jeudi 8 septembre 2016

Le Col de la Madeleine vu par OBO

Quand j’ai su qu’on allait se retrouver avec Dub’ alias le Hobbit à Valmorel, j’ai immédiatement regardé ce qu’on pourrait se grimper de sympa dans les environs.
Pas de gros dilemme concernant le choix : à portée de roue, un HC (comprendre Hors Catégorie), la Madeleine, gravis 25 fois par le TDF (comprendre Tour de France ;-))
Un HC, c’est forcément un peu de boulot à monter, plus en tout cas que le looooong Petit Saint Bernard de notre dernière sortie route commune, mais quitte à faire dans le costaud, celui-ci est idéal pour initier notre chacal tout terrain : peu de km à fort pourcentage (>9 ou 10%), agréablement placés au début dans la forêt (quand on est frais et qu’il fait frais), et à la fin (quand on sait qu’on en termine), et un joli replat de quelques centaines de mètres à mi-parcours.

Ça pique un peu au début, ça repique un peu au milieu, ça rerepique un peu à la fin,, mais entre, c'est très cool...


Je n’ai donc pas de gros doute sur le fait que mon compère VTTiste arrive en haut sans souci. Comme je le dis à longueur de temps, ce qui fait la difficulté, ce n’est pas le parcours, mais le rythme qu’on s’impose.


De mon côté, en vieux briscard des montagnes (ce sera mon 107ème col, faut vraiment que je pense à demander la médaille au club des 100 cols ;-)), et tenant compte de la puissance à laquelle on avait monté le Petit St Bernard, j’estime le temps d’ascension à 2h30 pour les 26 km.

Du sien, il se pose bon nombre de questions, toutes plus légitimes les unes que les autres, qu’il vous détaillera peut-être dans son propre post ; il achète une monture parfaitement assortie à son maillot (et accessoirement de qualité) ; il se teste sur les bosses des environs de Volmerange (au nord des Alpes du nord, donc) ; il se fait replacer le genou ; et surtout il conçoit et produit un fichier excel détaillant le profil à faire rougir les petits gars de googlemap. Rien n'est laissé au hasard...


Bref, le jour J, après quelques péripéties classiquement chacaliennes (difficulté à sortir la voiture du club, oubli du GPS, etc.), nous voilà à pied d’œuvre aux alentours des 9h30. Quelques kilomètres de plaine pour s’échauffer, une pause pipi et c’est parti.

C'est cadré un peu trop serré : sur le plan large on verrait le Hobbit urinant de joie à l'idée d'escalader le monstre. Dommage...

Même si l’objectif est de monter tranquillou, les %ages du début imposent d’appuyer un peu, mais globalement ça passe facilement. Les premiers kilomètres ne sont pas hyper excitants, puisque parcourus dans la forêt avec peu de points de vue sur la vallée, mais assez rapidement, on arrive dans des zones plus dégagées. Notre Hobbit, parfaitement concentré sur son rythme, se refuse à accélérer pour prendre la roue d’un cycliste à peine plus rapide que nous (bon, il lui fait croire quand même au passage qu’on en est déjà à notre 2ème montée), s’alimente, s’hydrate, il est au top.


Après coup, en revoyant les photos, je me demande si il n'y a pas eu intervention divine et miracle dans la réussite du Hobbit...


Quant à moi je suis parfaitement sage, peut-être une ou deux accélérations pour dégourdir les jambes, mais rien qui puisse mettre un grain de sable dans l’engrenage.
 
  
  


Nul besoin de faire durer le suspense, puisque « comme prévu », et profitant des paysages des alpages qui se découvrent de lacets en lacets, on débouche au sommet sans avoir dû faire la moindre pause… …et en 2h27 ;-p


C'est pas chouette un Hobbit qui ondule du boule sur fond de Mont Blanc ?

Au sommet (c'est marqué dessus).

Il faudra faire plus pour atteindre les limites du Hobbit....
...Redescendre par exemple ! ;-p

Parce qu’après quelques virages pris à rythme modéré, je me retourne, et… …personne… Ah si, un gars un peu en dedans, qui arrive plutôt lentement. Les freins sont sans doute trop loin, le dos fait sans doute trop mal, mais quand même, pour un enduriste, ça ne va pas bien vite : décidément, si le routard ne fait pas le VTTiste en descente, la réciproque semble assez vraie !
Je vous passe les détails sur le retour hors délai par rapport à nos prévisions, la rando de l’après-midi annulée en conséquence… Il en reste une bien belle sortie, qui amène à se poser la question suivante : quel objectif notre Hobbit peut-il maintenant se fixer ?
Un enchaînement de cols ? Une première cyclosportive lui ouvrant les portes d’une étape du tour à terme (faudrait l'accompagner, il est un peu timide) ? Passer les barres des 100 et 200 km (pour ça il y a la Guy Cividin 2017) ? Atteindre son graal, le sommet de l’Alpe d’Huez (qui ne sera pas plus compliqué, non, non ;-)) ? Suspens !!
PS : 3 jours plus tard, on grimpait ensemble la montée du Valmo, HC aussi, comme une lettre à la poste également pour le Hobbit !

jeudi 14 juillet 2016

L'Etape du Tour 2016 en famille : chacals pas dans Joux-Plane (ouf !) ^^




Au-delà du jeu de mots particulièrement mauvais cette année, et pour ceux qui ne seraient pas des lecteurs assidus de ce merveilleux blog de vélo (honte à eux), commençons par un rappel du concept : l'Etape du Tour est une cyclosportive organisée par ASO (oui, oui, le ASO du TDF) qui permet à 15000 amateurs de courir l'étape reine du Tour de France quelques jours avant le peloton pro. 

Après Pau - Hautacam via le Tourmalet en 2014, et Saint Jean de Maurienne - La Toussuire via le Chaussy, le Glandon et la Croix de Fer en 2015, nous avons décidé de remettre le couvert avec mon Dany Boy de père pour le Megève - Morzine de cette année : 140 km empruntant les cols des Aravis(2ème cat.), de la Colombière (1ère cat.), de la Ramaz (1ère cat.), et la terrible montée de Joux-Plane (HC). L'idée étant comme l'année dernière de partir ensemble, de rouler ensemble, et d'arriver ensemble : pas de chacun pour soi en famille !!


La forme est là (testée communément dans les Vosges, et individuellement à l'Alsacienne) et la météo s'annonce clémente lorsque nous apprenons quelques jours avant le D-day que l'épreuve sera amputée du Col de la Ramaz, la route étant menacée d'éboulement (concernant les pros, la décision est reportée à 48h avant leur passage). Ce qui allège significativement le programme, à notre (ma ?) petite déception. L'organisation propose en compensation de se faire le plaisir d'une montée sur Avoriaz après l'arrivée à Morzine, ce qui ne déchaîne pas notre enthousiasme (d'ailleurs sur place, nous constaterons qu'aucune indication ne permet de poursuivre son parcours facilement, passée la ligne d'arrivée, peu de coureurs ont dû y mettre les roues !).

Après mûre réflexion, nous décidons qu'il est raisonnable d'enrichir l'étape du tronçon col de Châtillon - montée sur Megève la veille, et de la montée sur les Gets le jour même, ce qui permet de laisser une voiture à Taninges pour rentrer facilement après l'épreuve. Et nous amène à 170km et 3500D+ sur les 48h, et même à plus de 200km et 4200D+ pour le doyen des Chacals qui a ajouté à son programme le col des Saisies la journée précédente. Un bon WE montagneux en perspective !

"notre" Etape du Tour

Etant logés sur Megève même avec supportrices et enfant, il est particulièrement facile d'être à l'heure dans notre sas situé à 2 minutes à vélo de l'appartement. Les 12000 collègues présents ne nous gênent en rien !

Photo de Stéph Regnaluob.

Tiens, un collègue de l'Alsacienne !

8h02, sous le soleil et dans une chaleur bien agréable (je n'aborderai pas ici l'épineux sujet de la température, ni en intérieur, ni dans Joux-Plane, pour éviter toute polémique familiale), nous passons la ligne de départ en direction des Aravis.


Chacals inside...

L'organisation est peut-être meilleure que l'année dernière, la configuration des lieux plus propice, toujours est-il que les pelotons s'étirent rapidement : peu d'embouteillage et une bonne fluidité du trafic dès les 1ères difficultés, on est loin de la catastrophique EDT 2016, de ses 2 neutralisations, et de son quart d'heure de marche en montagne...

Après une première petite bosse (et les 1ers déraillements de concurrents !), le col des Aravis (6,7 km à 7%) se monte facilement. La route est d'abord ombragée avant de rejoindre les alpages, en proposant de jolis points de vue sur le Mont Blanc. Partis avec 2 gourdes et ce qu'il faut de barres énergétiques, nous poursuivons notre route sans nous arrêter aux ravitaillements, décidés à ne marquer l'arrêt qu'à Samoëns au pied de Joux-Plane. La descente se fait à petit rythme, les collègues autour de nous étant particulièrement prudents (ce sera étrangement le cas tout au long de l'épreuve).

Début du roman photo, je mitraille au portable !
Tranquille Mimile !

Le col de la Colombière, plus long, n'est guère plus difficile... Les 11km et quelques à 6% sont assez roulants, la route se redressant un peu plus sur la fin. On est plutôt d'accord sur le constat : sans aller jusqu'à parler de formalité, ça passe vraiment bien, et devoir enchaîner par la Ramaz ne nous aurait pas vraiment inquiété. Sur ces distances et surtout ces pourcentages, où seuls quelques kilomètres flirtent avec les 8-9%, on peut se caler à son rythme de croisière et gérer tranquillement. J'en profite pour prendre bon nombre de photos, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même !

 

 

Les traversées de villages s'enchaînent, les points de vue sont toujours nombreux et magnifiques, et ce qui ne gâche rien, les nombreux spectateurs nous encouragent. On en accélérerait presque !




Mais il faut rester concentré : Joux-Plane nous attend après une grosse 40aine de kilomètres de plaine. Et il y a moyen de perdre de l'énergie dans ce long faux plat, au milieu de groupes totalement désorganisés (comme toujours sur l'EDT ?). D'ailleurs Dany m'alerte sur un début de crampe, et un rythme cardiaque supérieur à celui qu'il avait dans les grimpées des 2 1ers cols (impossible que cela vienne de la chaleur, et de toute façon nous ne disposons d'aucune information fiable sur la météo, mais n'entrons définitivement pas dans ce débat !).

Nous nous arrêtons comme prévu à Samoëns, occasion de confirmer la bonne impression sur l'organisation. Là où l'année dernière il fallait se battre pour accéder aux ravitaillements, c'est bien mieux : il y a de quoi garer son vélo, rien n'empiète sur la chaussée pour ceux qui poursuivent leur route, la quantité et la qualité sont là avec des produits régionaux, etc.
Quelques nouvelles envoyées aux supportrices, un peu de suivi live Facebook, et c'est parti pour le gros morceau du jour.

Et là, comme dit Dany, on n'a plus envie de chanter. 11km à 9% de moyenne, les 5 derniers toujours au dessus de 9,5, avec une belle irrégularité pour bien empêcher chacun de trouver son rythme, c'est du bonheur. Avec, à 12h30, une superbe exposition plein sud, un jour d'été de grand soleil. Magnifique.

Dès les 1ères rampes il faut se frayer un chemin entre les marcheurs et les rouleurs en perdition dans un silence de cathédrale (qui m'amènera à crier "c'est bien silencieux par ici" ;-)), et les kilomètres défilent lentement.


On va le faire !

A mi-montée, je propose à Dany de faire une petite pause pour faire redescendre prudemment son cardio, ce qu'il accepte bien volontiers.

On prend l'intérieur pour photographier Dany sur fond de Mont Blanc !

Arrivée au Col

Une deuxième suivra pour assurer le coup à 2 km du sommet. En haut, la vue est magnifique, et pensant que le chronométrage s'y arrête, nous prenons du temps pour boire, prendre quelques photos, et admirer le paysage. 
Je constaterai après coup que contrairement aux infos de mon velo101 préféré, relayées sur les réseaux sociaux, la descente n'a pas été neutralisée et fait partie de la course. Décidément, la communication n'est pas le fort d'ASO...


Reste donc à dévaler sur Morzine, où nous arrivons après 5h55 d'effort (27ème / 173 dans sa catégorie, le Dany, pause superflue incluse ! ;-)), la main dans la main. Là encore, l'organisation me semble en nette amélioration, avec des parkings à vélos bien situés, et une pasta party complète et bien gérée (sympa et bien plus pratique qu'un plateau, la besace !).

On peut profiter d'un vrai repas avant de décrasser tranquillement en remontant sur les Gets. Bref, une bien belle journée, en binôme, et au-delà dans une ambiance internationale conviviale, et avec la rencontre surprise de Pierre Villemin, de Cyclosportivement ;-).

Photo de Olivier Boulanger.

La suite ? 2 petites semaines à Valmorel qui devraient permettre de monter la Madeleine avec le 3ème Chacals routardovttiste, le retour du VTT justement fin août pour deux belles randos à domicile.
Et dès novembre, il faudra réfléchir au périple alpin 2017. L'EDT se tiendra sans doute dans les Pyrénées, mais les possibilités restent nombreuses : une marmotte (sur 1 ou 2 jours) ? Un BRA ? Une Arvan Villards ? Suspens !

La trace : EDT 2016 - Megève - Morzine
Le petit complément, montée sur Megève et retour sur les Gets
Le Relive, en attendant la vidéo officielle by Dany Boy : https://www.relive.cc/view/636254838

mercredi 29 juin 2016

L'Alsacienne, 1ère !




Nouvelle épreuve du Nord-Est de la France, l’Alsacienne est une cyclo qui a immédiatement su donner envie : un très beau site officiel (www.alsacienne.org), une présence et une vraie animation sur les réseaux sociaux (www.facebook.com/alsaciennecyclosportive), et surtout 3 parcours exigeants (102/2700D+, 137/3800D+ et 179/4500D+), avec la possibilité de modifier son choix après l'inscription.
Pas étonnant qu’elle ait affiché complet avant la date théorique de clôture des inscriptions (limitées à 1500 pour cette première édition).

Les 3 parcours en image...
Je me suis inscrit sur le 137 km, l’intrépide. L’idée initiale était d’en faire une répétition de l’étape du tour avec mon papa, mais pour des raisons d’emploi du temps, c’est seul que j’y suis allé.

Avant même la course, le contact avec l’organisation est top. C’est bien simple, on a le sentiment que l’équipe d’organisation a pris le mieux de ce qui se fait ailleurs :
  • Un village départ, avec repas et concert la veille,
  • Un vrai sac coureur, avec des spécialités locales, du pain d’épices au pinot,
  • Un dossard personnalisé avec surnom, des stickers casques pour être repéré par les photographes,
  • Le plan du parcours en sticker cadre,
  • Un petit déjeuner servi sur place le matin…

Pas grand-chose à envier à l’EDT, pour un tarif divisé par 2 !

En outre, les bénévoles sont hyper accueillants, l’accès aux parkings bien fléché, que du bon.

A 7h15, je suis au départ, liveTrack garmin enclenché (il ne fonctionnera pas !), pour la surprenante bénédiction du peloton par le curé local, VTTiste régulier.

La traditionnelle au départ...
Les poils officiels de l'Alsacienne !

Le départ est donné à l’heure, et sous un ciel plutôt ensoleillé, même s’il fait frais (entre 20 degrés en plaine, moins de 10 sur les sommets), nous partons en direction du Grand Ballon. Une dizaine de km pour s’échauffer, en traversant les villages proches. Occasion de souligner la seule faille de l’organisation : les îlots centraux ne sont pas très bien signalés par les patrouilleurs, ça aurait pu être un peu dangereux !

Par Wattwiller, l’ascension du Grand Ballon se fait en 3 temps : 9 1ers km à 6%, puis une redescente sur le col Amic, avant la montée finale de 7 km à 8%. Les jambes sont ok, je suis à plus de 900m/h en vitesse ascensionnelle, à mon niveau.

Sommet du GB

J’arrive à accrocher un groupe au sommet pour dérouler jusqu’au Markstein par la route des crêtes, puis dans la vallée jusqu’au col de Bannstein (2 km à 5%) et à celui du Firstplan (6km à 6%), mon 99ème col gravi à vélo (je me rapproche fort des http://www.centcols.org ;-p)…

Toujours 24km/h de moyenne à ce stade, après 70km et 1700D+, on a en fait passé la partie « roulante » du parcours.

Un peu à l'attaque quand même le gars ;-)

Car la suite est horrible, avec l’enchaînement du Petit Ballon et du Platzerwasel : 2 montées successives de 9km à 8% puis 9km à 7%, seulement séparée d’une descente tortueuse et gravillonnée.

L’irrégularité de la 1ère (avec 4 km à plus de 10%) combinée aux longues lignes droite de la seconde donne un cocktail assez détonnant, et les avions de chasse du grand parcours me rattrapant à ce moment renforce mon impression d’être scotché au bitume. D’autant que si les ravitos sont de bonne qualité, et qu’on attaque ce petit morceau de bravoure le ventre plein, j’ai un peu trop forcé sur le sucré : les sensations ne sont absolument plus géniales.

Arrivé au sommet, mon genou gauche se met à frotter à chaque tour de pédalier (sans doute suis-je passé trop en force…). A bonne cadence, ça lance à l'intérieur, plus en force, c'est douloureux à l'extérieur.

Je ne suis pas dans l'inconnue, puisque ça me rappelle instantanément un gros bobo au ménisque qui m'avait fait souffrir un été pendant feue ma glorieuse carrière d'alpiniste, mais avec l'étape du tour dans 10j, être contraint de pédaler "blessé" pendant encore une 20aine de km, ça ne met pas en joie. Et l'EDT étant cette année encore une course en binôme avec mon papa, je ne fais pas mal qu'à moi !

Vous avez dit ravito ?

Heureusement, la fin du parcours est plus roulante à nouveau, et peut être effectuée sans appuyer : après un nouveau ravitaillement au Markstein, on remonte sur le Grand Ballon (avec quelques gouttes, Vosges obligent !), puis au Vieil Armand, avant de replonger dans la vallée.

Comme un grincement de genou dans le Vieil Armand...

La course se termine par un dernier gros km en côte, à plus de 10% : on sait qu’on en finit avec une cyclo de montagne !


Et on est bien accueilli à l'arrivée, avec un speaker qui donne nom et classement scratch quand on coupe la ligne : bravo OBO, pour cette magnifique 210ème place. Je prends, après 137km et 3800D+, ça fait toujours plaisir !


Ne reste plus qu’à trinquer au Pinot, et à soigner ce fichu genou (ou l'inverse !) pour que le souvenir de ce beau chantier reste positif. L'envie de se frotter à l'Indomptable l'an prochain est déjà bien présente !!


PS : à l'instant où j'écris ces lignes, le genou va mieux (testé sur 15km de plat) - les anti-inflammatoires aident sans doute ! - ce que devrait confirmer une petite IRM de contrôle. Ouf !

jeudi 19 mai 2016

Les Crapauds 2016 à travers les yeux du Hobbit

Nous l'attendions depuis si longtemps, le week-end des Crapauds est enfin arrivé. Laissez-moi vous le compter depuis l'intérieur, mais avec un certain parti-pris : le mien.  Si jamais mes comparses avaient envie de faire leur propre article, ou simplement de raconter par exemple leur ride de nuit, ou leur vision du camp, je pourrais l'intégrer dans ce post, ça ferait des changements de points de vue très intéressant. Avis aux amateurs ! Car même si les Crapauds c'est avant tout une expérience d'équipe, quand tu te retrouves à rouler seul sous 2 degrés à 3h du matin, le ressenti est franchement personnel. Mais commençons par le début...

Pour moi, le week-end des Crapauds a commencé vendredi soir. Lise étant de sortie ce soir-là, Faby m'a gentiment hébergé chez lui, afin que nous commencions dès le soir même l'esprit Crapauds, et également pour optimiser notre départ du lendemain pour aller chez Dorian qui nous recevait pour le petit déj'. J'avais prévu une bouteille de Gin pour ce soir-là, mais Faby, et Nathalie en support, m'ont découragé de l'amener. Selon eux, ce n'était pas raisonnable de picoler avant les Crapauds, qui ne sont quand même pas un truc anodin. Personnellement, rouler 15 bornes pour 350 de D+, ça ne m'effraie pas vraiment, mais bon, je suis invité, je ne veux pas contrarier. Je ne prendrai donc pas la bouteille de Gin, et me contenterai de brûler du maïs dans une cocotte en guise de pop-corn.
On prend tout de même un léger apéro (bière), puis un autre, puis du vin, puis de la bière en digestif, et c'est finalement moi qui arrête Faby à 1h30 du mat' quand il voulait en ouvrir une dernière petite. On va se coucher à 2h du matin, en se félicitant d'avoir déjà quasiment chargé toute la voiture (le quasiment voulant dire qu'il y a dedans toutes les affaires de Jean-Yves récupérées le jour même, ainsi que les miennes... Ne reste plus qu'à charger celles du Fab'...), mais en ne se félicitant pas d'avoir encore été faible dans notre duel avec la bouteille.

Plein de chez plein

Levés à 7h30 pour un départ à 8h15, je ne ressens pas de douleur liée à un potentiel excès de la veille. Ouf ! On s'est arrêté à temps. Pendant que Fab finit de préparer ses affaires, je prépare la thermos de café, et on est quasi à l'heure quand on décolle. Incroyable !
Dans la voiture, on se rend compte qu'on est en route pour les Crapauds, et on est fin fous.

Arrivés chez Dorian, on est accueillis par Alicia qui nous a préparés d'excellents pancakes. Benji est déjà là et regarde sur la super télé high quality 4K avec télécommande pleine de boutons des vidéos de DH urbain. Ca fixe l'ambiance de malades de VTT. Le chef arrive en dernier (Bouuuuuuh !!!), mais il est vite excusé quand on voit qu'il a les bras chargés de viennoiseries. Dorian nous prépare un café avec l'une de ses multiples machines, on se tartine les pancakes de nutella et/ou de sirop d'érable, jus de fruits... bref, on fait bombance !!! Les mecs vont rouler pendant 24h, ils prennent des forces à coup d'huile de palme et de gras. Ça c'est de l'équipe, madame !

Le petit déjeuner des champions

On en profite pour fixer l'ordre des tours. Faby sera déguisé donc part premier. Comme on partage la tente, je pars second pour optimiser le dormage. Dorian enchaine pour se laisser la chance de faire plus de tour avant son départ le dimanche matin, puis viendront Benji, Dave, et finalement Jean-Yves qui nous rejoindra en début de soirée.

Une fois que nous avons bien mangé (et pour Benji, "bien" est un très très doux euphémisme), et testé les différents toilettes de la maison de Dorian, nous rejoignons nos voitures pour nous rendre à Rozérieulles. Dorian décide de nous faire visiter les petits villages du coin, et nous le suivons joyeusement (apparemment David un peu moins joyeusement que les autres, mais c'est normal pour un chef de contester les choix de route de ses subordonnés).

Il y a un peu la queue quand on arrive en haut du plateau. C'est-à-dire que si toutes les 600 équipes sont venues comme nous avec 4 voitures, c'est sûr que ça fait du monde à caser. On atteint néanmoins notre emplacement assez tôt, Dorian ayant eu la bonne idée de le choisir assez proche de l'entrée. Il est parfait (l'emplacement, pas Dodo): assez grand (ça marche aussi pour Dorian), quasiment à plat (hummm... un peu trop de bière quand même), et à côté d'une grande antenne qui peut servir de point de repère (non, là vraiment aucun rapport avec notre pompier) pour les personnes qui cherchent à nous rejoindre.

On largue les affaires des voitures, on gare la caisse du Fab qui reste sur place, et on commence à monter le camp dans une joyeuse ambiance. Bon, pour être honnête, je devrais dire un copieux bordel. On n'est pas là depuis 10 minutes qu'il y a des affaires partout.


Avant de monter la tonnelle, c'est n'imp


Après avoir monté la tonnelle, c'est pas mieux

Je jalouse immédiatement les voisins qui possèdent un van de maboule, avec chambre rétractable sur le toit, et qui y ont installé une PerfectDraft. Bon, nous on a plein de bières spéciales, on se passera de tireuse allégrement. Mais par contre, le van ça a quand même l'air bien cool et méga confortable.

Je veux ! Je veux ! Je veux !

Une fois le camp vaguement installé, c'est-à-dire qu'on a mis en place la petite tonnelle et la grosse tonnelle, on décide très vite de manger. Parce que mine de rien, le petit déjeuner était copieux mais il est déjà loin. Saucisses, merguez et petits légumes (délicieux) préparés par Benji, le tout arrosé de bière, on sent qu'on est vraiment venus faire du sport. On rate le briefing qui aurait pu nous être très utile pour savoir, en vrac:
  • l'heure de rendez-vous pour le départ
  • le fait qu'on dispose de bons pour une soupe et pour un café
  • qu'il ne faut pas descendre les escaliers sur son bike
  • qu'il ne faut pas rouler entre les escaliers mais pousser le bike
  • où sont les douches
  • où fait-on la vaisselle
  • plein d'autres infos qui auraient pu être utile, et qui en même temps n'étaient pas primordiale puisqu'on s'en est malgré tout sorti
En interrogeant les voisins, on apprend que le tour est censé faire 12 km pour 450 de D+. Ok, on a droit au worse case scenarios : beaucoup de D+ répartis sur peu de bornes. Ça va tirer les pattes.

Lorsqu'on finit de manger, on se rend compte qu'il y a quand même plein de monde avec des vélos qui se rendent vers un point précis. On en conclut qu'il serait temps de se rendre au départ. Du coup Faby revêtit son magnifique déguisement de clown effrayant (car chaque participant au premier tour DOIT être déguisé), et nous nous rendons au point de départ

"Ça" fait peur !

Le départ se fait façon 24 du Mans moto. On est classé par ordre de dossards (nous : 199), un équipier tiens le vélo, et les concurrents sont à une trentaine de mètres. Quand le départ est lancé, les concurrents accourent, chevauchent leurs montures, et partent comme des dératés. J'essaie de filmer avec mon iphone, mais je perds vite le Fab, qui apparait finalement derrière moi. Il saisit son vélo et file à toute allure dans la masse mouvante des cyclistes déguisés. Les Crapauds 2016 sont lancés.

Je retrouve les autres et nous regagnons notre camp. Je suis le prochain à rouler, et je sens que la pression commencer à monter. On a beau ne pas jouer la gagne, on se prend tous tout de même au jeu et on veut donner le meilleur de nous-même. Conscient que le premier tour est celui où je serai le plus frais, je veux donner beaucoup dans celui-ci pour faire au moins un beau temps.

Je me rends moins d'une heure après le départ dans la zone de relais. On ne sait jamais, si le Fab a performé, je dois être prêt. Je croise Pierre, un ancien collègue du PE qui est bénévole dans l'organisation des Crapauds, qui me conseille de ne pas partir trop fort. Le tour est fait en trois boucles, et la première est la seule qui peut te donner du répit, bien qu'elle t'incite constamment à relancer tant elle est joueuse et parsemée de "coup de culs". J'ai beau lui faire confiance, je sais que je ne l'écouterai pas et que je partirai à fond.

Les premiers concurrents passent déjà les relais, et je guette tous les passages pour apercevoir Faby. Les premiers à passer ont tous des dossards inférieurs à 200. Logique, dans les single tracks, si un coureur bloque parce qu'il a peur de la descente, il coince tout le monde derrière. Etre aux premiers rangs aide clairement dans ce premier tour. Fab n'a pas pris un excellent départ du fait qu'on ait arrivé tard et que les autres candidats ne nous ont pas laissé nous inséré, on a été en deuxième voire troisième épaisseur, mais il était clairement dans la première moitié.

Les minutes et les concurrents passent, je ne vois toujours pas poindre le museau d'un Chacal Vert. Je discute avec les autres autour de moi, et on se marre tous ensemble. Un gars arrive pour passer le relais mais ne trouve pas son partenaire. "Fabrice !!!" crie-t-il plusieurs fois. Du coup, on l'aide, et tout le monde se met à brailler "FABRIIIICE !!!". C'est bon enfant, et quand le Fabrice en question se pointera finalement, c'est l'ovation générale.

Le mien de Fabrice apparaitra après prêt d'une heure d'attente. Le premier tour est plus long que les autres, et avec les bouchons, il lui aura fallu 1h42 (à confirmer) pour le boucler. Il me passe le badge et m'indique de ne pas rouler à vélo entre les passerelles (il a appris la règle du briefing par l'essai-erreur). J'ai juste le temps de faire coucou à Mathieu et Diane que j'aperçois prêt de la passerelle, et je file pour mon premier tour.

Couvre toi, petit clown gitan qui fait peur !


Comme prévu, j'envoie à fond dès le départ. On est passé par ce chemin lors de la reco, du coup je me sens à l'aise et double tout concurrent un poil trop lent, quitte à forcer un peu ma vitesse. Très vite, je me retrouve à 180 pulsations par minute sur le plat, et je comprends qu'il va falloir que je me calme si je veux aller au bout. La première boucle est en effet très joueuse. Beaucoup de petites descentes, suivies de petits raidards caillouteux, un peu de dévers, du technique mais pas trop flippant. Je m'amuse beaucoup.

A l'entame de la deuxième boucle, je sens que j'ai déjà consommé pas mal d'énergie. Celle-ci débute par pas mal de descentes fun, notamment celle du grand S que nous avions pris en reco, mais à l'envers. Je m'amuse bien dans celle-ci. Je m'inquiète cependant, car j'ai déjà 5 km au compteur (sur les 12 annoncés) pour 100 m de D+ (pour 450 annoncés). Ça veut dire que le pourcentage des montées sur les autres boucles va être méchant !!! Le point positif, c'est que cela vaudra aussi pour les descentes.

Lorsqu'on sort du grand S, on rejoint une route et je reconnais l'endroit. On va arriver à proximité d'un terrain de tennis, et là nous attend une monté raide et longue assez atroce. Le Nain, qu'elle s'appelle. C'est typiquement le genre de montée qui te casse les pattes de derrière: c'est raide, ça serpente donc tu vois à quel point ça continue à monter après ta section, et une fois que tu crois que c'est fini car le paysage change un peu, en fait il y en encore une bonne louchasse. A nouveau, je nous félicite d'avoir fait la reco, car ça me permet de me caler sur un rythme très raisonnable. Ceci étant dit, je n'aurais pas pu aller beaucoup plus vite. J'envoie ma chaine sur les 42 dents du grand pignon, je pose mon cul sur la selle, et je presse les pédales au rythme le plus lent possible pour avancer. Plus lent, je recule. Néanmoins, petit à petit, je rejoins le sommet. Je suis content de tout passer sur le vélo, ce qui ne sera pas le cas plus loin lorsqu'on arrive sur un truc encore plus raide et parsemé de caillasses. Heureusement, ce n'est pas très long, mais en tout cas, c'est à pied. A peine un dixième des coureurs doit passer ce truc sur le biclou.

Dans cette boucle on a également quelques petites descentes pas mal du tout. Certaines d'entre elles m'ont bien fait vibrer, et même si sur les 3 tours que j'aurais faits sur le week-end je les aurais toutes passées au moins une fois sur le vélo, je n'ai pas pu tout faire sur ce premier tour. Il faut dire que quand un mec fait un soleil juste devant toi, ça calme, et vaut mieux ne pas essayer de sauter au-dessus.

Sur la fin de boucle, j'entends un bruit de claquement, puis un cliquetis à chaque tour de roue. J'imagine que j'ai chopé une branchette qui est restée coincée. En fait, c'est un rayon qui a explosé, et qui fait n’imp dans ma roue. J'essaie de le coincer rapidos, et je reprends mon chemin. C'est chiant, mais j'ai un super tour à faire moi. Sauf que je commence à me sentir vraiment cramé, et il reste encore une boucle.

On finit la boucle 2 en remontant vers le camp, et on entame la suivante en passant sous le chapiteau, entre la scène et le public. C'est fun, mais comme on se tape un vieux raidard caillouteux juste avant, t'es tout sec en passant et tu as beau vouloir faire le cake, le public encourageant voit bien que t'as plus de jus.

Ca enchaine sur de la descente, à nouveau technique et fun, avec des petits toboggans que tu peux utiliser pour bien remonter après. Je me lance dedans et l'amusement me redonne du jus.
On enchaine sur une longue monté pas trop pentue (entendez par là que ça grimpe, mais pas à un pourcentage infernal). Pareil, on l'avait repéré lors de la reco, donc je me sens en terrain connu. Je me cale sur un bon rythme (même pas sur le 42 dents) et j'essaie de pédaler à bonne cadence, mais sans trop me cramer car je ne sais pas ce qu'il vient après. J'aurais peut-être (assurément) du démarrer dans cet esprit. Une fois la longue montée passée, on se réengouffre dans le bois, et dans un raidard, je sens que le rayon baladeur se bloque dans le dérailleur. Je n’ai pas le choix, il faut opérer : ce sera une amputation. Je suis contraint de m'arrêter, d'extraire ma pince de mon sac à dos (ouf que j'ai décidé de la prendre malgré son poids !!!) et de couper le rayon qui a désormais une très sale trogne. Il résiste en plus le bougre, mais finit par céder. Je le fourre dans le sac, ainsi que la pince, et me relance dans la côté. Ça m'a un peu coupé les jambes, mais la sensation désagréable passe vite.

Je suis soulagé et heureux quand je vois l'escalier indiquant la fin de tour. Enfin, j'espère chaleureusement qu'il s'agit bien de cet escalier et que ce n'est pas un leurre… C'est bien celui-ci.
Je pointe, passe le badge à Dorian en lui conseillant de ne pas trop avoiner au début (pourquoi on ne m'a pas donné ce conseil ? ;op), et retrouve Faby et David qui partaient faire la vaisselle. Je leur avoue que j'avais sous-estimé le parcours, et que j'ai franchement dérouillé. Mon GPS m'annonce 12km pour 400m de D+. Ca fait 100m  de D+ pour 3 bornes, c'est pas mal pour du VTT. Surtout quand on sait que 300 m du D+ se font sur les 7 dernières bornes, t'as intérêt à pas faire le fiérot sur les premières. Bref, j'ai eu tout faux. Je suis quand même content car je fais un temps pas trop crade. Je boucle le tour en 1 heure 11 (j'aurais bien aimé faire moins de 1.10, ce qui fit d'ailleurs Dorian juste après). Néanmoins, je me promets de faire moins le débile sur mes prochains tours, et de plus essayer de profiter des bonnes descentes, de m'amuser, plutôt que d'attaquer comme un foufou.

Je rejoins le camp où Florence, Eléonore et Michel nous ont rendu visite. Je leur raconte mon tour, et je pense qu'ils comprennent que ce n'est pas de la tarte, car comme le montre la photo, j'ai l'air content mais complétement rincé.

De retour au camp

Je pose le biclou, chope une bière, et peut commencer à récupérer ;op. La vie de camp commence, avec chips, un peu de bière (pas trop quand même, on va pas rouler pétés non plus) et grosses rigolade. On décide de monter les tentes et d'installer un peu mieux notre camp, et après quelques minutes, les choses semblent presque à des places normales. Et puis très vite, le bordel est revenu. J'ai essayé à plusieurs reprises dans le week-end de déplacer quelques objets pour les regrouper un peu, aménager un peu de place, mais dès qu'une place était libre, d'autres objets venaient aussitôt l'occuper. La nature a horreur du vide, dit-on. J'ai finalement décidé de ne pas trop insister, et me suis contenter de systématiquement ranger mes affaires après utilisation, comme un gros maniaque que je suis.

J'essaie d'apporter ma roue à réparer dans les différents stands de réparation du village, mais personne n'a mon rayon en stock. Moi j'en ai, mais c'est évidemment le seul truc que j'ai oublié chez moi. Damned !!! Il y a même un stand SRAM, la marque de mes roues, mais le gars est venu à poil. C'est un peu dommage.

Pendant ce temps, David prépare des crêpes à nos invités, la Flo et les Lorengs, mais aussi Nathalie Dub, Camille et Romane qui sont arrivés entre temps. Le Chef, on comprend pourquoi il est chef : il sait comment contenter tout le monde. A l'élection du chef pour les prochains Crapauds, moi je vote pour lui.

T'as d'la pâte ? T'as du sucre ?


Dorian revient du tour qu'il a bouclé en 1.09, bien claqué aussi mais ravi. Ce sera le temps scratch de l’équipe, bravo !!!

Matez-moi ces trapèzes !!! (crédit photo : http://www.messinmaisoui.org)

C'est Benji qui enchaine. David ne s'était pas encore complétement préparé quand on voit réapparaitre Benjou 20-30 minutes plus tard. Il nous raconte qu'il s'est retrouvé à plat après 500 mètres, a essayé de regonfler mais a cassé la valve de la chambre, a dû changer de chambre mais a cassé à nouveau la valve (les enquêteurs diront plus tard que sa pompe n'est probablement pas adaptée), et que du coup il ne pouvait plus réparer. Comme il apercevait notre antenne, il a décidé de rentrer réparer au camp.

Ni une ni deux, je me jette sur son vélo pour changer la chambre à air par une neuve, pendant que Dave finit de se préparer. Il décide de remplacer Benji, qui du coup prendra son tour. Du coup je peux réparer tranquillement mais décide d'investiguer sur la cause de la crevaison initiale. L'entaille retrouvée montre clairement un pincement. Benji m'apprend que son pneu venait d'être changé et monté par Dorian, qui n'a donc probablement pas bien vérifié son montage avant de gonfler. La chambre coincée entre le pneu et la gente s'est fait pincée dès le premier choc : c'est l'entaille et la crevaison. Dorian ne me piquera donc pas ma place de mécano.


Benji expliquant son avarie aux journalistes par téléphone

Jean-Yves arrive sur le camp autour de 20h, peu de temps avant son tour finalement. Il décide quand même de se mettre au barbecue, puisque c'est son rôle officiel, et comme il faut bien avouer qu’il n’a pas son pareil, on lui laisse la place bien volontiers. Pas échaudé par son stage de karaté, il prépare le barbec tranquilou. Là, ça commence à être l'effervescence sur le camp. David revient de son tour et est relayé par Benji. Il s'est pris plusieurs gamelles et son vélo a besoin d'un check-up. Parallèlement, on se prépare pour la nuit car le soleil commence à se barrer. Je file un élastique au Fab pour monter sa lampe, j'installe la frontale sur le casque de Jean-Yves avec des riselans pour pas que ça se barre, je réponds aux questions de Faby sur comment mettre son attache de lampe car elle est cassée, je jette un oeil sur le vélo de David, j'explique à Faby comment j'ai fait pour l'attache de Jean-Yves, ma femme nous rejoint sur le camp, Faby me montre comment il compte monter son accroche de lampe sur son casque, j'installe ma Low Gravity M5 sur le vélo de Dorian car ce dernier ne dispose qu'un d'un système très artisanal (mais probablement efficace, avec néanmoins la contrainte de devoir changer de piles en cours de route), je finis par dire à Faby de se démerder avec son attache de lampe, je diagnostique une patte de dérailleur tordue pour David que le Fab redresse, je règle du mieux que je peux pour que ça ne déraille pas et que Dav puisse au moins utiliser les vitesses externes... Bref, soudainement tout s'est accéléré.



Le cuistot


Le mécano

On se retrouve à manger sans Jean-Yves, parti rouler (d'abord sans ses chaussures), les grillades qu'il nous a préparé, sous la tonnelle éclairée par le jeu de lumière de Dorian. J'explique à Lise que je pensais que le temps serait peut-être long sur le camp entre deux tours, mais qu'en fait ça passe hyper vite. On se régale de l'excellente viande commandée par David et magnifiquement cuite par Gros Paquet. C'est de la tuerie. Je me restreints sur la boisson, je roule bientôt.

Il est presque minuit quand on finit de manger, et le feu d'artifice est envoyé dans le ciel noir de Rozérieulles. Il est très chouette, et malgré le froid, on sort pour le regarder. Car oui, le froid est tombé sur nous avec la nuit. Le temps avait été clément jusque-là : globalement ensoleillé, et un peu frais mais très correct. Par contre dès que le soleil s'est barré, ce coquin est emporté la température avec lui. On avoisinera les 0, en tout cas en ressenti, et certains ont gratté les parebrises quand ils ont pris la voiture le matin.

Je reconduis Zouzou à sa voiture, garée à l'autre bout du monde. Je suis content qu'elle soit venue profiter de l'ambiance Crapauds avec nous, je pense que du coup ça la saoulera moins quand je lui raconterai un milliard de fois les mêmes anecdotes. Je retourne au camp où le calme s'est installé. Il reste Faby qui se prépare pour rouler, Benji est parti se doucher, David se repose dans sa tente,  Dorian est en vadrouille. Thierry, un pote de Faby, nous a rejoints. Au bout d'un moment, Fab décide d'aller au relais, et est accompagné par Thierry. Il ne reste que Benji et moi sous la tonnelle et celui-ci décide rapidement d'aller se reposer. Dorian revient du village et m'annonce qu'un concurrent a fait un malaise cardiaque et que les secouristes essaient de le réanimer depuis 45 minutes. Il explique que si c'est suite à un choc, il n'a que peu de chance de revenir. Si c'est un malaise, c'est encore possible, mais qu'après 45 minutes, ça craint quand même. L'ambiance s'est soudainement rafraichie et a rejoint la température. Ca fait bien 1h40 que Jean-Yves est parti. Je m'inquiète un peu, mais bon... Non, ça ne peut pas être lui... Je me dis qu'il est peut-être arrivé, que Fab a pris le relais, et que Jean-Yves a croisé quelqu'un avec qui il discute avant de rentrer. Là arrive Thierry. Faby a entendu parler du malaise cardiaque, et a envoyé Thierry aux nouvelles. On est 1h50 depuis le départ de Gros Paquet, et là je commence vraiment à flipper... Fort heureusement, 5 minutes après, je vois apparaitre une lumière se dirigeant vers notre camp. C'est notre Jean-Yves qui nous rejoint. Je suis si content de le voir ! Ce dernier nous explique qu'il a galéré à mort, que ça glisse, qu'il est tombé 5 fois, qu'il faut être malade pour faire ça, et autres joyeusetés. Il se couvre de vêtements, se fourre prêt du réchaud, refuse bière et viandasse, et se repose enfin.

Je ne suis pas bien sûr d'avoir envie d'aller rouler là. Ca caille, mais alors salement, je commence à être fatigué (il est 1h du mat'), Jean-Yves, qui est loin d'être un manche sur un vélo (il est le premier à avoir descendu la Nickel Chrome, et ceux qui connaissent l'endroit comprendront que quand je dis que c'est pas un manche, c'est un euphémisme) a galéré à mort et chu plusieurs fois, et par-dessus tout ça, un mec est entre la vie et la mort. Ça fait beaucoup pour un petit hobbit loin de sa Comté. Mais je dois le faire pour la fierté du dossard "199".
Notre numéro

Je m'habille vers 01h25. J'ai prévu que Fab mettrait environ 1h20 pour son tour, alors je dois y être pour 01h40 histoire de prendre le relais 5 minutes après environ. Mais une fois que je suis dans mes vêtements de vélos, déjà j'ai moins froid. Ça marche quand même pas mal les vestes et cuissards thermiques. Du coup, je vais direct au relais. Me mettre dans l'ambiance m'aidera à passer mes appréhensions. Je dis à Jean-Yves qui somnole que je mets les clés de la voiture dans la caisse à outil, et je file.

Faby apparait à 1h55, un large sourire sur le visage. Il est content de finir, mais surtout il s'est amusé. Je m'empresse de le questionner sur le terrain : ça glisse ? T'as tout passé sur le biclou ? Il me répond que ça se fait bien et m'encourage à m'amuser. Je décide de lui obéir, et j'oublie au passage de lui dire où trouver les clés.

Lorsque je monte sur le vélo après la passerelle, mes jambes se mettent en route avec cette délicieuse sensation qui me dit qu'elles sont prêtes à pédaler malgré la fatigue. Je décide de ne pas faire le foufou, et sur la première boucle, je profite à fond de l'élan des descentes pour faciliter les montés. Du coup, je suis encore plutôt frais au moment de rejoindre la deuxième boucle. L'ambiance de nuit est propice aux échanges, et je discute brièvement avec des compagnons de passages. En général, je prends leur rythme en montée, et les abandonne à la première descente. Bien-sûr, je me fais dévorer par des avions de chasses dès que ça grimpe, par contre à aucun moment dans le week-end quelqu'un ne m'aura dépassé dans une descente. Il y en a un qui aura essayé. A l'abord d'une petite vicieuse, il me lance un "gauche !" pour m'annoncer qu'il compte me passer par la gauche. Probablement avait-il peur de se faire retarder dans la descente par un gars si peu rapide sur le plat précédent. Il s'entendra répondre un "ouais, t'as raison", et vlan, il ne verra plus que ma lumière rouge de signalisation s'éloigner dans la nuit. Non mais !!! Comme annoncé par le Fab, les descentes sont en effet un peu plus glissantes que de jour, mais tout à fait praticables. Il faut dire que les avoir déjà faites une fois de jour aide carrément à les gérer. Certaines d'entre elles sont néanmoins bouchées : elles sont déjà difficiles à la base pour les moins aguerris à la descente, alors de nuit, ça relève du clavaire pour certains comparses. Je perdrai une bonne poignées de minutes dans le grand S, complétement à l'arrêt.

La monté du Nain sera très lourde psychologiquement. C'est là que le coureur a fait son arrêt cardiaque, et les organisateurs ont réalisé en urgence un détournement pour protéger le lieu où il est peut-être encore entre la vie et la mort. Ca fait réfléchir. Et tu as le temps, dans cette montée interminable, de cogiter sur la vie, ce à quoi elle tient, et sur la rapidité avec laquelle elle peut prendre fin. Alors on ne va pas s'arrêter de vivre par peur de mourir, au contraire, il faut qu'on profite à fond du temps qui nous est donné. C'est dingue comme les différents événements autour de nous en ce moment se liguent pour nous inciter à vivre à fond et à jouir le plus possible de la chance que l'on a. Et ouais, c'est ça qu'il se passe dans ma tête pendant que je monte. Heureusement, la montée se termine et je peux enchainer sur les descentes, où là j'ai besoin de toute ma concentration.

En passant dans le chapiteau, c'est très calme. Quelques personnes sont là, mais ce n'est pas la folle ambiance. Du coup, je lève le bras et lance un faible "ouaiiiiis". Je suis repris par une spectatrice au grand cœur qui m'encouragera chaleureusement. Je lui lance un "Merci public génial !" et m'embarque sur la 3ème boucle.

Là, je commence à sentir qu'il est 3h du mat', et que je commence à être crevé. Dans la longue montée pas trop raide mais monotone, je me rends compte qu'on risque fortement de s'endormir au volant d'une voiture en conduisant quand on est crevé, mais que cela me semble techniquement impossible sur un vélo. Apparemment, pédaler ça tient éveillé. Il faudra peut-être installer un pédalier sur nos bagnoles pour les longs trajets nocturnes. Ouais... j'suis clairement crevé là. Dans mon souvenir, il ne restait quasi rien après la longue monté monotone. Dans mon expérience nocturne, j'ai réalisé qu'il restait quand même pas mal. Comme mon GPS a déconné en début de tour, je ne pouvais même pas me fier à lui pour savoir quand ça allait finir. Alors à nouveau, la vision de la passerelle m'est apparue comme une délivrance. Je mets 1h21 pour boucler ce tour. Pas mal pour une nocturne.

Je rentre au camp passer le badge à Dorian qui s'est mis en "by". Comprenez qu'il somnole en attendant d'intervenir. Il file comme le vent sur son Lapierre, et moi je me prépare à dormir. Enfin, Fab et moi nous préparons, car il a dû m'attendre du fait que Jean-Yves n'avait pas entendu que je lui avais dit où été les clés, et que moi-même avais oublié de le lui dire au moment du relai. Jean-Yves a un peu changé sa position. Il n'est plus allongé sur le banc, mais installé dans le transat' à côté du réchaud. Pas question de s'éloigner à plus de 1 mètre de la source de chaleur. Apparemment, il se les caille sévère.

Je décide d'envoyer un message à Zouzou pour ne pas qu'elle s'inquiète, mais évidemment je tombe à cours de batterie au moment d'appuyer sur "envoyer". Il me faudra fouiller dans mes caisses, à 03h45 du mat', pour trouver mon adaptateur qui permettra de recharger le phone avec la batterie de ma lampe de vélo. Ça prendra 10 minutes avant que je puisse envoyer le fameux message. Je ne regrette pas car Lise m'a appris ensuite qu'elle a vérifié vers 05h et que ça l'a en effet rassurée.

Fab et moi rejoignons notre tente. On s'équipe pour la nuit : plusieurs couches de fringues, 2 sacs de couchage, boule kyès et masque offusquant récupérés lors de vols transatlantiques. Parés à dormir quelques heures. En me contorsionnant pour m'insérer dans mon sac à viande, je déclenche une crampe. On prendra un fou rire quand je demanderai à mon comparse de bien vouloir me tirer la crampe sous la tente.

Une fois installé façon sarcophage, je respire sous mon sac pour y faire remonter la température. Ça se réchauffe assez vite, et je m'endors en peu de temps.

Je me réveille plusieurs fois dans la "nuit". A chaque fois, j'ai le même réflexe : je regarde l'heure, je calcule les relais (donc vers 5h c'est Dav, 6h30 Benji, puis Jean-Yves...), me rends compte que j'ai encore du temps, et me rendors. Vers 08h du mat', je me dis que c'est bientôt le tour du Fab', mais celui-ci en écrase encore sévère à côté de moi. Je décide de me lever. Je réveille Jean-Yves en entrant sous la tonnelle. Je suis surpris de le voir là, il devrait être sur le vélo. Il m'apprend que Dorian a galéré durant la nuit, qu'il a fait une hypo et a vraiment peiné à rejoindre l'arrivée. Apparemment, il a dévoré tout ce qu'il a trouvé sous la tonnelle en rentrant... sauf Jean-Yves. On n'a pas le temps d'en dire beaucoup plus, car David revient justement de son tour, et Gros Paquet doit se presser pour aller le relayer.


Il roule bien le Chef ! (crédit photo : http://www.messinmaisoui.org)

Le Fab nous a rejoint entre-temps, David et Benji se mettent à nous préparer un petit déjeuner de rois : œufs sur le plat, bacon, pain grillé. Fab et moi on gère, comme on peut, le café avec la cafetière italienne. Une fois de plus, le Fab va rouler avec le ventre plein, lui qui a horreur de rouler juste après manger. Il faut dire aussi qu'il ne se limite pas particulièrement dans la quantité ;op.

Jean-Yves a vite bouclé son tour et Faby se fait surprendre à ne pas être prêt quand il nous rejoint au camp. Il a bien roulé et semble ravi. Il confirme que le parcours est chouette, et il a pu au moins profiter pleinement des lieux. Il est cependant toujours frigorifié et rêve d'une douche. Du coup, sa femme Nathalie nous rejoint quelques minutes après pour exaucer son souhait. Ils reviendront après pour le démontage et le barbec de fin de Crapauds. En attendant, David leur sert à tous les deux un bon petit déj' que ni l'un ni l'autre n'ont volé (Nathalie habite a plus d'une heure de route, elle en aura fait des bornes sur ces Crapauds).

Je me prépare pour ce qui doit être mon dernier tour. Je veux en profiter à fond, donc je me couvre correctement mais pas trop. Je décide d'aller attendre au relais. Quand Faby arrive, il est radieux. Il me souffle que ça fait du bien de finir, mais que c'était bien de faire ce dernier tour. Je décide d'en profiter à fond, surtout sur les descentes. 


Fab prend le thème de cette année très au sérieux et fait le cirque
 (crédit photo : http://www.messinmaisoui.org)
Ce sera le tour des blagues avec les spectateurs, certains complimentant mon vélo, une fillette me criant "allez M. Orange" (couleur de mon K-Way), du coup quand d'autres demandaient les prénoms des gens pour les encourager, je leur ai indiqué M. Orange, qu'ils ont scandé à tue-tête. C'est le tour des photos également, où on essaie vaguement de prendre la pose d'un air décontracté et détaché malgré la fatigue.

Le signe des Chacals, toujours ! (crédit photo : http://www.messinmaisoui.org)

Je tape dans la main des enfants qui me la tendent, et lorsque j'arrive sur la dernière montée, je décide d'en remettre un coup. Je monte sur les pédales... et retombe sur ma selle aussitôt. Je n'ai plus rien. Un spectateur me crie "Courage !!! Reste 300 mètres !!!". Je lui réponds que du courage j'en ai à revendre, c'est de force dont j'ai besoin. Il me dit :"Continue comme ça, c'est suffisant !". En effet, j'atteins la passerelle et badge mon dernier tour. Je mets finalement 1h13, et chauffe Benji à qui je passe le relais afin qu'il vise les moins de 1h10. Je suis content car malgré la fatigue, je ne mets que 2 minutes de plus que mon premier tour (où j'ai certes perdu du temps avec le coup du rayon). L'appli Strava m'apprendra plus tard que je l'ai bouclé à un rythme cardiaque moyen de 151 battements par minutes, contre 166 au premier tour. Clairement plus efficace ce tour-ci...

Je retourne au camp, avec la sensation du devoir accompli, et me jette immédiatement sur la première bière qui a le malheur de croiser mon chemin. Le Fab aussi est passé en mode apéro, et ce sera notre leitmotiv sur les prochaines heures. Rapidement, Nathalie, Camille et Romane nous rejoignent, ainsi que Lise, et Nathalie et Jean-Yves qui a enfin pu prendre sa douche. Benji, qui a bouclé son tour en 1.15, passe le relai à David qui a emprunté un vélo pour son dernier tour, qui sera également le dernier de l'équipe. L'ambiance tourne vraiment à la fête sur notre campement, alors que des voitures commencent déjà à déserter les lieux.

On décide d'aller encourager David au niveau du chapiteau. Je peux vous assurer qu'il n'est pas passé inaperçu. Lise ne dégaine pas son appareil photo assez vite et ne peut le prendre que de dos.

Trop rapide pour la photographe

On retourne au camp et convient de revenir sur l'arrivée pour accueillir notre chef qui conclura nos 24h. Mais au moment où on décide d'y aller, celui-ci débarque au camp. Probablement que nos encouragements l'ont boosté, ou alors l'utilisation d'un vrai vélo lui a donné des ailes, mais il a fait une 3ème boucle de folie. Il confirmera en tout cas que le vélo tout suspendu lui a bien plu. Il conclut la course de notre équipe, qui termine avec un modeste 16 tours (qui nous place 239 sur l'ensemble des 539 équipes, solo inclus, 164 sur 260 dans la catégorie loisirs). On a tous le sentiment qu'on aurait pu faire mieux (Benji rage encore sur sa roue crevée sans laquelle on aurait pu faire un tour de plus), mais on est tous fiers d'avoir joué le jeu à fond : à tout moment durant les 24h il y avait un Chacal Vert en train de rouler. Rien que ça, ça mérite le respect, et je lève mon chapeau en particulier à Jean-Yves qui a du faire son premier tour de nuit, Dorian qui a dû rester en "by" jusque 3h30 pour ensuite galérer dans la nuit glaciale, et à David qui a du se taper le tour à 4 heures du matin, sans doute le plus compliqué.

Une fois que David a ramené son vélo et est revenu sur le camp, on peut enfin lancer la vraie fête. Benji nous prépare un guacamole maison sur lequel on se jette comme des crèves-la-faim. On prend l'apéro jusque je ne sais pas quelle heure. Je peux vous garantir qu'un à moment donnée, je perds la notion du temps et de tout le reste, car j'ai beaucoup apprécié les bières spéciales ramenées par Benjou.


Le roi du guacamole

Puis David se met aux fourneaux pour préparer des crêpes salées, puis ses célèbres hamburgers. Autour de nous, tous les camps ont déjà été remballés et sur le chemin c'est l'embouteillage des 600 équipes qui cherchent à quitter les lieux.


Master crêpe

Il est passé 18h quand on décide à notre tour de remballer nos affaires. Le bouchon n'est plus, seules quelques voitures passent devant nous, en nous saluant à chaque fois, comme une marque de respect pour cette équipe si dévouée à faire la fête. Le remballage se fait dans la même bonne humeur que tout ce qui a été fait durant le week-end. "Chef ! Je vais racagnaquer la tonnelle, Chef !".

Chacun ses outils

Je prends un peu de recul sur notre campement et je regarde Romane et Camille qui sont transportées avec le chien dans le coffre de la voiture de Nathalie Hub, Zouzou qui nous fait coucou quand on lui fait de grands signes pour lui indiquer qu'elle se trompe de chemin pour nous rejoindre, Benji qui défonce un piquet à béton avec sa voiture sur une manœuvre un peu brutale, Jean-Yves qui travaille à une main parce que l'autre est occupée avec une bière, Fab qui fait du saut en hauteur au-dessus d'une rubalise sous les yeux admirateurs mais un peu craintifs de Nathalie Dub, le Chef qui charge tout dans sa bagnole et se rend compte qu'il doit tout ressortir pour insérer des affaires de Dorian, le seul qui manque à ce chouette après-midi pour qu'il soit parfait.


Trois p'tites têtes bien sympathiques

Quelle belle équipe nous avons là ! Il y a 3 mois encore, on ne se connaissait pas ou à peine, et voilà que nous formons une team. Et je n'imagine pas que cela puisse en rester là. Je suis certain qu'on continuera à rouler ensemble, le midi au boulot ou le soir dans nos contrées ("dans la belle forêt du Fab" dirait Benji), et ça parle déjà de se présenter sur les Crapauds 2017, avec pourquoi pas, deux équipes de Chacals Verts !


La Team, Dorian en moins