleil au pied d’Hautacam ;-)), la pluie fait son come-back.
A l'attaque dans Hautacam
Un déluge à nouveau. La température retombe à 8°C. Décidemment, je suis béni des dieux. Les derniers kilomètres n’en seront que plus épiques, serpentant à nouveau entre les caravanes agglutinées. Je coupe la ligne d’arrivée avec un temps de 7h05 d’après mon Garmin. Ca me semble immédiatement très honnête, mais pas le temps de se reposer sur ses lauriers, il faut encore redescendre au village arrivée avant d’être définitivement congelé !

C’est de retour à l’hôtel que j’aurai donc les résultats définitifs :
  • 12000 inscrits,
  • 10000 partants (2000 raisonnables ayant préféré ne pas affronter la météo !),
  • 8453 finishers (dont les derniers en près de 12h !!!),
  • Et je termine donc 2933ème, vraiment satisfait du résultat !

Espérons que le tour jeudi aura meilleur temps !!