lundi 19 août 2013

Le chacal à deux têtes

A l'occasion du week-end que je passais chez Obo, nous avons expérimenté un truc qui nous démangeait depuis un moment...
 
Calmez-vous, bande de lourdos !!! Rien qui ait une quelconque connotation sexuelle ! A ce sujet nous n'en sommes plus au stade de l'expérimentation. Non, nous voulions depuis un moment essayer LE TANDEM VTT.
 
 
Obo nous a dégoté cela du côté de Heillecourt. Il s'agit d'un magnifique Lapierre X2 Team, équipé notamment de très bons freins Formula RX à rotor de 203. Importants, les freins !
 
Donc, ce samedi, nous voilà fins prêts, dans nos beaux T-shirts des chacals verts, prêts à tenter l'expérience. Obo avait déjà essayé avec son père deux jours avant et me semblait content sans être emballé.
 
Le démarrage n'est pas évident au début. Il faut savoir que les pédaliers sont synchronisés, donc cela nécessite de se lancer ensemble (à l'issue d'un décompte "3-2-1 go"). Par ailleurs, pour éviter d'accrocher sur la moindre bosse, les pédaliers sont assez en hauteur, donc il faut se hisser sur le biclou. Pas facile pour un nabot comme moi. On a quand même vite pris le truc et n'avons jamais trop eu de problèmes.
 
On a commencé dans la configuration Obo devant et moi derrière.
La position arrière est assez surprenante. On ne gère rien. Le pilote dirige le vélo et change les vitesses. A l'arrière on regarde le paysage (enfin, à gauche et à droite car, comme disait Obo, devant il n'y a toujours qu'une grosse tête de chacal vert) et on pédale. Un peu comme sur un home trainer devant la télé, sauf qu'en plus on risque les odeurs d'échappement du copain de devant.
Cerise sur le gateau, à l'arrière on ne voit pas le chemin, donc on n'anticipe pas les bosses et trous. Du coup, on se chope le moindre défaut de route dans l'arrière train. La mini-suspension (MINI SUSP !!!) du mat de selle n'y changera malheureusement pas grand chose.
 
A part cela, on constate très vite que le tandem c'est plutôt naturel. On trouve rapidement un rythme qui convient à tous les deux, l'équilibre n'est pas sommaire, on est à l'aise.
Certes, lorsqu'on longe le canal Obo n'est pas franc, et se sentant attiré vers l'eau, aura tendance à pencher de l'autre côté. Certes, le franchissement de la première barrière de piste cyclable n'aura pas été parfait et aura un peu rogné le genou et la main d'Obo, mais globalement on est à l'aise.
Et surtout, on a la classe !!!! Car tous les gens que nous croisons n'ont d'yeux que pour ce chacal à quatre pattes et deux têtes !
 
Nous avions décidé de nous rendre au plateau de Malzéville par le chemin de Hatta, faisant lui-même parti du segment nommé la côte du Pain de Sucre. Objectif avoué : piquer le record de montée(autrement appelé KOM) déténu par Obo tout seul.
 
On se lance dans la côte, et très vite on sent que c'est lourd le tandem. Autant on trouvait que sur le plat on avait tendance à aller plus vite pour moins d'effort que tout seul, autant dans la monté on paye notre gros poids (pas loin de 200kg). Néanmoins, on mouline et on se donne pour essayer d'approcher du record d'Obo. A l'arrière, je n'ai pas à réfléchir, je baisse la tête et je pédale tout ce que je peux.
 
Une fois en haut du chemin de Hatta, on souffle un peu et on décide d'échanger les postes. Nouvelles sensations ! Je me rends vite compte que le truc est maniable, mais :
  • - j'ai du poids à l'arrière
  • - le rayon de bracage est pourri
  • - si le copain se penche, ça penche
Par contre, ce n'est pas un poids mort. J'ai fait l'expérience de lever les jambes des pédales en pleine monté, le tandem continue à monter. Un vrai moteur l'Obo !
 
On commence alors à jouer sur le plateau de Malzéville, prenant d'abord les gros chemins, puis réduisant au fur et à mesure le largeur, pour finir sur des singles pas dégueux du tout.
On se prendra des petites bosses, des petits tobogans, quelques dévers, et franchement ça passe bien. "Ca passe" était d'ailleurs l'expression consacrée pour prévenir Obo d'une difficulté (il me l'a fait remarqué après coup). Tel un Faby laché en pleine nature, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver les capacités de franchissement de l'engin et de son équipage. Parfois, un peu timides, on n'osait pas se lancer dans un obstacle, mais en y revenant après, on le tentait et ça passait. Côté sensation c'est un régal. Quel plaisir que de sinuer dans un single sur une bécane de plus de 2m de long ! Alors les trajectoires ne sont pas les mêmes, il faut prendre large et ne pas couper trop vite au risque de broyer le copain de derrière, mais le plaisir est énorme.
 
Tout ceci nécessite une bonne entente et une communication permanente entre les deux protagonistes. Celui de devant doit prévenir celui de derrières des obstacles. Mais c'est pas facile de voir l'obstacle, prévenir puis l'esquiver. En général, les réflexes font plutôt réagir dans le sens voir, esquiver, prévenir. Ce qui donnait en général je vois la branche, je baisse la tête, je dis "BRANCHE", Obo se prend la branche. Où je vois le trou, j'amortis le trou, je dis "pardon". Au bout d'un moment, mon accolyte avait un peu mal au fondement, et me ralait parfois un peu deçu, ce à quoi je répondais avec toute la mauvaise fois dont je disposais. Ces gérémiades associées à nos gabaris auraient pu faire penser à un nain et un elf juchés sur le même cheval : Gimly et Légolas de retour en Terre du Milieu !
L'elf se sentira vengé quand nous passerons dans les chemins pleins de ronces ou d'orties que je dégagerai et qu'il ne sentira même pas.
 
Pour ce qui est des descentes, hé bien on prend vite de la vitesse. Et là on est content de l'efficacité des freins décrits plus haut. Rapidement à plus de 60, il faut bien prendre en compte l'inertie de l'engin.
 
En revenant vers chez l'Obo, une chaine culminant à 20 centimètres de hauteur nous barre le chemin. J'accélère et hurle "CA PASSE !!!". J'entends derrière moi "non ça passe pas, non ça passe pas, NON CA PASSE PAS !!!". Bien sûr, je plaisantais. Mais tout à ma blague, je freine au dernier moment et démonte par la gauche, alors que nous avions convenu de démonter toujours par la droite. Du coup, je penche le vélo à gauche alors qu'Obo est en train de descendre par l'autre côté. Curieusement le vélo a suivi mon mouvement, et Obo par la même occassion. Petite chute au ralenti, grand fou rire pour moi.
 
Une fois rentrés de notre première sortie, nous nous sommes jetés sur Strava pour voir si nous avions battu le KOM. Echec à une dizaine de seconde. Par contre, on se rend compte que le record de la monté du Pain de Sucre est attaquable si on ne prend pas de pause après le Chemin de Hatta.
Nous y sommes donc retourné le lendemain. Cette fois les jambes sont un peu plus lourdes, le vent n'est pas avec nous. On échoue encore pour le chemin de Hatta, en étant encore plus proches, par contre on explose le record sur la monté du pain de sucre. Hourra !!!
 
On jouera encore un moment sur le plateau de Malzéville, tentant des singles encore plus fous ("mais si ça passe le 180° en dévers !!!!"), puis on raménera le vélo à Heillecourt.
 
Au bilan, plus de 80 bornes, plus 800m de D+, 2 chutes d'Obo et 0 pour moi (surprenant quand même, la solidarité du tandem a ses limites) et surtout du gros gros fun.
 
Je pensais que j'aimerais le tandem VTT. Ca va au-delà, j'ai vraiment adoré !

dimanche 16 juin 2013

Les 3 quêtes du Hobbit

En ce dimanche ensoleillé, je pars de chez moi tel le Hobbit courageux prêt à relever les 3 quêtes que le destin lui envoie. Et oui, le Hobbit est comme ça : une fois qu'il a découvert son côté aventureux, il ne peut plus résister à la moindre petite mission, qu'il s'agisse d'affronter les forces du mal ou de dévorer une cuisse de poulet.

Quête Principale : trouver un chemin pour une petite promenade pédestre pas trop dure

Quête Secondaire : essayer le mulet qui revient d'entretien

Quête annexe : trouver de la boue

Commençons par la quête principale. Comme vous le savez, dans la Comté ça grimpe de partout. La semaine dernière, j'ai emmené mes parents faire une petite balade, et j'ai été surpris de constaté qu'apparemment la Bitchy n'est pas le lieu idéal pour une petite promenade familiale pédestre. Je me suis donc mis en quête d'une promenade de 4 à 6 km qui puisse nous permettre d'emmener des gens en promenade digestive d'après repas dominical pantagruélique.
Bilan de la mission : failed !!! Dès que j'explore un chemin, il monte. Du coup, je le suis, pour voir, puis je redescends pour recommencer au point de départ. Mais systématiquement, ça grimpe. Tel le Fab cherchant un trajet de marche gourmande du côté de Rettel, je me dis qu'au bout de 30 minutes, les gens vont commencer à me jeter des pierres en me disant que "ça grimpe trop, que c'est plein de boue (hé hé, la quête annexe) et que c'est même pas un vrai chemin".
Bref, j'ai pas trouvé de chemin praticable pour le pédestre digérant, et une fois à nouveau à côté de chez moi, je suis donc parti faire la Bitchy histoire de rouler pour de vrai un peu. J'y ai tapé mon record, chose un peu surprenante compte tenu de la quête secondaire...

La quête secondaire consiste à tester mon mulet, autrement dit mon autre vélo, le RockRider 5.4. Et bien contrairement à ce que son nom semble indiquer, il n'a pas pris une ride. En fait, mon spad a des petits soucis de freins (satané piston paresseux qui veut pas sortir de son enclot) et je dois l'amener en révision (je vais chercher une vélotiste côté Lux pour voir). Du coup, j'ai ramené le mulet en révision chez Decat, parce que les derniers à l'avoir utilisé ont un eu chouiné. En fait, la patte de dérailleur été fissurée et tordue, ce qui explique en partie les soucis. Le monsieur l'a changée et a rereglé. Les vitesses passent bien, impeccable même, par contre ça coince encore parfois quand la chaîne est crado, et ça craque, voir déraille, si on fait un effort trop violent. Je pense que la chaîne doit être morte, et peut-être qu'un ou deux maillons partent en couille. Faudrait peut-être que je la change. A moins que ce ne soit les dents des plateaux, et la je ne pense pas faire l'investissement. Bref, le mulet est opérationnel, sans pour autant être parfait. Il m'a permis de battre mon record sur la Bitchy, mais je le mets plutôt à mon crédit qu'au sien, tiens ;op A revoir avec le Cannon.
Bilan de la quête : mitigé

La quête annexe consiste à trouver de la boue en cette journée chaude et sèche, telle que les deux précédentes. Parce que du VTT sans boue, c'est comme... une fille sans shampoing ???
Bilan de la mission : succès écrasant !!! Je suis rentré crotté comme il convient.

Bref, sur les trois missions, je n'ai réussi pleinement que l'annexe, mais je rentre tout content. Donc le bilan est plus que positif !

lundi 10 juin 2013

Les 3 ballons ou l'amour du goudron...

Le chacalisme (ou la chacalitude ?) n’est pas que singles boueux, non, non, il est parfois aussi bitume. Par nécessité pour atteindre les p...s et autres b……s des alentours de Volmerange, mais aussi par choix.
Et donc étant tombé dans le goudron aux deux tiers depuis presque 2 ans, je me suis donné pour objectifs de boucler cette année 2 cyclosportives « de montagne », les 3 ballons dans la Haute Saône et les ballons vosgiens au départ de Gérardmer.
Bon, au départ, j’en avais même prévu 4, mais pour la première il faisait trop moche, et pour la seconde on s’est improvisé un WE prolongé à Rome avec Madame. Ce qui est bon doit rester rare…

Et donc les 3 ballons, c’était hier (enfin avant-hier le temps d'avoir les droits de poster sur le blog, le modo étant un sacré pitbull).
Une des plus grosses épreuves du genre, avec plus de 5000 inscrits, et 2 parcours : le classique « senior », 110 km et 2800D+ pour les gentils amateurs, et pour les extrémistes de la pédale, les rasés de la gambette, une version « master » de 200 km et 4500D+. Inutile de dire qu'ayant la jambe poilue, je me suis engagé sur le senior.

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Le profil
Avec Stéphane, mon pote routier de www.strava.com (vous avez un compteur GPS, un smartphone, inscrivez-vous !), nous sommes arrivés la veille, hébergés à l’abbaye de St Colomban à 2 km du départ.
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Hébergement tout confort

Réveil matinal vers 5h45, petit déjeuner, warm up sur le chemin du départ et on y est : organisation impressionnante, 400 m linéaires de cyclistes sur une piste d’athlétisme, et des départs successifs par vagues de 1000 qui font que lorsque les derniers décollent enfin, les 1ers sont déjà bien en route...
Ça fait du monde...

...beaucoup de monde !!
Pas grave, le seul objectif que nous avons Stéphane et moi porte sur le chrono (moins de 5h11 pour ramener l’or dans ma catégorie, moins de 5h27 pour lui qui a le privilège de l'âge ;-)), et comme on est pucés, c’est le temps réel (tapis de départ / tapis d’arrivée) qui est retenu.
Pour le scratch c’est peut-être enquiquinant mais on ne joue pas la gagne.

Stéphane...
...et le chacal
J’ai reconnu le parcours 1 fois ½ (arrêté par la neige dans le ballon de Servance la 1ère fois en mai !), je sais donc ce qui nous attend, mais les repères vont vite sauter : départ rapide, volonté de remonter le plus vite possible avant d’attaquer les 1ères difficultés, bref, on arrive à Faucogney à 35 de moyenne, avec quelques grosses accélérations. A défaut d’avoir trouvé le bon groupe de notre niveau, on passe  la 1ère côte (3,5 km à 5%) à plus de 20km/h.
Autant dire qu’avant d’attaquer les choses sérieuses, on est déjà (trop) chaud.

Ajoutons que le Garmin me prévient alors qu’il n’a presque plus de batterie (impossible de couper le rétroéclairage), et que je vais donc rouler « en aveugle » dans les cols (plus de vitesse, de cadence, de cardio), ça se présente plus tendu que prévu.
Et il fait de plus en plus chaud (ça montera jusqu’à 27°C).

Malgré tout, les difficultés s’enchaînent correctement :
  • Le Col des Chevrères , qui aurait sans doute été baptisé autrement s'il avait surplombé Volmerange. C’est la 3ème fois que je le grimpe, avec mon arme secrète, un minuscule 34x30, je suis serein. Il faut malgré tout s’accrocher, parce qu’après 5 km « tranquilles » à 5%, ça se redresse sérieusement avec une moyenne de 10% sur les 4 derniers km, et même 500m à plus de 20% (la roue avant décolle régulièrement). On passe à moins de 10km/h au milieu d’un vrai champ de bataille, entre ceux qui scotchent dans les gravillons et tombent par manque de vitesse (véridique), ceux qui poussent le vélo sur le bas-côté, et ceux qui renoncent carrément et redescendent sur Miellin. Hallucinant soit dit en passant de voir autant de cyclistes venus de loin, voire très loin (beaucoup de hollandais et de belges) qui bâchent au bout de 30 ou 40 km : d’après mon forum de vélo préféré, un millier d’abandons sur l’épreuve…
  • Le Ballon de Servance, pas hyper costaud mais long et monotone. 10km de montée à 7%, ça va. Dans les bois, et en bordure de ruisseau, c’est joli. Mais avec juste 2 malheureux virages, c’est bien ch..nt !! Et là, il fait franchement chaud, j’en ai la chair de poule, ce qui n’est pas très bon signe. Heureusement un beau déraillement pas loin du sommet redonne du peps, et permet de bien se graisser les mains en prévision de la descente, aux cris d’« allez le chacal ! » (bien sympa le maillot, ça permet instantanément d’avoir des supporters !).
J’ai choisi de zapper les 2 ravitos, pour ne pas casser le rythme (et gagner un peu de temps ;-)), ce qui permet à Stéphane de démarrer dans les cols, en costaud qu’il est (au total il me prendra presque 20 min en temps de roulage), et de m’y attendre.
Une organisation finalement bien rôdée de notre binôme pour une première.

Arrivée en bas de la descente du Ballon de Servance, il reste encore une quarantaine de kilomètres, et ça se joue au courage, avec encore une horrible montée sur Beulotte (2 km à 10%). Mon compagnon d’infortune du moment crie « oh putain » après chaque virage en voyant que ça n’en finit pas, la route étant très vallonnée et casse-pattes dans la petite Finlande. Ça me fait toujours un bien fou de sentir les autres souffrir, merci à lui !
Objectivement, les paysages magnifiques, mais à ce stade…

Finalement, la route redescend du plateau, et dans les dernières lignes droites à plat qui mènent à l’arrivée, on arrive à reconstituer un petit groupe à 4 pour boucler les 20 km restant à 35 de moyenne… …jusqu’à l’arrivée des crampes qui achève de nous séparer et me coûte une dizaine de place… C’est vicieux la crampe. Pour la passer, faut bien étirer la jambe, pour bien étirer la jambe, faut déclipser la pédale, pour déclipser la pédale, faut pas avoir de crampe.

Ce bougre de chacal arrive encore à sortir son portable à 50m de l'arrivée...
A l’arrivée, un bon chrono, 4h47 et presque 23km de moyenne, soit 25 min de marge sur l’objectif. Stéphane sans m’attendre aurait même tapé les 4h30 et une place dans le top 200. Bravo à lui !
On boucle finalement aux 321ème et 329ème places, cerise inattendue sur la gâteau (merci au col des Chevrères et à la chaleur qui ont bien entamé le peloton des « finishers »).

 

Récupération des diplômes et médailles pour la cheminée, réhydratation, pasta party (mais pas faim, insolation ?), et c’est déjà reparti : il reste 12km de décrassage pour revenir au départ et reprendre la voiture.

En espérant que les ballons vosgiens seront du même niveau en septembre !


PS : et si, les routiers sont sympas, bonne ambiance, du sourire, de la solidarité dans les groupes ! ;-)

PS2 : si certains ont réussi à lire ce récit pourri de compétition à deux balles jusqu’au bout, c’est peut-être qu’ils ont un attrait pour ce genre d’épreuve. Alors à quand les Chacals aux Crapauds ???? ;-)

jeudi 9 mai 2013

Le Hobbit à l'assaut de la P... de Rumelange

J'ai l'impression que depuis que j'ai équipé mon vélo de ses nouvelles roues et que j'ai parfaitement affiné mes réglages, nous formons un duo tout terrain. Ma capacité de franchissement semble bien plus importante que les autres années.

Par exemple, il y a deux semaines, après une rando faite du côté de Koenigmacker avec Fab, Pierre et Jean-Yves, nous avions rallongé la sauce de 2-3 km juste histoire de se casser les pattes. Fab nous avait trouvé une double cote bien poilue, et il s'est avéré qu'alors que tout le monde posait pied à terre, je fus le seul à franchir ces deux obstacles sur le vélo.

La trace trouvable ici : http://connect.garmin.com/activity/302822042

Aussi, je ne pouvais m'empêcher ces derniers temps de repenser à la P.... de Rumelange, pente particulièrement raide qui ne fut passée entièrement sur le vélo qu'une fois dans l'histoire du Team POC, et c'était par Pierre, alors en très bonne forme.

Aujourd'hui, je décidai donc de m'y frotter.

Je décide d'aller la chercher en passant par la Pucelle, la mal nommée. Cette pente, longue et raide, devait me permettre de faire monter la température et le cœur, et de chauffer les pattes. Une fois dedans je suis plutôt bien, les jambes un peu raides mais ça va passer. Alors que je suis en train de franchir ce premier obstacle quand même pas anodin, je me rends compte qu'il n'y a pas si longtemps, cette côte était, certes pas un défi insurmontable, mais déjà un bon challenge qui nous faisait tirer la langue. Aujourd'hui je la passe sans utiliser le développement du hobbit (petit plateau - grand pignon), et j'arrive en haut sans dépasser trop les 160 pulsations minutes, signe de bonne forme chez moi. Je me dis alors que c'est une bonne journée pour réussir le défi.

Je traverse le chemin du Dieu POC, qui évidemment me remplit les roues de boue. Peu importe, elle sautera dans la descente de la P....

En descendant, je repère un peu le terrain. La moitié haute est raide, bien raide, mais après ça se calme vraiment. Ce n'est pas aussi long que dans mon souvenir... Enfin, en descente.

Je me lance dans la monté, et je me rends compte que la moitié soi-disant peu raide est déjà sévère. Mais ça passe et je monte tranquillement. Par contre, au loin je vois un vrai mur.
Je me rappelle bien de l'endroit chaud de la monté. C'est une cassure, où il y a vaguement du béton sur le côté droit, de la terre à gauche, et un trou net au milieu s’étendant bien sur la droite, avec de la caillasse. Au repérage sur la descente, je m'étais dit qu'il fallait le tenter à droite, côté béton. Je m'y engage donc.

Ça devient raide. Le vélo est tiré en arrière et je m'avance sur le bec de selle pour éviter que ma monture ne cabre. Je quitte le béton, passe dans le trou, donne un coup de rein. Le vélo cabre et je dois poser pied à terre. C'est un échec.

Je fais demi-tour et redescends doucement en analysant le terrain. Peut-être essayer à gauche, car la cassure est moins nette.

Je repars du bas, remonte tranquillement et m'annonce par la gauche au moment d'aborder la cassure. Mes pneus Toro accrochent bien dans le sol un peu meuble. J'avance bien et je sens que je vais la passer. Je vois clairement que la cassure est plus faisable par ce côté et je sens l'euphorie me gagner. Oui mais si la cassure est moins nette, c'est parce que la pente démarre plus tôt. Ma roue arrière dérape sur le sol humide et glissant. Je dois donner un coup de rein pour redresser, mais cela fait glisser ma roue avant. J'essaie de rattraper mais elle se coince dans un trou et je suis obligé de poser le pied. Raaaaaaaaaah !!! J'ai relâché la pression un millième de seconde et je suis sanctionné directement.

Sans hésiter, je fais demi-tour. Cette fois je suis persuadé que c'est la bonne trace. Par contre, il faudra être attentif car cela reste piégeur. Je m'arrête en bas histoire de faire baisser les pulsations et de me calmer l'esprit. Je commence à avoir les jambes qui tirent et je ne suis pas sûr de pouvoir faire encore énormément d'essais. Je me dis qu'il faut réussir cette fois. Je m'engage sur le début de la pente et m'engage sur la même trace que précédemment. Arrivé à la cassure, je monte sur les pédales et décide de franchir en danseuse, ce qui n'est pas vraiment dans mes habitudes. La roue arrière dérape un peu et glisse, mais je continue à pédaler et ça passe !!! Mais ce n'est pas fini. Quand il l'avait franchie, Pierre nous avait dit qu'une fois la cassure passée, c'était loin d'être fini et que c'était encore raide. En effet, la pente est clairement plus dure qu'avant la cassure. A cela s'ajoute l'effort violent pour franchir la cassure, qui m'a fait monter le cœur à plus de 185 pulsations/minutes. J'essaie de rester calme, m'étant rassis sur ma selle et je me dis surtout qu'il ne faut pas commettre d'erreur. Si je devais perdre ma roue avant maintenant, je ne pense pas être mentalement capable de refaire un essai. La roue arrière glisse à plusieurs reprises, mais l'arrière ça se ratrappe bien. Ce passage est long, mais la pente s'adoucit, et je ne suis plus pressé que cela se termine. Je savoure mon succès. J'ai franchi la P... de Rumelange !

Je décide de ne pas m'arrête, façon Jean-Yves, et je reprends le chemin du Dieu POC pour aller jusqu'au Single Cross. Je me fais plaisir dans la descente technique que j'avale sans un seul arrêt. Sur la dernière pente en deux parties, je m'engage mal sur la partie caillouteuse, mais la confiance du moment me permet de rattraper le coup. Je me dis que j'aurais du en profiter pour aller chercher le dernier obstacle que je n'ai encore franchi, le descente Nickel Chrome. Mais bon, on a convenu avec Faby d'y aller ensemble, alors je décide de faire l'impasse et de renter chez moi. C'est bien d'avoir encore un challenge devant soi... même si ce n'est plus pour longtemps !

La trace ici : http://connect.garmin.com/activity/310191560

mardi 23 avril 2013

Les Chacals Verts

Du temps a passé depuis le dernier message sur ce blog. Mais l'esprit du POC a perduré.

Nos amis ont continué à rouler et à s'amuser sur leurs vélo.
Déjà, ils ont recruté officiellement Mathieu, dit BM, dit le collègue coquin. Faisant fi de sa résolution de ne pas lier d'amitié au travail (ou faisant semblant), il a roulé de nouveaux avec le team POC jusqu'à en devenir un membre indiscutable.

En 2011 et 2012, de nombreuses sorties ont eu lieu les vendredis après-midi ou les soirs de semaines, bien souvent ponctuées par des barbecues joyeux et conviviaux.

En août 2012, un mini POC a été organisé à Volmerange. Le parcours du jour était le Grand Tour de la Comté, avec une quarantaine de kilomètres pour 700m de D+. Les 7 membres de l'équipe étaient là, et leurs familles les ont rejoint pour un barbec chez le Hobbit.
Si Fabaloose en a profité pour se briser le coude en sautant au dessus d'un portillon (ouvert), ce fut le seul ecueil de cette superbe journée.

En 2013, le team POC revient encore plus motivé.
Décidés à montrer clairement leur appartenance à un groupe, une unité, un ensemble fort, ils ont créé un logo à l'image de leur indéniable totem : le Chacal Vert !
Ce logo a été intégré dans un maillot aux couleurs orange et noire des plus chatoyante, afin de montrer au monde entier que désormais, il faudrait compter sur une nouvelle entité : le TEAM POC !
Les Chacals ont au passage recruté un nouveau membre en la personne d'Obo. Bien qu'un peu (beaucoup) routard sur les bords, il reste un camarade de sortie sûr et motivé.

Ce dimanche, 4 membres de l'équipe ont arboré cette fière tunique lors de la randonnée des 7 bosses de Messancy.
Les photos suivantes vous permettront d'apprécier la tenue (et les modèles) sur leur vélo, de face et de dos, ainsi que de vérifier de visu que même figés sur une image photographique, les Chacals Verts transpirent la bonne humeur, la joie de vivre et le bonheur d'être ensemble. Car comme le dit le dicton inventé ce jour même après avoir roulé à des cadences assez différentes : "Chacals verts, tous ensemble, même séparés !!!".



jeudi 11 novembre 2010

Un an plus tard

Voilà plus d'un an que le POC a eu lieu. Que s'est-il passé chez nos héros pendant cette année ?

Profitant de la lancée et de la réussite du POC, nos amis ont continué à faire des petites virées, notamment les mercredis soirs. De nombreuses anecdotes y ont eu lieu, et je vais tâcher de vous faire un court résumé, sachant que je ne peux parler que de celles auxquelles j'ai participé.

* Les Terres Rouges et environs
Les côtes que l'on emprunte souvent ont toutes des petits noms. Il y a d'abord eu la Slutty, puis la Bitchy. Pierre a découvert du côté du Luxembourg un joli lieu nommé les Terres Rouges, et nous avons cherché avec google map un moyen de nous y rendre depuis chez moi. Il y en a un, juste au bout de ma rue, enfin on dirait.
Nous avons décidé d'essayer ce chemin, et après moins d'un kilomètre de chauffe sur bitume, on se retrouve à monter une côté sur la caillasse vraiment pas mal : assez longue et bien pentue, avec une adhérence limite. Celle-ci porte désormais le doux nom de "Pucelle la mal nommée", car elle se fait en premier, assez tôt, à froid, mais c'est une sacrée garce.
Les Terres Rouges s'avérent magnifiques et le petit terrain de cross qui s'y trouve sera le théatre d'une cascade où Fab passe au-dessus de Carlos assez fantastique (une vidéo montre l'exploit, il faudra qu'on la poste ici).
Pour revenir, on bénéficie de la côte la pire de nos itinéraires réguliers, qui désormais porte le doux patronyme de "Pute de Rumelange". Impossible de la monter entièrement sans poser pied. Pour ma part, je me retrouve parfois dans la situation infernale où je recule tout en pédalant. Mais impossible n'est pas Végasien, et Pierre, puisant ses forces dans la beauté de la nature l'environnant (et dans les stéroïdes) réussit à la gravir, au prix d'un effort qui le fit chuter dans la descente qui suivit.
Dans ce même secteur, Pierre et moi nous sommes un jour perdu dans la carrière surplombant la colline. C'était mon premier jour avec des pédales auto, et alors que l'heure était dramatique ("et si les loups venaient nous manger ?"), je chus en faisant du surplace, incapable de sortir mon pied de la pédale.
Une fois le chemin retrouvé (merci l'iphone), nous avons pris une descente dans le noir quasi complet (en fait c'est la pucelle dans l'autre sens) pour rejoindre ma maison. Jamais depuis nous ne l'avons descendu aussi vite, car quand on voit, ça fait plus peur qu'à l'aveugle...

* L'hiver vient
Une fois l'hiver venu, ce fut la fin de nos randos. De façon sporadique et isolée, chacun a continué à s'entrainer à sa manière. Je suis allé faire le tour de la Comté sous la neige avec un copain. Bin la neige, c'est pas si rigolo qu'on croit. Ca fatigue en monté, parce que la roue dérape, ça fatigue en descente parce que ça freine. Bref, ça fatigue. Puis la Slutty gelée, bin c'est pas facile.

* 2010
Et en 2010, que s'est-il passé ?

* Les 7 Bosses : rando officielle
On est retourné faire les 7 bosses avec Gros Pack et Pierre. Ce gros malin de Crustacio s'étant entrainé la veille en faisant 30 bornes, il a eu quelque crampes. Si on ajoute à ça des soucis techniques (dérailleur qui foire, crevaison), on obtient le cocktail détonnant d'une sortie galère pour l'ami Crustacio, qui garde néanmoins un bon souvenir de ce jour (miam le hamburger à la belge !).
Le temps des jours précédents ayant été bon, la rando me semble beaucoup plus simple que l'année précédente et on la boucle dans un temps plutôt respectable (en omettant les pauses réparation).

* Le retour des 7 Bosses
J-Y organise avec ses collègues une rando autour de chez lui, et donc passant par les fameuses 7 bosses. Fab et moi les y accompagnons. Il y a là Erik, surnommé Iron Man qui monte plus facilement qu'il ne descend, et Eric, plus spécialisé dans la route, qui a rempli à merveille le rôle de Carlos (comprenez : celui qu'on attend et qui nous permet de nous reposer sans avoir à réclamer). D'ailleurs Fab' lui a demandé si on pouvait l'appeler Carlos, ce qu'Eric n'a évidemment pas compris. On enchaine sur un super barbec : l'été revient et augure une excellente saison de vélo

* Du côté de chez Fab'
Fab' a déménagé. Voulant ériger son nouveau lieu de vie en repère auxiliaire pour nos randonnées. Seulement une rando avec le Fab' organisée par le Fab', s'est comme la boite de chocolat de Forest Gump : tu sais résolument pas sur quoi tu vas tomber. Pour ma part, j'ai eu droit à : traversée de rivière sur tronc d'arbre, escalade de cailloux qui pique, plus de marche que de vélo, tentatives de chemins dans les bois qui débouchent sur quartier général de piccole de chasseurs. Amateurs d'aventure, n'hésitez pas à contacter Faby.

* La Comté, une valeur sûre
La Comté reste quand même notre point de repère le plus facile. Avant que je n'achète un porte-vélo digne de ce nom (et la voiture pour l'embarquer) j'avais un peu de mal à bouger, donc ça m'arrangeait que ce soit proche de chez moi. Ca arrange aussi Pierre qui adore dévorer tout ce qui se trouve dans mon frigo (que la bière soit fraiche ou non, quoiqu'il en dise). Nous y avons encore eu de belles aventures.
Celle où on a trainé Mathieu (un collègue, pas un ami) avec nous et où je me suis un peu trompé de chemin, rallongeant la sauce d'une bonne dizaine de kms. Il est arrivé comme un raisin sec : sans jus.
Celle où avec Faby on a décidé de partir malgré le soleil déclinant, et où on s'est fait le charmant petit passage VTT-style dans le noir complet, avec la brume et les loups-garrous. On est rentré enfin par la route, tous les deux vétus de noir et sans lumière (j'en ai acheté depuis).

* Et ensuite ?
Pour ma part je me suis offert quelques belles sorties en solo ou avec mon pote OBO qui roule beaucoup. La dernière en date a eu lieu dans les Vosges, on on s'est fait 1000 mètres de dénivelé positif sur 30 km. La trace est disponible ici. Non contents de cet effort, on a fait du pédalo l'après-midi, faisant même la course avec des avirons (c'est la ligne droite sur le lac sur la trace).

* Et Michel dans tout ça ?
Bin oui, je n'ai pas cité Michel dans les quelques anecdotes. Et bien il a fait la grêve du vélo en 2010. Certains ont décidé de manger de la soupe tous les jours, d'autres de ne pas monter sur leur vélo du tout. Belle performance que je saluerais volontiers si elle ne nous avait pas privée de notre compagnon.

* Et maintenant ?
L'hiver arrive et annonce la fin de la saison 2010, qui n'aura pas vu de réédition du POC. Mais de belles ballades ont été faites. Je suis sûr qu'elles seront reconduites l'an prochain et qui sait, nous aménerons à un nouveau POC.


NB : J'ai probablement oublié de citer des anecdotes. N'hésitez pas à les indiquer en commentaire !!!

lundi 27 juillet 2009

Ce n'est qu'un début

Et bien voilà, c'est fait, le POC s'est achevé ce samedi 25 juillet dans la douleur et la joie.

Avant tout, je voulais remercier mes camarades POCers pour ce moment unique, et leurs compagnes pour leur organisation sans faille.

Ce n'est pas facile de résumer notre vécu en quelques lignes. Je vais donc m'inspirer de l'idée de Lise et de décerner quelques prix qui pour moi sont évocateurs.
(Elle a vraiment des bonnes idées Lise!)

- Le prix de la Faboulousité est décerné à:
Faboulous Fab, qui a prouvé que les tractions sont efficaces pour faire du VTT et que l'âme du sportif est en lui.

- Le prix du Bouddha est décerné à:
Zen Michel, dont la constance et l'harmonie intérieure ont repoussé la boue qui essayait vainement de le souiller.

- Le prix du Samouraï est décerné à:
Maître Gros Paquet, qui malgré sa rude semaine a montré qu'un samouraï ne lâche jamais et que le mot plainte ne fait pas partie de son vocabulaire.

- Le prix du Survivant est décerné à:
Caliente Carlos, qui a réussi à puiser la force au plus profond de son âme pour surmonter les obstacles.

- Le prix du Sam Gangi est décerné à:
Hobbit Oliver, qui après un passage difficile a retrouvé ses forces décuplées à l'approche de la Comté.

Je ne sais comment conclure ce post sans avoir l'impression que nous devrons passer à autre chose, alors je préfère laisser des points de suspension, et dire que:

"Ce n'est qu'un début ..."