jeudi 16 juillet 2015

Le Périple - Jour 5 (samedi 27 juin 2015)

Lorsqu'on se réveille le matin du dernier jour du Périple, il fait un temps très menaçant dehors. Il a plu pendant la nuit et il va probablement pleuvoir à nouveau dans la matinée. Je retrouve Cyrille sous la terrasse où on a entreposé nos vélos, en train d'accrocher ses affaires. Je fais de même et nous sommes rejoints pas Francky. On s'en va ensuite tous prendre le petit déj', se disant qu'on pourra démarrer tout de suite après, enfin... dès que Fabrice aura préparé à son tour son vélo. :o) Une fois de plus, notre Faby national n'est pas le plus avancé dans la préparation. Il nous rejoint en cours de petit déjeuner, et préparera son vélo ensuite.
Petit déjeuner, pas trop réveillés
Le petit déjeuner est plutôt simple, mais sympa. Il y a du fromage et du jambon, nos germaniques sont contents. On se fait resservir moult tasses de café et on dévore tout ce qui est sur la table. Puis, on va tous chercher le vélo, et on attend l'arrivée de Phiphi (à moins qu'il ne se dégonfle) et la fin de préparation de Faby. Phiphi ne se dégonfle pas et arrive avec Patty, et Faby est enfin prêt quand la pluie se décide à nous tomber sur la tronche. Parapluie pour les spectateurs, abri de fortune pour les cyclistes.
Il pleut, il pleut, bergère !
On charrie un petit peu Phiphi, lui promettant de la sueur et des larmes. Comme il nous a asticoté hier, c'est son tour à présent. Puis on met en route, mais, au grand étonnement de Philippe, en direction du haut de la colline, non vers la route descendante. En effet, en préparant la Trace, j'ai repéré un petit sentier pédestre, à moins que ce ne soit un chemin de chèvres, qui permet de descendre à travers tout. 
Si je vous dis que c'est par là !!!
Le chemin répond à mes attentes : des marches, des virage à angle droit, des petits raidards. Les Dubois et moi, on s'amuse comme des fous. Francky retrouve sa position du crispé, et descend comme il peut. Phiphi arrive derrière et commence à comprendre ce qu'on appelle "petite descente sympathique". On traverse la route, et c'est la dernière occasion pour nos accompagnants de nous faire coucou avant l'arrivée.
Prochaine étape : l'arrivée
On finit le chemin de chèvres, et on enchaîne sur une petite montée, à l'issue de laquelle Francky décide de crever un pneu. Même si c'est moi qui répare, je trouve ça rafraîchissant. C'est toujours moins rageant quand c'est pas ton pneu qui est crevé. C'est vite réparé, et on peut redémarrer.
Ça continue sur de la pure descente en Single. Avec les frangins, on envoie comme des poneys. Les chemins du Dabo sont vraiment hyper sympas, ça vaudra vraiment le coup de revenir. Francky et Phiphi s'amusent un peu moins. Même si Francky se décrispe un peu par rapport à hier, la fraîcheur physique est aussi moins bonne. Quant à Phiphi, je ne sais pas s'il avait déjà essayé ce type de VTT. Mais tout le monde suit, chacun à son rythme.

On arrive à la fin de la première phase descendante du jour. J'avais repéré un chemin  qui descend un peu raide en faisant la Trace, et on décide de le tenter. Ça démarre bien, puis le chemin disparaît, pour revenir, de façon très raide sur quelques mètres. Francky et Philippe décident de descendre à pied. Faby se lance sur le vélo, et ça passe à l'aise. Cyrille le suit, mais après la partie bien raide, cherche à se rasseoir sur la selle. Seulement il accroche son cuissard à la selle, perd l'équilibre, et bascule par dessus le vélo, direction le ravin. Il dégringole sur 5 mètres, et s'arrête grâce à une rangée de sapins. Un peu plus loin : le vide. Faby, qui attendait un peu plus bas, sprinte jusque son frangin. Je monte sur mon biclou et dévale la pente jusqu'au lieu du crash. Heureusement, Cyrille, mort de rire, nous indique que tout va bien. Il demande même à Fab de le prendre en photo, au milieu des sapins. Il a un peu mal à la cheville, mais il est hilare quand même. Il se plante, il est content.

On rejoint les autres à pied, car le chemin est devenu n'importe quoi. En théorie, Cyrille est censé aller faire caca quand il se fait mal. Théorie des vases communicants, c'est moi qui suis allé couler un bronze dans la nature. J'ai la photo si vous voulez, mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de la publier ici. Bon, si vous insistez en commentaire, je pourrais changer d'avis.

A partir de là, ça se remet à monter. Les frères Dubois, pas rassasiés, s'engagent dans chaque single descendant qu'on croise, mais je ne ralentis même pas. On suit la Trace, vindjou ! Lors des premiers chemins montants, Francky réenclenche le mode tracteur et ouvre la route. Cela lui portera préjudice car je me trompe deux fois de chemin et il est obligé de redescendre pour remonter. Fab s'attend à nous faire découvrir le Francky râleur qu'il nous a dépeint, mais même pas. Il restera jusque la fin du Périple d'une compagnie parfaitement aimable.

Phiphi monte à un bon rythme. Il est juste derrière Francky, moi un peu plus loin, et les Dubois derrière après avoir essayé à nouveau de descendre. C'est là que j'entends comme un bruit de chouette. "Ouh !!!" "Ouh !!!". Persuadé que ça vient de derrière et des frangins qui font les cons, je souffle dans mon sifflet pour répondre. Mais en fait ça ne vient pas d'eux. C'est notre Phiphi, qui apparemment fait un bruit assez caractéristique dans l'effort. Du coup, pour la suite du trajet, ça permettra de savoir où il se situe. Pratique !!!

On prend régulièrement des nouvelles du fessier du Fab. Apparemment, il a un joli furoncle qu'il a fait admiré la veille à Nathalie. La chanceuse !!! Du coup, on lui demande : "ça va la fistule ?", ce qui deviendra, le temps de cette étape, son nouveau surnom.

Ça continue à monter pendant 6-7 kilomètres. Phiphi, qui connait le coin, nous indique à chaque fois par où il faut passer pour rejoindre notre destination. Il y a moyen de faire plus direct, nous explique-t-il. Enfin, il comprend pourquoi on a mis autant de temps hier. Et oui, on ne vas pas au plus direct, on remonte, afin de pouvoir redescendre. D'ailleurs, on finit par y arriver au moment de descente.

Et pour une dernière descente, on se régale. Le single qui nous amène au Rocher du Diable est formidable. Étroit, cassant, sinueux, avec des pierres et des petit raidards, du vrai bonheur.
Le rocher du Diable
On arrive sur le fin de la partie ludique. Les Dubois pleurnichent pour qu'on continue le single, mais je ne suis pas sûr qu'on ne rate pas Michel qui nous attend en bas du chemin. Bon, en fait on aurait pu le prendre, mais je promets à Faby qu'on reviendra un jour dans le coin.

On retrouve donc Éléonore et Michel, afin que celui-ci nous rejoigne pour la fin du parcours et du Périple. Philippe en profite pour manger son sandwich. Il propose de partager, mais on préfère lui laisser reprendre de l'énergie. Faut dire qu'il a développé une jolie couleur rouge sur ce début de parcours.

On remet vite en route, et là c'est le cas de le dire, car la suite du chemin sera très routière. Ceci était prévu dès le départ, l'objectif est d'arriver assez tôt pour être là avant les invités de l'anniversaire du Fab. Mais 2 kilomètres à peine parcourus, on voit un panneau indiquant le Snack Saint Léon. Supposant qu'il y a un pape qui y a mangé un jour, on se dit qu'on ne peut pas le rater. On s'y rend donc et on s'installe en terrasse. Là, c'est grosse bière, panini au steack, frites, bref, le repas des champions. On crâme facilement une heure  là, mais peu importe. On passe un beau moment, et en plus on a des fans qui sont impressionnés par nos vélos et nos habits de Chacals Verts.

La suite du parcours ne sera pas des plus funs. Beaucoup de routes, quelques montées dans lesquelles Phiphi la Chouette pourra bien nous faire écouter sa chanson. Sur la toute dernière d'entre elle, exceptionnellement sur chemin caillouteux et particulièrement raide, on se force à la monter à la pédale. Ça pique les jambes, mais de toute façon ça ne sert plus à rien de s'économiser. Ça passe pour les frangins et moi.

On approche du Relai des Etangs. Normalement la Trace nous fait arriver par derrière, mais le chemin n'existe que sporadiquement. Du coup, on est obligé de prendre la route (enfin, les autres menacent de me trucider si j'insiste trop). Exceptionnellement, je cède.

Revanchard du sprint avorté de la veille, je propose un défi aux Dubois jusqu'à un panneau signalétique. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais vous aurez deviné que j'ai gagné (sinon le sujet ne serait même pas abordé sur ce blog).

On ralentit l'allure et on attend d'être tous regroupés avant d'arriver. Le comité d'accueil nous attend avec ferveur.



Quand on est tous regroupés, on se range naturellement derrière Faby, le héros de la fête. On l'a fait ! On a fait le Périple !

Là, c'est la folie. Ça va dans tous les sens, ça parle, ça rigole, ça raconte. Avant que les Péripleurs ne s'éparpillent dans la nature, Lise a la bonne idée de capturer une image de chacun juste après l'arrivée. La Fistule, le Labrador, le Vénérable, la Chouette, le Tracteur et la Trace. Que du beau monde !

Puis chacun vaque à ses occupations. Faby visite le lieux qu'il a réservé pour sa fête, Cyrille retrouve sa famille, etc... De mon côté, je prends soin d'enlever mon sac du vélo, de ranger toutes mes affaires. Ce soir, il sera inutile de recharger le GPS, mais j'ai besoin d'avoir ce petit protocole. Comme je m'y attendais, après l'euphorie de l'arrivée, je ressens déjà un vide en moi. Ça fait si longtemps qu'on parle du Périple, qu'on le prépare. Et maintenant, c'est fini. Je ressens ce paradoxe : le bonheur de l'avoir fait, et la tristesse que ce soit fini. Mais cette nostalgie ne sera que passagère. Je file ensuite à la douche et redescends rechargé à bloc pour profiter de la super fête d'anniversaire de Faby !!!

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Quasiment trois semaines se sont déjà écoulées au moment où j'écris ces lignes. J'ai sûrement déjà oubliés quelques détails, mais je suis content d'avoir retranscris ces 5 journées formidables. Bien-sûr, aucun mot ne sera aussi fort que toutes les émotions ressenties lors de cette belle aventure, entourés de copains. Il y avait là des personnes que je ne connaissais pas, ou à peine, mais désormais il y aura un truc qui nous liera à jamais : on a fait le Périple !

Je raccroche donc mon maillot, mais juste temporairement (le temps qu'il sèche après la lessive en fait, parce qu'il a bien mérité son nettoyage). Très vite, je le ré-endosserai pour de nouvelles aventures des Chacals Verts, et qui sait, un nouveau Périple ?
Chacals Verts !!!

mardi 14 juillet 2015

Le Périple - Jour 4 (vendredi 26 juin 2015)

Le jour se lève sur Landange, et nous réveille assez tôt car notre fenêtre n'a pas de rideau. Décidément, non seulement on passe nos journées sur le vélo, mais en plus les nuits sont courtes. Quelle santé nos Péripleurs !!!

Ce matin, on passe directement de la phase préparation à la phase vélo sans passer par la case petit déjeuner. En effet, on est attendu chez Juliette, la belle-maman de Faby, pour le petit déjeuner. Il n'y a que 20 km entre notre gîte et sa maison, sur une voie verte peu bosselée, donc on devrait survivre.

Seulement, dès la première petite bosse, j'entends derrière moi un petit bruit caractéristique. Faby m'indique que du liquide blanc s'échappe de mon pneu arrière. Bingo ! Après l'avant hier, crevaison à l'arrière aujourd'hui ! Je finis la montée, et j'ai l'impression que cette fois le préventif a fait son effet. Presque, mais pas sûr que ça tienne. Je ne veux pas prendre de risque, sachant ce qui nous attend comme parcours défoncés autour du Dabo, alors je chambre, et me fais chambrer par la même occasion. C'est le matin, moment où je suis naturellement grognon, on a faim, et j'en ai marre d'être le seul à avoir des soucis techniques alors que mon biclou est sans doute le mieux entretenu. Faby prend une photo illustrant bien ma joie de vivre à ce moment, mais je ne sais pas où est celle-ci. Sur le téléphone de Cyrille peut-être ? Si on la retrouve, je la poste.

La suite de la voie verte se passe bien. Faby nous montre les endroits qu'il connait : le collège de Nathalie, l'endroit où ils font le feu de la St Jean, les coins de forêts où lui et Nanou ont eu leurs premiers ébats... non, j'déconne ;op 

On arrive chez Juliette un peu après 10h. L'accueil y est chaleureux et animé. Sont présents dans la rue : Juliette, ses filles Patty et Nathalie, son beau-fils Philippe, sa petite fille Romane, ainsi qu'Éléonore, mais aussi Eddy, le voisin. Ça fait un joyeux bazar dans l'impasse ! On entre et nous régalons d'un petit déjeuner gargantuesque. Tout y est : du café, du pain, de la confiote, du VRAI NUTELLA, de la charcut', du fromage (mention spéciale au munster) ! On se goinfre littéralement. Philippe, alias Phiphi nous charrie sur le temps estimé pour arriver au Dabo et nous raconte la fameuse anecdote où Faby a été obligé de boire du sirop pur tellement il était sec. Je n'ai pas de photo de ce moment, mais je pense qu'il doit y en avoir, donc si vous lisez ce post et que vous avez des photos du petit dej, je suis preneur.

On sort ensuite préparer les vélos (il faut que je gonfle correctement ma roue récemment crevée) pendant que les filles nous préparent les sandwichs. Phiphi m'accompagne et me demande de lui expliquer le trajet qu'on fait. J'essaie tant bien que mal, mais ce dernier ne comprend toujours pas qu'on mette tant de temps pour rejoindre le Dabo. J'ai beau expliquer qu'on n'y va pas direct, il ne saisit pas et Eddy se joint à lui pour nous taquiner. Je propose donc à Philippe de nous accompagner dès à présent et de ne pas attendre demain, mais celui-ci refuse gentiment.

Lorsqu'on remet en route, nous ne sommes plus que 4. En effet, notre Vénérable Michel ne se sent pas de faire les 1200 de D+ en 30 bornes qui nous attendent. On insiste un peu, mais on comprend très vite qu'il ne changera pas d'avis. Ça nous rend un peu triste, parce qu'on aurait voulu qu'il y aille à la pédale sur le Dabo, mais on comprend, et on se dit qu'il reviendra avec nous le lendemain, ne serait-ce qu'en partie.

C'est le moment fatidique de choisir entre les différentes variantes de la Trace. La variante Expert est la première que j'ai préparée, et varie de la Pro sur la fin, où elle nous entraîne dans une montée très raide à plus de 15%. Ça ne m'intéresse pas de pousser le vélo sur plusieurs bornes, donc je ne la favorise pas. Je préfère la Pro, qui présente les mêmes difficultés au début, mais monte plus graduellement à la fin. Le même D+, mais plus réalisable sur le vélo. La Normale évite une descente, et donc une remontée, en début de parcours, et donc réduit le D+ de quelques 200m. La newbie monte initialement quasiment que par la route. Elle est vite écartée.
Ça fait 3 jours que les frères Dubois me mangent le cerveau pour faire l'Expert. Perso, je pense plus à faire la Pro. Francky annonce qu'il nous suivra. Comme la Pro et l'Expert démarrent de la même façon, on peut se lancer sur cette voie.

Le début est carrément merdique. Pour la première fois depuis le départ, je m'inquiète pour la suite de la Trace. En effet, le chemin disparaît vite et on est obligé de couper à flanc de coteau en poussant le biclous pour retrouver le chemin. Le Fab nous explique qu'on serait facilement arrivé là si on avait suivi la voie forestière. Je lui réponds qu'il a choisi le Pro, et que la voie forestière c'était la variante Normale. On continue sur la voie forestière un instant et la Trace nous emmène sur un petit chemin qui grimpe. Très vite, il se referme, à force de ronces et d'orties. On se force à continuer, mais on finit par devoir rebrousser chemin. On s'inquiète vraiment pour la suite.

Lorsque la Trace bifurque à nouveau sur un nouveau single, j'hésite un peu, mais on y va. Ça passe, à condition de ne pas être trop sensible aux orties. On arrive sur une petite clairière, au milieu de laquelle se dresse une maison ou une colo. On en profite pour se ravitailler un peu et faire de la balançoire. Cette petite pause nous fait du bien après ces quelques galères.
Poussez, poussez, l'escarpolette !
Heureusement, la suite du parcours est plus sûre, car construite à base de traces trouvées sur UtagawaVTT, et je suis rarement déçu par les traces de ce site, pourvu qu'elles soient assez récentes. Et en effet, on enchaîne très vite sur une chouette descente où presque l'ensemble des comparses s'amuse carrément. Ça descend sur des caillasses, de façon assez raide, avec des passages sur gros rochers plats, avec quelques cassures. Les mauvaises surprises sont oubliées. Francky kiffe un peu moins ce passage, et doit parfois y aller à pied, mais descend avec bonne humeur.

On arrive ensuite au Rocher Saint Léon, où on prend quelques photos et où les Dubois font un peu d'escalade. Viennent ensuite la Grotte Saint Léon, puis la Chapelle Saint Léon. Il n'y en a que pour lui par ici. D'après Faby, c'est un Pape qui serait passé dans le coin qui aurait donné son nom à tout ça. Je suppose bêtement qu'il s'agit d'un Léon, mais Fab me répond très sérieusement que ce serait Pi XII ou un autre numéro. Bon, d'autres informations venant de Phiphi le lendemain me laisseront penser qu'il s'agissait bien d'un Léon.
Qu'est-ce qui est noir et orange, et grimpe partout ?
On reprend avec de belles montées en single, où Cyrille nous montre que ses difficultés techniques sont plus en ascension qu'en descente. En effet, sur certains endroits il faudrait parfois s'aider du pied, mais il n'arrive pas à déchausser avec son système Halakon. On lui avait dit de prendre du Shimano SPD, mais Môssieur a voulu acheter français. Moralité : il désenclenche systématiquement en descente pour éviter d'être bloqué, mais c'est en montée qu'il se vautre car il ne peut déchausser.

Qui dit montée, dit descente, et là franchement on est vernis. Du pur VTT ! On prend un pied fou. Je largue mon sac à plusieurs reprises en essayant de jumper un peu sur les quelques cailloux. Je trouve un système pour bloquer un peu avec un extenseur, mais je vérifie et réenclenche le mécanisme du porte-bagage à chaque arrêt. Les frères Dubois sont complètement fous et on se tire un peu la bourre. J'ai beau leur demander de laisser de la distance pour éviter de prendre mon sac, ils me collent au train comme des chiens renifleurs de cul. Francky quant à lui est un peu à la traîne, les mains crispées sur les freins. C'est sa première sur ce genre de chemins, on en a fait autant quand c'était notre tour.

On se rend compte avec surprise et joie que même si les montées sont raides et dures, comme nos jambes ce matin, elles se passent bien et la perspective de descendre après nous motive. Il faut néanmoins que je freine les Dubois. Dès qu'on croise un chemin plus étroit, plus raide, que ce soit en montée ou en descente, les frangins terribles me soufflent "à droite !", "à gauche !". Si ce n'est pas la Trace, je refuse. Faby insiste. "Singles !!!" hurle-t-il. Ma réponse est toujours la même : "Vas-y, j'te r'garde !" et je continue mon chemin. Dur labeur que de suivre la Trace.

On arrive à un endroit nommé Howalsch Platz, où Faby aiguille n'importe comment deux cyclistes allemands. On y mange notre sandwich et Cyrille nous parle du rocher derrière nous où, jadis, il avait fait descendre Faby et des copains en rappel avec des cordes inadaptées, mais qui par chance ont tenu. Fab souhaite nous y emmener après, mais si ce n'est pas sur la Trace, c'est no way !!! ;op

On remet en selle, et il s'avère qu'on passe proche du sommet du rocher. Exceptionnellement, j'accepte le détour, et je ne regrette pas. La vue est éblouissante.
Une vue à couper le souffle
On discute avec un gars du coin qui profite du paysage, et on remet en route, toujours sur du single très sympa. Franchement, autant le tout début était nul, autant la suite est grandiose. Du fun, du ludique, de la vitesse. On s'amuse à fond. A l'issue du dernier single descendant, je retrouve mes Dubois dans un ruisseau, et Francky ne tarde pas à les rejoindre.
Les ploufs brothers
Francky aussi aime l'eau... enfin pour mettre les pieds dedans 
On repart pour quitter la forêt. Moment pénible, on croise un terrain de foot où les pompiers essaient de réanimer un gars, a priori depuis 1h. Le type a 44 ans. Ça fait froid dans le dos.

Je ne sais pas si c'est lié ou non, mais on décide une pause peu de temps après. Faby fait remarquer à Francky qu'il n'a pas mangé son sandwich. Francky le lui propose 2 fois, mais Fab refuse. Je lui dis que s'il propose une 3ème fois, Fab craquera, mais Cyrille intervient et indique que lui en veut bien. Finalement, ils se le partagent tous les trois.

Il ne reste que 10 km, mais tous en montée, avec peut-être la variante expert. On croise le bar où Faby avait bu son fameux sirop, et Francky et moi proposons un arrêt bière. Cyrille n'a pas très envie car ça lui couperait les jambes, et Faby nous promet un autre bar à mi-parcours, qui ne viendra jamais, bien sûr. J'ai pourtant essayé de lui dire qu'on ne prenait la route que sur la fin...

Ça monte pas trop raide, et je me dis que si ça ne devient pas beaucoup plus dur, ça ne devrait pas être trop pénible. Mais ça, c'est sans compter sur les frère Dubois, qui décident d'imprimer un rythme, comme ça, juste pour casser les pattes. Faby justifiera que sa fistule lui fait moins mal s'il a mal aux jambes. Francky n'arrivera pas à suivre le rythme, Faby sautera à son tour, et finalement Cyrille lui même ralentira sa cadence au bout d'un moment. Après 5 bornes à monter, on est bien crevés. J'insulte gentiment les Frangins terribles, leur expliquant qu'on aurait pu monter sans trop de bobo à un rythme plus faible, mais je vois au sourire de Cyrille qu'il est bien content de lui.

On reprend plus doucement, et je suis contraint de m'arrêter à nouveau. Cette fois, c'est les vis ce mon petit plateau qui sont en train de se barrer. Heureusement que je m'en rends compte, car sans le petit plateau je ne ferais pas le malin. Je les ressers, utilisant l'outil de Cyrille qui a la bonne idée de contenir une clé Torx à la bonne taille, et on repart. On croise le moment où on peut passer sur le parcours expert. Le chemin qui y mène est tellement raide que même Cyrille n'a pas envie.

On continuera à un rythme plus raisonnable, jusqu'à rejoindre la route. Lorsque celle-ci bifurque au Dabo, on retrouve nos amis qui nous attendent. Michel, Éléonore et Nathalie sont là, mais aussi Lise et Flo, qui nous rejoignent pour la nuit. On s'arrête le temps d'un bisou et d'une chips, mais très vite on ressent le besoin de remettre en route et de finir cette étape.
Coucou les copains !!!
Et Francky est là aussi ! 
Pas lassé de faire le guignol, Cyrille propose une arrivée façon Tour de France et propose à Faby de prendre le premier relais. Naïf, celui-ci se donne sans compter sur les 500 premiers mètres de cette dernière ascension qui en compte 1500. Francky saute très vite. Je reste calé dans la roue de Cyrille. Quand Faby a tout donné, il propose à Cyrille d’enchaîner, mais celui-ci ne se contente pas de prendre les devants, il claque une accélération. Il nous prend rapidement plusieurs dizaines de mètres. Je regarde mon compteur : reste 800 mètres. Je ne m'affole pas. J'appuie un peu plus fort, mais sans trop donner. Faby n'arrive pas à garder ma roue. Petit à petit, je reviens sur Cyrille qui paie son attaque. Il reste moins de 500 mètres quand je suis presque à sa hauteur. Là ça se joue. Je décide que dès que je le rejoins, je lui place une attaque et lui montre qui est le patron. On est cons, hein ? C'est comme ça les mecs, ça fait la compét' tout le temps :o). Mais Cyrille est un malin, et quand je le rattrape, je n'ai pas le temps de grimper sur les pédales qu'il me lance : "On attend les autres pour arriver !". Le seul truc qui peut m'empêcher de lui mettre la fessée, c'est bien ça, mon esprit d'équipe. Du coup, je reste à sa hauteur, et on ralentit pour favoriser le retour de Faby, puis de Francky, suivi par la voiture d'assistance d’Éléonore et Michel. On aperçoit le sommet du rocher, c'est motivant.
Le sommet du rocher
On arrive tous les 4 triomphant en haut de la colline, juste sous le rocher du Dabo. L'euphorie est à son comble : les copains et copines sont là, à prendre des photos, et on se congratule. On s'était toujours dit avec Faby que lorsqu'on serait au Dabo, ce serait gagné. Plus rien ne pourrait nous empêcher de finir le Périple. Et c'est vraiment ce qu'on ressent.
We did it !
On y est !
Une dame nous prête gentiment son tuyau d'arrosage, ce qui nous permet de donner un vrai bon coup aux vélos.
Peut-être elle pensait qu'il n'y avait qu'un vélo ;op
Puis on se retrouve tous sur la terrasse de l'hôtel restaurant où on passera la nuit. On boit une bière géante, que Cyrille, ce coquin, fera doubler en cachette. On est bien, il fait beau, on est heureux, le temps s'arrête.
HEU-REUX !!!
Il finit quand même par se réenclencher et il faut aller se doucher avant le repas. Comme il y a peu de douches, on attend notre tour en se mettant tous à nos balcons. Nos chambres donnent toutes sur la belle vue sur la vallée, et on en profite pleinement en discutant.
Les Loreng
Les Dubois


La vue 
Et encore la vue
On se retrouve tous à notre grande table, où on mange une bonne blanquette en buvant du vin. Je crois qu'on est tous un peu éméchés en sortant du resto. On décide de faire un tour en haut du rocher. Il fait presque nuit, mais on profite de la vue quand même. On rigole quand même beaucoup, et on se félicite d'avoir choisi cet endroit pour la nuit. Que pouvait-on rêver de mieux qu'une arrivée au sommet, puis de rester là pour le repas et la nuit ?
Et ils montent encore !
Les rois du rocher et de la nuit
En parlant de la nuit, il faut quand même aller se coucher à un moment donné. Car on a beau avoir l'impression que c'est gagné, il reste encore une épreuve demain. Pour la première fois, on ne fera pas de dortoir, mais chacun dormira avec sa chacune, Cyrille et Francky devant se contenter l'un de l'autre. L'isolation phonique n'est pas au top, mais on ne traîne pas à s'endormir.

dimanche 12 juillet 2015

Le Périple - Jour 3 (jeudi 25 juin 2015)

On se réveille de bonne heure, la lumière du jour traversant les persiennes des volets de la ferme que Faby avait tiré la veille. A nouveau nous n'avons pas eu besoin du réveil. Je suis content car j'ai fait une nuit pleine, et ça, c'est une bonne idée après avoir déjà roulé deux jours. Je sens néanmoins que mes jambes sont lourdes. On se prépare avant de descendre au petit dej, histoire de pouvoir mettre en route assez vite après. L'étape du jour annonce plus de 80 bornes, donc il ne faut pas traîner.

La grande table du petit déjeuner est attirante. Cependant, quand on se penche de plus prêt sur les produits, on est un peu moins jouasse. En ôtant le couvercle du pot de nutella, Fab constate que l'opercule de celui-ci est brun, comme s'il avait un peu d'âge. Pourtant le pot est quasiment plein. Le goutage de l'expert est sans appel : ce pot a été rechargé avec du FAUX NUTELLA !!! Un crime !
Francky essaie de prendre le miel sur le plateau, mais il lui faudra ses deux mains pour l'arracher, celui-ci ayant été collé par la substance des abeilles. 
Eléonore redemande du pain, et s'étonne de la chaleur de celui-ci. M. Grosgérard lui explique que le pain vient des Vosges, et qu'il vient d'être décongelé.
On ajoute à cela une affabilité, amabilité et spiritualité toujours incomparable de notre hôte, et vous obtenez le meilleur petit déjeuner du monde. Remarquez, je donne des excuses à M. Grosgérard. On est tellement goguenards, ricanant à chaque trouvaille, que ça ne doit pas le rendre hyper joyeux. Dans l'absolu, on passe un excellent moment.

Le petit déjeuner fini, on termine de préparer notre matos, on huile les vélos, je force Fab à accrocher lui-même son sac (pourtant je le fais "siiiii biiiieeeennnn !!!"). On prend une dernière photo devant notre hébergement, avec un magnifique cerf en toile de fond.
La fine équipe, devant le cerf et à côté du chien de chasse de l'extrême
Mes jambes sont bien lourdes lors des premiers tours de pédales. Je sens bien mes quadriceps qui brûlent un peu. Voulant rassurez Faby qui avait mal aux fesses hier, je vais le voir et lui dis : "Ouah ! J'ai mal aux jambes ce matin !". Lui me regarde et répond : "Moi pas du tout. Et j'ai même pas mal au cul". Ah ouais ! C'est comme ça maintenant ? A partir de là, à chaque fois que l'un d'entre nous demandera aux autres "Vous n'avez pas mal aux jambes (ou au cul) ?", la réponse sera systématiquement "Non, pas du tout et toi ?" et le premier de répondre "Moi non plus". Fini la compassion désormais ! On ne montrera plus ses faiblesses ;op

Ce matin, nous sommes 5 au départ. Ce sont les grands débuts de Francky avec le team. Dès les premières montées, il nous montre sa façon de les aborder qui est très proche de celle de Jean-Yves : le tracteur style. A chaque fois que ça grimpe, on se fait tous passer en revue un par un par notre Francky, le cul vissé sur le vélo, embarquant un gros braquet, et écrasant ses pédales avec forces. Fab se met à l'appeler tracteur, ce que Francky n'a pas l'air de particulièrement apprécier. Du coup, je lui chante la chanson des Fatals Picards "J'te raconte mon rêve", dont le refrain fais "J'étais un Tracteeeeuuuuurrrrr !!!!". Ca colle quand même trop bien, pour un tracteur picard ! Je vous mets le lien pour que vous puissiez réaliser ce que cela fait. Imaginez vous sur un vélo, dans une montée, avec le soleil qui cogne, vous pédalez fort, et quand vous dépassez quelqu'un, vous entendez ça (cliquez sur le ça). Et bien Francky, il y a eu droit pendant 3 jours. Chaque fois qu'il dépassez Faby ou moi, c'est-à-dire à chaque montée quasiment, on hurlait "Tracteuuuuuuuuuur !!!". Au début ça l'a amusé, puis ça a commencé à le saouler je crois. Mais au bout de 3 jours de franche camaraderie, je pense que pour lui aussi c'était fun !

Le début de parcours est assez vallonné. Ça monte souvent, assez raide, parmi les champs, donc le soleil nous fait également du mal. Michel est parfois obligé de monter à pied, et même Francky est obligé de s'hydrater. 
Non seulement il boit, mais en plus c'est de l'eau !
On finit quand même par retrouver un peu d'arbres, mais ça reste globalement champêtre. On doit traverser un petit fossé par le truchement d'un pont de bois. Je m'engage en premier, assez sûr de moi. Mais il y a des orties qui dépassent un peu, et je décide des les éviter. Je plante alors ma roue entre les deux planches qui font le pont, et me casse la gueule à plat ventre dans le fossé, qui lui est plein de ronces. Pas de bobo, mais quelques griffures, donc une magnifique sur le bout du nez. Ça fait bien rire mes comparses. Moi aussi, à vrai dire. Michel, prévoyant, avait apporté du désinfectant en spray et me le prête immédiatement. On désinfecte en vitesse, et on remet en route.
C'est exactement ce que je voulais faire !!!
On a rapidement faim. A croire que le petit déjeuner ne nous a pas plu. En arrivant à Vic Sur Seille, les frères Dubois interpellent deux personnes dans la rue pour leur demander conseil pour manger. Ils nous indiquent gentiment une petit place où on peut trouver deux ou trois restos. Fab est convaincu que si on avait été moins ils nous auraient invités chez eux. Mouais, pas sûr... En tout cas ils étaient bien sympas. On les a même recroisé après avoir mangé, et ils se sont arrêtés pour s'assurer que leurs conseils avaient été bon. J'aime le suivi qualité des autochtones :o)

On arrive à cette fameuse place, et effectivement à quelques dizaines de mètres d'écart les uns des autres, il y a deux restos, un bar et une pizzéria. Là commence le balais des Dubois. Chacun partant dans une direction différente, ils analysent, étudient, et évaluent les différentes possibilités. En vieux loups de mer habitués avec Faby, Michel et moi nous plantons au milieu de la place et attendons les signes indiquant une décision fiable. Cyrille essaie à un endroit mais se fait jeter, Faby regarde la pizzéria, mais il n'y a pas de terrasse, il part dans l'autre sens. Cyrille va voir la pizzérias, demande quelque chose, et nous appelle, du signe caractéristique du bras expliqué sur le jour 2. On sent que c'est bon, et on y va. En fait, il y avait une terrasse, de l'autre côté de la route.

On commence par l'apéro. Francky et moi nous lançons sur le Picon (on en enfilera 2 chacun, miam !), Cyrille et Michel sont sages et prennent un coca. Je suis impressionné par la sagesse de Michel. Que ce mange-graine de Cyrille boive du sans alcool, ok, pourquoi pas. Mais notre Michel national, que dis-je, européen, dignitaire de la confrérie de ceux qui trinquent en l'honneur de Robert Schuman, fait preuve d'une sagesse qui l'honore. Faby quant à lui, commande une bière et un coussin pour mettre sous ses fesses. Il déclenche l'hilarité générale, y compris chez la serveuse, qui lui proposera néanmoins son oreiller de voiture. 
Un grand verre de bonheur
Vous dire qu'on passe un super moment sur cette terrasse un euphémisme. Les pizzas sont excellentes, les bières fraiches, le soleil brille et les copains sont de bonne humeur. On reste la facilement 1h30, mais il faut quand même remettre en route. En effet, en général on préfère s'arrêter au-delà de la mi-parcours pour qu'il reste moins à parcourir une fois qu'on remet en route que ce qu'on a déjà fait, mais cette fois on est à l'inverse. On a fait 30 bornes et il en reste une cinquantaine.

Heureusement, la suite du parcours n'est pas très bosselée, et on est plutôt en mode balade. Il fait très chaud, et Cyrille en profite pour parfaire son bronzage. Déjà que je râle quand il ne met pas son casque, mais que dire s'il ne porte rien sur le dos ?
M. cyclopède nudiste
 Je profite également de ce moment calme pour prendre une photo sur le vélo, car les personnes qui suivent nos aventures en direct sur Facebook se plaignent de ne nous voir qu'en terrasse, jamais sur les biclous. Vous pouvez en profitez pour revoir Cyrille tout nu, le maillot non homologué de Francky, et ma belle griffe sur le nez qui inspira un poème à Gros Paquet.
Quand on allait de bon matin, quand on allait sur les chemins...
Mine de rien, on roule bien, mais on a quelques péripéties. On se fait dépasser sur la route pour un gamin sur son vélo qui grince. Celui-ci mouline de toutes ses forces afin de nous distancer, il n'en faut pas plus pour motiver les frères Dubois à le poursuivre. On reste un peu derrière lui, et l'un des deux frangins, je ne sais plus lequel, lui dit "allez, il faut encore nous emmener sur 30 km !!!" Ca surprend et amuse le gosse, mais on finit par bifurquer dans la forêt. 

Et quand je dis dans la forêt, c'est au sens littéral. La Trace, qui suit pourtant le GR5, nous emmène dans un chemin blindé d'arbres couchés dans tous les sens. Il faut porter le vélo, enjamber, se griffer sur le branches. Très vite, je suis prêt à dévier le Trace sacrée, mais les Dubois nous incitent à continuer. A tort, parce que c'est vraiment la galère. Ça nous pompe pas mal d'énergie. 
1 kilomètre à pied, ça use, ça use !!!
Et de l'énergie, j'en aurai besoin un peu plus tard, quand je crève ma roue avant sur un chemin tout bête en caillou. Ça fait bien plaisir au Fab, qui du coup se moque du fait que je sois en tubeless et que je crève quand même. Vu la taille du trou, je pense que ça n'a rien à voir, mais ça lui fait toujours plaisir de critiquer les tubeless. Qui a parlé de jalousie ? Mais non, voyons ;op. Le liquide préventif ne réussit pas à colmater la fuite, je dois réparer. Pendant ce temps, mais copains se reposent un peu. Faby prend quelques photos et consomme son 32ème Turbo Boost (si, si, Francky a compté).
Différents types de coups de pompe
Ce sont des exercices d'étirement
Le fakir
Il nous reste 12 kilomètres à parcourir quand on arrive à Rhodes. Là, Cyrille nous annonce qu'il y a un bar, et on accepte de descendre sur quelques centaines de mètres, en sachant qu'il faudra remonter (ça ne vous rappelle rien ?), pour aller se désaltérer. On trouve le bar Nautic, où on se rafraîchit. Dans les commentaires que j'ai reçu sur les photos suivantes, tout le monde s'accordait à trouver à nos héros un air un peu fatigué.
On pète le feu
Wouhou, la grosse patate !
Cyrille demande à la serveuse si on peut se baigner dans l'étang. Elle lui répond qu'officiellement non, mais que d'un point de vue sanitaire cela ne posait aucun problème car l'eau est presque potable grâce aux roseaux. Ni une, ni deux, on se retrouve au bout du ponton, où notre labrador vire toutes ses fringues. Je le vois, face à moi, dos au ponton, avec une sourire énorme sur le visage. Un instant plus tard, il effectue un salto arrière pour entrer dans l'eau, et barbote dans un étang pour le moins... trouble. Pour de l'eau presque potable, c'est quand même assez marron... Cyrille ne s'en laisse pas compter et nous effectue une magnifique baleine blanche à deux bosses.
Il nage bien le chef, hein Tassin ?
La baleine blanche !!!
Après avoir laissé notre labrador nager un peu, on repart le long du canal pour rejoindre notre gîte. Le propriétaire s'impatiente d'ailleurs un peu et appelle Faby alors que nous sommes à 5 km. On y retrouve Éléonore, en train de faire le tour du propriétaire. C'est un très joli endroit, très bien refait. On y occupera un dortoir à 4, Michel et Éléonore partageant une chambre voisine. Il n'y a que nous, et on aimerait bien profiter à fond de cet endroit.

On prend un petite douche, et quand on sort, on a l'agréable surprise d'apprendre qu’Éléonore nous a acheté des bières et des biscuits apéro. On passe un super moment dans la cour du gîte, à discuter joyeusement.

On ne peut malheureusement pas trop traîner, car le seul resto du coin (Le Lion d'Or), ferme assez tôt. Éléonore nous y emmène, et on y mange assez bien, dans une ambiance chaleureuse. Très chaleureuse même, si j'en crois Faby et Francky, qui ont pris un petit digestif pendant qu’Éléonore nous ramenait, Cyrille et moi. En effet, la serveuse, qui proposait un décolleté assez généreux, aurait coupé le sifflet à nos deux comparses en se penchant pour attraper quelque chose sous le comptoir.

On est bien crevés lorsque tout le monde a rejoint le gîte. Et l'étape de demain nous fait peur. On raccourcit la distance sérieusement (juste 50 bornes contre 80 aujourd'hui), mais on augmente drastiquement le D+. La question est de savoir quelle version du parcours on fait : newbie, normal, pro, expert ? Mais la fatigue et l'appréhension n'empêchent pas les fous rires. En revenant des toilettes et en entrant dans le dortoir, je tombe nez à nez, si je puis dire, avec les fesses de Fabrice. Celui-ci, penché en avant, est en train de se tartiner généreusement de Cétavlon.

C'est à nouveau dans l'hilarité générale qu'on se met au lit. On papote encore un peu, mais on ne tarde pas à s'endormir.

mardi 7 juillet 2015

Le Périple - Jour 2 (mercredi 24 juin 2015)

Lorsque l'heure du lever arrive, on est déjà tous réveillés dans le petit dortoir de la Flo. On se met vite en branle (j'entends déjà le rire gras de Mathieu en écrivant cette ligne) afin de ne pas prendre trop de retard au démarrage. Passage éclair en salle de bain, habillage, et on prend un excellent petit déj, comme à chaque fois chez la Flo. On a tous vaguement la tête dans l'arrière-train, mais ça va. Michel et Eléonore nous rejoignent alors que nous sommes en fin de petit-déj, et comme l'heure de décoller approche, on descend les vélos.

Une fois dans la rue, je leur mets un dernier petit coup d'huile parce qu'hier on a fait ça sommairement. Ce n'est pas du luxe, car le nettoyage dans la Moselle n'était pas des plus efficaces. Une fois la chaine huilée, on la fait passer sur les différents pignons et plateaux : ça devrait le faire pour aujourd'hui, ce serait bien de pouvoir donner un vrai coup ce soir. On prend quelques photos avant de partir.
Avec notre hôtesse
Avec notre accompagnatrice
Eléonore nous encourage par quelques coups de klaxon type "Caravane du Tour" de sa voiture transformé en véhicule d'assistance pour l'occasion.

Des chacals partout !!!
On donne les premiers coups de pédales à peu prêt à l'heure, et on se dirige vers la Moselle. Notre début de parcours la longe sur quelques kilomètres, afin de rejoindre le trajet de la marche Nancy-Metz. C'est Obo qui nous a conseillé cela et nous a fourni la trace. Ce début de parcours est super agréable, contrairement au Monsieur qui nous fera remarquer qu'on n'est pas du bon côté de la berge. Apparemment, un côté est réservé aux piétons-poussettes-enfantstrottinetteurs-monsieurpasaimables, l'autre est ouvert à tous. Dès qu'on croise un pont, on s'empresse de rejoindre l'autre rive, qui est encore plus agréable finalement, car le chemin est en terre.

On roule à rythme tranquille, on discute. On n'est que 4 ce matin, et l'absence de Jean-Yves et Mathieu nous attriste un peu. Mais bon, la vie continue, life is life chala lalala, et on profite d'être là. On roule 2 par 2, changeant régulièrement les duos, et on discute en profitant du paysage. On est heureux, on est libre, on est des loups (AHOUUUUUUUUU !!!)

On quitte les berges de la Moselle en traversant un pont aux escaliers abrupts au dessus d'un chemin de fer. On fait semblant de vouloir descendre les marches sur le vélo et Faby me dit "Dis à l'autre fou (i.e. Cyrille) de ne pas le faire pour de vrai !".

S'ensuit une partie du parcours dans les villages, les sous-bois, les champs et les collines de la Meurthe et Moselle. On finit par croiser une auberge. Oui, vous avez bien lu, une auberge, le rêve du Fab pour ce Périple étant de s'arrêter aux auberges le midi, et là on en a une vraie sous les yeux. Le truc c'est qu'il n'y a pas de terrasse, pas d'endroit sûr pour mettre les vélos, et puis on a nos sandwichs. Néanmoins, avec le soleil qui devient bien présent, une boisson en terrasse nous inspire bien. Des gens du coins nous indiquent qu'on devrait trouver une terrasse à Norroy, prochaine ville de taille raisonnable sur notre parcours, alors on décide de continuer.

Pour aller à Norroy, on se mange notre première difficulté du jour. On se disait bien qu'il fallait que ça commence à monter car la journée est quand même annoncée à 870m de D+. On est au milieu des champs, le soleil tape comme il faut, il n'y a pas un poil de vent, et les moustiques et autres taons nous ont repéré. Cette première difficulté nous rappelle qu'on a déjà roulé pas mal hier. Michel est obligé de faire un morceau à pied, car son petit plateau ne passe pas. Il n'aime de toute façon pas trop mouliner. Pour les 3 autres ça passe, mais on prend un peu de ravitaillement une fois qu'on a fait le plus dur, même si on est censé manger peu de temps après. Il vaut mieux s'alimenter avant qu'il ne soit trop tard.

On bascule au sommet vers Norroy. Là, la trace nous demande de vite quitter la ville, mais l'idée de la Terrasse reste dans nos têtes. Fab descend un peu la rue et demande à des autochtones. J'explique aux copains que quoiqu'il arrive, il nous fera signe de le rejoindre. En effet, soit les gens lui auront indiqué une terrasse, soit il voudra qu'on le rejoigne pour en rechercher une. Mais assurément, il ne voudra pas remonter la côte. Evidemment, à peine ai-je expliqué cela que Fab nous fait le geste caractéristique du bras lancé vers le haut. Faites-lui confiance les copains, il sait où il va !

Il y a bien une terrasse à Norroy, mais tout en bas de la ville. On descend tout le D+ difficilement gagné pour trouver un petit routier au bord de l'axe principal. Néanmoins, il a de la place en terrasse, il sert des bières et des steak-hachés/fromage/patates rissolées. On s'installe et on se régale avec la pression bien fraiche (ou le coca pour Michel et Cyrille).
La terrasse tant espérée
Le repas est simple, mais on le trouve délicieux. Le patron nous fait rigoler : il se moque des cyclistes, demande à Faby s'il n'est pas de Belleville et nous fait d'autres tirades propres à ce type d'établissement. Tout au long de ce déjeuner, on a en tête le fait de devoir remonter toute cette côte qu'on a descendu à toute blinde pendant si longtemps. Ca va être dur de reprendre. Du coup, on se laisse tenter par le dessert. Je prends une glace pistache, mais il n'y en a plus, alors je tente menthe/chocolat, puisque c'est la même couleur (dixit le monsieur). Elle est givrée et pas très bonne, mais peu importe. Après le café (bien meilleur que le schnellcafé de la veille), on reprend nos monture, à l'assaut de cette pente si effrayante.
Miam !
En fait, ça se passe très bien. Comme on est sur bitume, on n'a pas de difficulté technique, et on arrive sur notre trace en quelques minutes seulement, à peine essouflés. On reprend donc notre Trace "marche Nancy-Metz", le coeur léger.

Ce parcours est bien sympa, car il alterne petits villages et forêts, tout en restant un peu sur les hauteurs. On profite d'un paysage Meurthe et Mosellan bien mis en valeur par le soleil d'été. A la traversée d'un village, on se retrouve dans une rue en descente bloquée par des travaux. On n'a pas très envie de remonter pour contourner, et les ouvriers, sympas, nous laissent passer. Les Dubois passent d'abord, je suis. Un des ouvriers me dit "ça fera 10 euros par personne". Je réponds que c'est le dernier qui paie. Du coup, il demande 40 euros à Michel, qui rétorque que le trésorier est devant ! C'est bon enfant, ça sent les vacances.

Ca se remet à monter fermement. On traverse une forêt par les chemins, et on croise une colo en VTT qui monte par la route. On fait un peu les guignols, indiquant que pour nous c'est trop facile, alors qu'on se leste avec des pavés dans le sac. On est content d'expliquer notre parcours aux monos, qui ont l'air impressionnés. Michel décide de monter la suite du chemin sur le vélo, histoire de maintenir le mythe auprès des jeunes. Cependant, une fois qu'on sera en haut de cette montée et qu'on a rejoint un autre petit village, il décidera de continuer par les bords de la Moselle. Il reste encore pas mal de D+ et il ne se sent pas les jambes de tout faire. Autant profiter qu'on est encore dans des coins connus pour qu'il s'économise un peu. Fab arrête des passantes (trois dames dans la fleur de l'âge, exactement dans le type qui fait craquer notre libertin suave) qui nous indiquent où on est (Jezainville je crois), et nous parlent des "collinettes" avoisinantes. L'une d'elle nous raconte comment elle les franchissait chaque jour sur sa bicyclette pour aller à l'école quand elle était jeune, comptant les arbres sur le bord de la route pour se motiver lorsque le vent soufflait fort. On hésite entre l'émotion d'une dame se rémorrant sa jeunesse et l'envie de la tabasser quand elle nous dit que c'est pas grand chose les pentes qu'on a fait.

On remonte en selle, Michel partant de son côté, les 3 autres suivant la Trace. Direct, ça se remet à monter pour les Dubois et moi. Des colinettes, mon cul ! Ca grimpe quand même pas mal. N'ayant pas été très calculateur la veille sur les dépenses énergétiques, je me cale sur un rythme cardiaque pour ne pas trop fatiguer l'organisme. Ca va être long, le Périple, il faut pas déconner. Fab commence à avoir mal aux fesses. Il me demande si c'est mon cas, et je lui réponds la vérité, à savoir que non, tout va bien. Je sens que ça l'affecte, et du coup je lui dis :"ah, pardon, j'avais pas compris. Ah, si, si, si, j'ai mal". Il voit à mon sourire que je me moque un peu, mais il a besoin de ne pas être seul à avoir mal. Du coup, pour le reste de la journée, je répondrai à chacune de ses demandes du type "T'as pas mal à ...?" par "Ah si, à mort !" tout en me marrant très ouvertement. :o)

Au bout d'un moment (genre vers 16h-16h30), les frères Dubois ont faim. Cyrille décide de manger "un bout" du sandwich de midi non consommé pour cause de terrasse. Finalement, on engloutit tous les trois notre casse-croûte en entier. Avant de remettre en route, Fab et Cyrille s'allègent un peu, et me permettent de prendre ce superbe cliché illustrant les techniques de pipi différentes : par dessous la jambe pour Cyrille, par dessus le nombril pour Faby. Admirez, c'est cadeau
Différence de style
On finit par arriver à Frouard, après une dernière belle longue montée, et la descente ludique qui s'ensuit. Michel nous a indiqué nous attendre au pont au dessus de la Moselle depuis 1h, mais en fait ça ne devait pas être le bon pont. On paume facile 30 minutes pour se retrouver, mais la réunification se fait sur la presqu'île entre la canal de la Marne au Rhin et la Meurthe.

Ici, il ne reste que du plat, sur de la voie verte. Je reconnais le chemin déjà emprunté avec Obo (on est dans son domaine) et du coup je ne rate pas le petit terrain de cross où les frangins terribles s'en donnent à coeur joie. En repartant, on se fait doubler par trois routards, et je gueule "allez les Dubois, on prend la roue". Voilà alors nos 4 vététistes, chargés comme pas permis, roulant à plus de 30 km/h dans la roue des routards. Ca va, ils sont sympas et ça les fait plutôt rigoler. Mais surtout ils arrivent pas à nous larguer. Qui parlait de s'économiser tout à l'heure ? On papote un peu avec eux au moment de se séparer.

On arrive finalement à Dommartin sous Amance vers 19h. Il fait encore beau quand on gravit la petite côte vers la ferme où nous serons hébergés. Faby râle déjà à l'idée de passer la nuit avec tous ses amis : le crin de cheval, le foin et autres allergènes.

On est "accueillis" par notre hôte, que pour des raisons d'anonymat nous appellerons M. Grosgérard. Celui-ci nous attend en haut de quelques marches de sa maison, attendant que nous fassions les premiers pas pour le saluer. Fab lui demande si on peut laver les vélos, il répond d'abord que l'eau est chère, puis nous conduit à l'endroit où il lave ses tracteurs. Il nous fournit un karcher tellement puissant qu'on prend un coup de recul à chaque pression sur la gachette. On lave donc nos vélos rapidement, mais de loin, parce qu'on a peur des les abîmer. M. Grosgérard nous expliquera que ça, c'est pas un karcher de péday !!!

Fab (c'est lui notre émissaire auprès de notre hôte) demande où on peut ranger les vélos. Le site internet sur lequel on a repéré la chambre d'hôte indiquait bien un endroit où les stocker. Le gars nous répond qu'on peut les poser la, dans la cour. Il n'y a pas de voleur par ici, et sinon les chiens l'attaquent, même que c'est des chiens de chasse, qu'il en a perdu plein tués par des sangliers, que du coup il les fait s'accoupler dès 1 an et demi au lieu de 3 ans, parce que bon, ça suffit les conneries; et que si les chiens aboient il sort avec son fusil. On retient donc qu'on n'ira pas vérifier les vélos pendant la nuit, sous peine de se faire plomber les mollets.

M. Grosgérard nous montre ensuite nos chambres. Une petite, qu'il présente comme celle de l'Ancien (aka Michel), ce à quoi nous lui rétorquons que nous préférons l'appeler le Vénérable. Cette chambrée dispose d'un lit à baldaquin en bambou, et il demande à Michel de bien vouloir ne pas faire trop d'accrobaties le soir. Il nous présente ensuite notre dortoir pour 4, muni d'un grand lit, à baldaquin également, que nous refourgons aux frangins, et deux petits lits, donc un équipé d'une parure de lit Hello Kitty ! Je n'y résiste pas, je me l'attribue.

Sur ces entrefaits arrivent simultanément Eléonore (en voiture) et Francky (à vélo). Francky, c'est le copain d'armée de Faby et il est picard. A peine arrivé, il nous sort une petite bouteille qui après deviendra sa gourde mais qui pour le moment contient du whisky. Nous fêtons donc l'arrivée de Francky en prenant l'apéro sur la toile cirée collante de l'espace commun. On commence à se parler ch'ti avec Francky et je sens très vite que le courant va bien passer entre nous.

Francky ! Le Whisky !!!
Pour le repas du soir, M. Grosgérard nous a indiqué qu'il y avait "juste en bas" un Courtepaille ou un Buffalo. On décide de s'y rendre, mais en voiture. Bien nous en a pris, c'était méga loin en fait. Il nous faudra 2 trajets pour y aller, un seul pour revenir. Mais 4 à l'arrière d'une clio, c'est quand même étroit, mais rigolo :o)

De retour au dortoir, on se met en condition pour dormir : Sétavlon sur les fesses pour soigner les douleurs, et dentifrice sur les dents. Sauf pour Faby... Je le vois enfourner sa brosse en dent, commencer à brosser, me regarder avec un air interrogateur, remettre une coup de brosse puis brailler en crachant. Il a du inverser les deux tubes et se brosser les dents avec la crème pour les fesses. Il dira plus tard qu'à partir de là il a eu les gencives très douces. On a pris un fou rire que nos voisins de chambrée ont bien entendu. Cyrille, épuisé, s'endort en plein milieu de cette hilarité générale. Les 3 autres ne font pas long feu.



Sous ma couette Hello Kitty !, je passe ma meilleure nuit du Périple...